01/05/2011 16:23:02
Libye : L'OTAN tue le fils et trois petits fils de Kadhafi
Le plus jeune fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Saif al-Arab Kadhafi, a été tué samedi dans un raid aérien des forces de l'OTAN, a annoncé le porte-parole du gouvernement.
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Le plus jeune fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Saif al-Arab Kadhafi, a été tué samedi dans un raid aérien des forces de l'OTAN, a annoncé le porte-parole du gouvernement.

L'attaque a aussi causé la mort de trois des petits-fils du colonel Kadhafi, a ajouté Moussa Ibrahim. Selon lui, le dirigeant et sa femme ont échappé de peu à la frappe menée dans un quartier résidentiel de Tripoli.

« Le Guide et sa femme étaient dans la maison avec des amis et des proches » et est « sain et sauf », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. « Il s'agissait d'une opération visant à assassiner directement le dirigeant de ce pays », a accusé M. Ibrahim.

Samedi soir, trois explosions provenant du secteur de Bab al-Aziziya ont été entendues après que des avions de l'OTAN l'eurent survolé. C'est dans cette zone que se trouve le complexe de Mouammar Kadhafi.

Saif al-Arab Kadhafi, 29 ans, avait passé la majeure partie des dernières années en Allemagne.

Immédiatement à l'annonce de sa mort, des insurgés ont fait entendre des tirs de joie dans leur fief de Benghazi, selon un journaliste de l'AFP.

Sur le boulevard longeant la mer, des voitures klaxonnaient alors que retentissaient des tirs de roquettes, de batteries antiaériennes et de fusils d'assaut et que des balles traçantes sillonnaient le ciel.

« Ils sont tellement contents que Kadhafi ait perdu son fils dans un raid aérien qu'ils tirent pour célébrer » son décès, a déclaré le colonel Ahmed Omar Bani, porte-parole de la rébellion.

L'OTAN nie avoir visé Kadhafi

L'OTAN a de son côté indiqué avoir mené des frappes dans le secteur Bab al-Aziziya, mais n'a pas confirmé la mort du fils du colonel Kadhafi.

Dans un communiqué, l'Alliance atlantique a nié avoir visé le dirigeant libyen. Elle a assuré avoir attaqué un objectif militaire.

« L'OTAN a poursuivi ses frappes de précision contre les installations militaires du régime Kadhafi à Tripoli cette nuit, y compris des frappes sur un bâtiment de commandement et de contrôle connu dans le secteur de Bab al-Aziziya », a indiqué l'Alliance atlantique dans un communiqué.

« Je suis au courant d'informations non confirmées des médias selon lesquelles certains membres de la famille Kadhafi pourraient avoir été tués », a déclaré le général Charles Bouchard, commandant en chef des opérations de l'OTAN en Libye.

« Nous regrettons toute perte de vie, particulièrement celle de civils innocents », a-t-il ajouté. Cependant, « toutes les cibles de l'OTAN sont de nature militaire et ont été clairement liées aux attaques systématiques du régime Kadhafi sur la population libyenne et les zones peuplées. Nous ne visons pas les individus », a souligné le général Bouchard.

Ni l'OTAN ni les rebelles n'entendent négocier avec le régime

Plus tôt dans la journée, la rébellion libyenne et l'OTAN ont rejeté la main tendue offerte par Mouammar Kadhafi lors d'une allocution télévisée.

Par voie de communiqué, la direction politique de la rébellion a refusé la proposition du dirigeant libyen d'un cessez-le-feu, accompagné d'une ouverture de négociations, en échange d'un arrêt des bombardements de l'OTAN.

« Le temps du compromis est révolu. Le peuple libyen ne peut envisager ni accepter une Libye future dans laquelle le régime de Kadhafi jouerait le moindre rôle », a fait savoir le Conseil national de transition (CNT).

Dans son allocution, Mouammar Kadhafi a une nouvelle fois exclu de quitter le pouvoir, comme l'exigent tant les rebelles que les pays appuyant l'action de l'OTAN.

L'OTAN exclut de son côté toute négociation ou suspension des frappes tant que des civils seraient menacés.

Elle entend, d'ici à une telle éventualité, continuer à appliquer la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU qui autorise « toutes les mesures nécessaires » pour assurer la protection de la population contre les forces du régime Kadhafi.

Des tribus interviennent en faveur du régime

Des dignitaires représentant quelque 420 tribus libyennes fidèles à Mouammar Kadhafi ont appelé, samedi, les rebelles à déposer les armes et à se ranger derrière le colonel contre les frappes de l'OTAN.

« Les tribus Zaouarah appellent nos frères de l'Est et ceux des montagnes de l'Ouest à [...] revenir dans la maison des autres tribus libyennes », a déclaré Mohamed al Mansouri lors d'une rencontre avec des journalistes orchestrée par le régime libyen.

« Le territoire libyen est le tombeau des envahisseurs. Demandez aux Italiens fascistes ce qui leur est arrivé lorsqu'ils ont envahi la Libye en 1911 », a ajouté le représentant des tribus Zaouarah de l'ouest du pays.

Blocage du port de Misrata

Des mines marines posées par les forces gouvernementales bloquaient toujours, samedi soir, le port de Misrata, seule ville à l'ouest du pays toujours contrôlée par les insurgés.

L'OTAN poursuivait le travail de déminage amorcé la veille. Vendredi, l'Alliance atlantique avait annoncé avoir neutralisé des mines marines au large du port et intercepté des petits bateaux qui les déposaient.

En raison de la présence des explosifs, un navire humanitaire qui doit partir en direction de Malte patiente depuis jeudi, et trois autres bateaux attendent au large le feu vert de l'OTAN pour accoster.

Selon l'ONG Mercy Corps, il s'agit d'un autre fret humanitaire de Malte, d'un navire turc devant évacuer des civils libyens, et d'un bateau de l'Organisation mondiale pour les migrations (OIM) venu embarquer des réfugiés africains.

Des centaines d'entre eux, en majorité ghanéens et nigériens, attendent impatiemment dans un camp de tentes d'être évacués.

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