03/05/2011 19:08:52
La mort de Ben Laden, quel scÚnario !
"Un corps invisible, soi-disant jeté en mer, des tests ADN devenus par conséquent invérifiables, une photo truquée... ça fait beaucoup". Franchement, les scénaristes US et leurs relais mondiaux, avec cette histoire abracadabrantesque, continuent d'insulter l'intelligence humaine...
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"Un corps invisible, soi-disant jeté en mer, des tests ADN devenus par conséquent invérifiables, une photo truquée... ça fait beaucoup"

"Pas de corps, pas de mort"

Quelques heures après l'annonce de l'exécution de Ben Laden lors d'un raid américain au Pakistan, une photo du supposé cadavre de celui-ci commence à circuler sur le Web. Elle est reprise par la majorité des médias, alors qu'il s'agit en réalité d'un montage. Cette bourde ne met pas en confiance : "La photo du défunt, un montage pitoyable digne d'un collégien à qui on a appris les bases de Photoshop et que les médias se sont empressés de diffuser comme une preuve"

Un peu plus tard dans la journée, le monde apprend que le corps de Ben Laden a été immergé dans le respect des rites musulmans. L'abandon du cadavre est justifié par la volonté de ne pas créer une sépulture qui pourrait par la suite devenir un lieu de rassemblement. En l'absence de preuve, vous doutez fortement de la véracité de cette information : "Voilà dix ans qu'on recherche le fantôme de Ben Laden et, dès qu'on le tient, on s'en débarrasse aussitôt en mer en évoquant un rite musulman qui n'existe même pas dans ce cas, tout ça après avoir diffusé une photo qui a tout de suite était identifiée comme un faux"

Les tests ADN destinés à authentifier le cadavre de Ben Laden sont également sujets à controverse : "Bizarre, jamais on n'a eu les résultats d'ADN aussi vite" . "De mes vieux restes de cours de bio, une identification génétique, même par la technique de PCR, prend un certain temps, grosso modo une journée je crois. OBL aurait-il une particularité génétique rendant son identification possible en quelques heures ?" ajoute Milarepa, suspicieux.

"Pourquoi n'avoir pas fait reconnaître le corps par des instances internationales et impartiales, une commission de l'ONU par exemple, avec des pays de toutes religions et de tout parti pris ?" interroge Francis.

En réponse, beaucoup d'entre vous pensent que Ben Laden n'existe que pour faire vivre les intérêts des États-Unis : "C'est tout simplement du pipeau pour redorer le blason de leur armée, qui est en déroute sur tous les fronts, et faire élire Obama", résume pave. Pascal appuie : "Tout cela arrange. Le dollar remonte, alors qu'il y a peu, c'était plus que la cata. Obama se place bien pour 2012. Le pétrole va sans doute redescendre un peu..."

"Ce scénario est un peu tiré par les cheveux"

Puisque les mystères qui entourent cette histoire risquent de rester "classified" pendant de longues années, vous débattez avec force ironie sur les similitudes entre l'écriture cinématographique et la communication médiatique, entre le scénario et les communiqués du gouvernement américain : "Ils ont eu le temps de finasser leur joli scénario hollywoodien abracadabrantesque. Maintenant, si les journalistes diffusent sans aucun recoupement ni recul tout ce que disent les services secrets américains, bonjour docteur Folamour !" .

Marcel Beliveau propose son synopsis : "Un type - le plus recherché au monde - dont on ne se savait pas s'il était mort ou vivant a été tué, et puis son corps a disparu. Bon, ben on attend les preuves maintenant - pas le photomontage de 2009, SVP."

Autre interprétation cinématographique, celle de medhi, qui tient cette fois-ci du blockbuster décérébré : "Un beau film américain : comme dans les films de Bruce Willis, les Américains gagnent contre les méchants tout en buvant des litres de café, en avalant des tonnes de popcorns et en faisant de l'humour du Far West à deux balles en happy end."

Jean Claude, lui, commente en critique - sarcastique - de films : "C'est bien d'avoir mis en scène la mort d'un type qui, finalement, ne dérangeait pas grand monde. Comme ça on ne sera plus obligé de faire semblant de le chercher. Par contre, le coup du corps aussitôt immergé, ça casse un peu l'histoire et la rend peu crédible. Ils auraient au moins pu prendre un mannequin. C'est le seul côté négatif du film, mais il fallait bien que ça se termine un jour."

Plus généralement, vous alertez : attention, les ficelles employées sont trop grosses et risquent de produire l'inverse de l'effet recherché. Angela explique : "J'ai attendu, avant d'exprimer mes réserves, que les choses soient précisées, dans l'espoir que cette histoire d'immersion soit une rumeur. Mais non, cela se confirme, hélas. De plus, le photomontage ne contribue pas à rendre l'évènement réel. Je ne sais pas qui sont les conseillers en communication de ces hommes d'État, mais ils manquent totalement de psychologie et de bon sens. Aucun reportage, aucun ancrage : cela va en faire une énigme de l'histoire."

"L'histoire est en marche, la vérité dépassionnée sera pour après-demain"

Rien à voir avec une tentation conspirationniste. Ici, vous vous réservez le droit de critiquer les informations, lorsque celles-ci vous paraissent un peu trop mises en scène, ce qui vous agace toujours : "Nous avons été pris pour des imbéciles. Pas de théorie du complot, loin de là, mais c'est étrange" (Pascal). Grosdédé poursuit : "Quant à ce nouveau barnum sur la mort de l'ennemi mondial numéro un, c'est à mourir de rire, cet amateurisme narratif dans lequel on plonge le monde entier..."

Albator conclut : "Franchement, les scénaristes US et leurs relais mondiaux, avec cette histoire abracadabrantesque, continuent d'insulter l'intelligence humaine."

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