12/07/2009 15:20:45
Xinjiang : Calme Urumqi une semaine après le début des émeutes interethniques
Un calme teinté de tension régnait dimanche dans le centre d'Urumqi, la "capitale" de la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, une semaine après le début des émeutes interethniques qui ont fait 184 morts, selon un bilan officiel, et alarmé les autorités chinoises.
AP
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

L'agence officielle Chine nouvelle (Xinhua) a rapporté qu'un réservoir de pétrole avait explosé dimanche matin dans une usine de produits chimiques d'Urumqi, sans faire de victimes, mais a affirmé qu'elle n'était pas due à un acte de sabotage. D'après l'agence, l'explosion a été provoquée par un incendie, qui a été rapidement éteint.

Dans le centre même de la ville, les forces de l'ordre étaient mobilisées sur la place du Peuple, théâtre de la manifestation ouïghoure du 5 juillet qui avait dégénéré et donné lieu à des attaques meurtrières contre des membres de la communauté Han, ethnie majoritaire en Chine.

Au total, 137 des personnes décédées -111 hommes et 26 femmes- seraient issues de l'ethnie Han, 46 de l'ethnie ouïghoure musulmane et turcophone -45 hommes et une femme-, et une -un homme- de l'ethnie Hui, majoritairement musulmane, a rapporté vendredi Chine nouvelle, précisant pour la première fois l'appartenance ethnique des victimes. On ignore cependant si elles ont été tuées le 5 juillet ou dans les jours suivants, alors que des Ouïghours craignent un bilan des morts beaucoup plus élevé dans les rangs de leur communauté lors des violences qui ont également fait plus de 1.000 blessés.

Le Bureau de la sécurité publique d'Urumqi a diffusé samedi soir un avis, dans lequel il est fait état d'une situation "fondamentalement sous contrôle" mais "de manifestations et de rassemblements illégaux sporadiques en certains endroits", selon Chine nouvelle.

Certaines rues menant au marché principal de la ville, placé sous l'étroite surveillance des forces de sécurité, étaient toujours fermées dimanche.

Dans l'un des quartiers ouïghours les plus touchés par l'embrasement, un commerçant Han, Wang Yong, installait dimanche des volets métalliques pour protéger son petit magasin. D'après lui, les émeutiers ont brisé les vitres du commerce et y ont mis le feu, causant entre 4.400 et 5.900 dollars de dégâts. "J'installe ces volets par mesure de sécurité", déclarait-il.

Un homme d'affaires ouïghour, qui s'est présenté sous le nom d'Akbar, exprimait de son côté un optimisme teinté de prudence quant à l'apaisement des tensions. "Ils ont peur des Ouïghours", soulignait-il en référence aux Han. "Et les Ouïghours ont peur des Han. Mais je ne suis pas trop inquiet. Je pense que cela devrait aller mieux" progressivement.

Un retraité ouïghour âgé de 68 ans, Korban Yakob, estimait lui que la ville était sûre. "Je ne pense pas qu'il se produira quoi que ce soit maintenant que les prières de vendredi ont eu lieu", disait-il.

Les violences ont éclaté dimanche dernier en marge d'une manifestation de 1.000 à 3.000 Ouïghours qui demandaient justice pour deux membres de leur communauté, tués le 25 juin lors d'une bagarre dans une usine du sud de la Chine avec des Han. Des Ouïghours ont attaqué des Han dans la ville, brûlant des véhicules, brisant des vitres et entraînant l'intervention de la police anti-émeute. Des violences ont éclaté dans les jours suivants.

Des milliers de soldats ont été envoyés à Urumqi pour séparer les membres des communautés rivales, et un dirigeant du Parti communiste chinois a annoncé que tous ceux qui se sont rendus coupables de meurtre lors des émeutes seraient exécutés.

Des annonces publiques ont par ailleurs été lancées en ouïghour pour exhorter les habitants à s'opposer à Rebiya Kadeer, figure de proue de la communauté ouïghoure exilée aux Etats-Unis. Pékin considère cette femme de 62 ans comme l'instigatrice des émeutes. Une allégation que la femme d'affaires dément.

La situation dans cette province a contraint le président chinois Hu Jintao à renoncer à assister cette semaine au sommet du G-8 auquel les puissances émergentes étaient invitées à participer à L'Aquila, dans le centre de l'Italie. Il a préféré rentrer à Pékin "en raison de la situation actuelle au Xinjiang", selon le ministère chinois des Affaires étrangères.

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE