04/05/2011 00:33:56
Présidentielles 2011: Batailles autour de la candidature de l'Upc
De nombreuses candidatures sont déjà signalées face au “ candidat naturel ” Augustin Frédéric Kodock. Des upécistes de presque toutes les tendances se sont retrouvés  samedi dernier à Mom par Makak, au cours d’une réunion du bureau du politique pour en débattre. Kodock dit vouloir affronter Biya.
Le Messager
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De nombreuses candidatures sont déjà signalées face au “ candidat naturel ” Augustin Frédéric Kodock. Des upécistes de presque toutes les tendances se sont retrouvés  samedi dernier à Mom par Makak, au cours d’une réunion du bureau du politique pour en débattre. Kodock dit vouloir affronter Biya.

“Chers camarades, chers amis et compagnons de lutte, j’ai l’honneur de vous faire part de ma décision de me porter candidat à l’investiture de l’Union des Populations du Cameroun pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2011 ”. Ce sont là, d’entrée de jeu, les termes d’un communiqué signé du professeur Henri Hogbè Nlend, et abondamment distribué ces derniers jours aussi bien aux upécistes qu’aux médias. S’adressant aux militants et sympathisants de “ L’Ame immortelle du peuple camerounais ”, celui qui depuis quelques temps a volontairement renoncé au titre de “ secrétaire général de l’Upc ” de sa propre tendance, se souvient aussi dans son communiqué de ses candidatures précédentes. “ En 2011, je sollicite encore votre investiture pour être de nouveau le porte-drapeau de l’Ame immortelle du peuple camerounais ”.

En réalité, cette décision du pr. Henri Hogbè Nlend de se porter candidat à l’investiture de l’Upc pour l’élection présidentielle d’octobre prochain, s’ajoute à une volonté de nombreux upécistes, toutes tendances confondues, qui souhaitent que “ le parti historique ” se mobilise pour être absolument présent lors de la compétition électorale d’octobre prochain. On parle ainsi d’une dizaine de candidatures qui devraient être soumises aux militants, toutes tendances confondues, pour l’investiture officielle d’un candidat unique de l’Upc.

Tractations

C’est depuis quatre ans environ que des réunions se multiplient entre upécistes de toutes les tendances, “ pour faire comprendre aux dirigeants que la base du parti souhaite une seule direction de l’Upc”, pour reprendre un commentaire d’un militant membre du comité directeur de la tendance dite légale dont Augustin Frédéric Kodock est le secrétaire général. 

Avec l’accord de ce même secrétaire général, suite à l’humiliation que lui a infligée le pouvoir en place, et son ex allié, le Rdpc, lors du double scrutin de juillet 2007, des militants de toutes les tendances ont mis en place une commission de consensus. Bien que n’ayant pas de pouvoir politique, cette commission présidée par le pasteur Njami Nwandi, s’est ainsi régulièrement réunie dans un cadre informel, pour réfléchir et discuter des évolutions à impulser à la direction de l’Upc. Toutefois, le problème fondamental face auquel cette commission va se heurter est qu’aucune des directions, des différentes tendances de l’Upc, ne soutient de manière active les initiatives qu’elle prend. Cependant, elle a quand même pu réussir à convaincre certains responsables du bureau du comité directeur de la “ tendance légale ”, de convoquer un comité directeur unique à Eséka le 18 septembre 2010, en vue d’une relance de l’initiative politique d’une Upc unitaire.

Le 18 septembre 2010, les upécistes de toutes les tendances se rendent en masse à Eséka. Mais grosse surprise, la réunion du bureau du comité directeur prévue ce jour là est interdite par le sous préfet d’Eséka. Tout le monde parle alors d’un revirement de dernière minute d’Augustin Frédéric Kodock qui ne semblait pas vraiment maîtriser les tenants et les aboutissants de cette réunion. Les militants vont néanmoins se réunir au domicile du colonel Mang, lui-même militant du parti, pour une concertation efficace. A l’issue de cette concertation, ils rendent publique la “ déclaration d’Eséka ”.

