28/04/2011 15:54:24
Burkina Faso : des tirs nourris entendus dans plusieurs villes
Des tirs nourris et quelques détonations ont été entendus dans la nuit de mercredi 27 au jeudi 28 avril à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso soumise à un couvre-feu depuis bientôt deux semaines, et dans d'autres villes du pays.
Afriscoop
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Pneus brûlés et barrages lors d'une manifestation, le 16 avril 2011 à Ouagadougou, au Burkina
afp.com/Ahmed Ouoba

Des tirs nourris et quelques détonations ont été entendus dans la nuit de mercredi 27 au jeudi 28 avril à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso soumise à un couvre-feu depuis bientôt deux semaines, et dans d'autres villes du pays, a appris Afriscoop de sources concordantes. Il s'agit d'une nouvelle mutinerie qui a éclaté dans une caserne de Crs (Compagnie républicaine de sécurité, police) sise au quartier de Dassasgho, dans l'est de la capitale.

Selon des témoins, les tirs nourris d'armes automatiques, accompagnés de quelques détonations, ont été entendus pendant des heures. De nombreux policiers étaient sortis dans les rues du quartier où ils tiraient en l'air.

Le mouvement qui a débuté vers 22Heures (locale et Gmt) s'est étendu à d'autres villes de l'intérieur à savoir Bobo-Dioulasso (sud-ouest) et Dédougou (ouest) où des habitants joints au téléphone ont affirmé avoir entendu des coups de feu venant également des casernes des Crs de ces deux ville.

Il faut signaler que la mutinerie qui touche le Burkina Faso depuis deux mois ne concerne jusqu'à présent essentiellement que les militaires. Ce mercredi, une violente manifestation de commerçants et de jeunes a eu lieu à Koudougou (centre) où la mairie, la résidence du maire et la direction de la police municipale ont été saccagées, pillées et incendiées par les commerçants en colère.

Depuis janvier 2011, c'est toutes les catégories sociales qui s'en sont pris au régime de la IVe république dirigé par le président Blaise Compaoré qui est un ancien militaire arrivé au pouvoir, il y a 24 ans à la faveur d'un coup d'État contre son ancien compagnon d'armes Thomas Sankara.

Ces manifestations très violentes qui ont occasionnées au moins six morts et 45 personnes blessées par balles depuis ont lieu dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Ouagadougou où un couvre-feu a été instauré mi-avril, suite aux mutineries de soldats de la garde personnelle de M. Compaoré.

Face à cette série de contestations militaires, des scolaires et des commerçants, Blaise Compaoré a dissout et nommé un nouveau gouvernement. De nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l'air et de la gendarmerie ont aussi été nommés.

Dans une déclaration rendue publique dimanche, les 34 partis d'opposition ont appelé à une « grande mobilisation » le 30 avril 2011 prochain à Ouagadougou contre le régime du président Blaise Compaoré qui depuis 1991, s'est fait réélire quatre fois avec plus de 80% des voix dans des scrutins contestés par ses opposants.

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