04/05/2011 00:16:55
Sérail: La sécurité militaire enquête chez Fame Ndongo
L’ancien garde du corps du ministre de la l’Enseignement supérieur  est soupçonné d’avoir tenu des propos anti Biya. L’armée voudrait savoir s’il a été inspiré par son patron.
Le Messager
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Ceux qui ont vécu les dernières sorties en public  du chancelier des Ordres académiques, notamment celle qui est survenue à l’occasion du débat organisé à l’amphi 700 de l’université de Yaoundé I vendredi, 29 avril 2011 l’ont certainement remarqué. Jacques Fame Ndongo y était escorté par un policier et non pas un gendarme comme il est statutairement admis pour les membres du gouvernement et assimilés. C’est le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), lui-même qui  l’a voulu ainsi. Ce, après les évènements de la mi-mars 2011.

En effet, à cette période-là, il avait été saisi par la sécurité militaire (Semil) pour les propos qu’aurait tenus une semaine avant,  dans un  bistrot du quartier Melen à Yaoundé, son garde du corps, l’adjudant Serges Mouné.  Les enquêteurs faisaient alors savoir au Minesup que la substance de ces propos était : “ Paul Biya doit partir ”.  Une nouvelle  qui aurait décidé Jacques Fame Ndongo, d’après nos sources,  à mettre Serges Mouné à la disposition de la hiérarchie militaire jusqu’à ce que l’affaire soit totalement élucidée. Quand à l’adjudant suspecté par la Semil , il clamera son innocence. Il l’aurait d’ailleurs clairement exprimé au cours des multiples interrogatoires dont il avait l’objet à la semil.

Paul Biya doit partir

Rendu dans le bistrot suscité, Le Messager a appris de quelques clients et riverains qu’effectivement le 07 ou le 08 mars [les témoins de la scène ne s’accordent pas sur la date exacte des faits, ndlr] quelques heures après que Serges Mouné accompagné de son enfant, avait bu un verre, en même temps que des joueurs d’une équipe des forces armées et police (Fap), la semil a investi les lieux. La cause ? Elle voulait savoir quels étaient exactement les propos tenus par le garde du corps de Jacques Fame Ndongo. Un des témoins de la scène confie que le tenancier du bar sera amené dans la foulée de la descente de la semil dans cette buvette située face à l’Ecole nationale polytechnique. 

Ce dernier aurait, selon des informations glanées à bonnes sources, affirmé n’avoir jamais entendu Serges Mouné dire que “ Paul Biya doit partir ”. Après l’audition, il sera remis en liberté. Interrogé à son tour par Le Messager, le barman ne souhaite plus évoquer  ces moments de frayeurs.  C’est à  peu près la même posture adoptée par Serges Mouné, lui-même. Après avoir assuré les enquêteurs de la semil qu’il n’a  jamais tenu ces propos, de même qu’il n’a  jamais discuté des questions politiques avec son patron pendant les douze années passées à ses côtés, le sous officier de la gendarmerie ne souhaite plus évoquer ce sujet, indique, sous anonymat, un de ses proches.

Dans l’entourage du Minesup, on confirme la brouille qui oppose le ministère de la Défense (Mindef) à celui de l’Enseignement supérieur. Même si l’on préfère la traiter “ de léger mal entendu qui sera sans doute dissipé au bout de l’enquête qui a été ouverte ”. Mais au-delà de cet optimisme, des langues se délient pour dénoncer l’empressement du Mindef à ouvrir une enquête sur son collègue du gouvernement.

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