Dans celle-ci, tous admettent le principe de reconnaître une seule direction légale de l’Upc ; et engagent les membres du bureau directeur de la tendance dite légale, à faire convoquer un comité directeur dans le respect des statuts et de la légalité. La “ déclaration d’Eséka ” va donc ainsi asseoir au nom de tous les upécistes présents, toutes tendances confondues, la légalité unique d’Augustin Frédéric Kodock Bayiha, comme secrétaire général de l’Upc. Mais, cela ne veut pas dire que les autres ont renoncé pour autant à l’esprit de leurs tendances respectives. “ En fait, il fallait tout simplement mettre en route les tractations pour amener Augustin Frédéric Kodock à convoquer une instance dirigeante du parti, notamment le bureau politique, pour statuer de l’éventualité d’un comité directeur unique de rassemblement de tous les upécistes ”, explique un upéciste qui a pris part à cette rencontre.

Focal: A Mom, Kodock s’impose contre tous

Tant bien que mal, Augustin Frédéric kodock (photo) a adhéré à cette nouvelle dynamique et a fait convoquer pour le 12 février 2011, une réunion du bureau du comité directeur. La dite réunion va mettre en place une commission de stratégie, chargée de préparer les termes de références du prochain comité directeur, qui lui est prévu pour le 28 mai 2011, avec comme enjeu principal, la désignation du candidat de l’Upc aux prochaines élections présidentielles, et l’organisation d’un prochain congrès qui doit asseoir définitivement l’unité de l’Upc, dans le respect de la légalité, et relancer le nationalisme camerounais. Les proches d’Augustin Frédéric Kodock expliquent que “ c’est dans ce sens que le sg a accepté de tendre la main aux autres tendances depuis le mois de février dernier ”.

Cependant, comme si la route de l’unité de l’Upc doit toujours s’apparenter à un serpent de mer, un problème majeur va une fois de plus surgir. La commission de stratégie propose, au regard du nombre de candidatures qui s’annoncent, y compris dans la diaspora, que l’investiture soit débattue librement. Et que tous les candidats à la candidature puissent se présenter librement. Il se trouve que les statuts de “ l’Upc légale ” remaniées en 2006 font du secrétaire général de l’Upc, Augustin Frédéric Kodock Bayiha, “ le candidat naturel ” de l’Upc à l’élection présidentielle. Pour lever le verrou, la commission de stratégie va proposer que seuls les statuts de 1952 servent de base à la réorganisation des activités du parti.

Face à une telle proposition, tous vont commencer à craindre que Augustin Frédéric Kodock ne se radicalise à nouveau, en s’opposant catégoriquement à cette proposition de la commission des stratégies qui risque de le mettre en minorité. La réunion du bureau directeur, tenue le 30 avril 2011 à Mom entre 15 heures et 21 heures, a justement été houleuse. Selon une source qui a participé aux travaux, de vives discussions ont eu lieu, au risque d’éclater le bureau.

Le secrétaire général a en effet lancé la suspicion sur les travaux de la commission des stratégies, estimant que ses analyses et ses conclusions tendaient à le destituer de son poste, et donc à l’évincer de la candidature à l’élection présidentielle. Toujours selon notre source, deux groupes se sont affrontés. Le premier, constitué essentiellement de “ plus vieux membres du bureau ”, et le second par les “ jeunes intellectuels ”. La confrontation aurait atteint son point culminant quand Me Thomas Biyick, secrétaire à l’organisation, s’est opposé à la présentation sur power point du rapport de la commission des stratégies, estimant que cela était une manœuvre pour “ épater ” des gens et les amener à rallier le camp adverse.

Finalement, avec une telle sortie d’un militant dont on connaît le penchant vis-à-vis de la tendance Kodock, tout est rentré dans l’ordre et les travaux se sont déroulés “ sans plus de heurts ”. Au final, trois résolutions ont été prises. La première interpelle le gouvernement camerounais à organiser des élections transparentes, libres et crédibles, tout en mettant en garde toute personne qui tenterait de négocier avec des forces internes ou externes pour des desseins particuliers visant à créer des troubles sociopolitiques au Cameroun. La deuxième résolution porte sur la participation de l’Upc à la prochaine élection présidentielle. Elle mentionne que, contrairement aux “ tracts ” qui circulent déjà, l’Upc présentera le secrétaire général du parti à l’élection, conformément à ses textes. La dernière quant à elle, mentionne la réception du rapport de la commission des stratégies et décide de sa prochaine réunion en juin prochain. Finalement on se rend bien compte qu’en convoquant cette réunion du bureau politique dans son village, Kodock aura tout fait pour arriver à ses fins : continuer à contrôler à des fins personnelles le parti historique. 

Jean Francois Channon

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