05/05/2011 01:44:44
Chantage: Issa Tchiroma menace les radios et tÚlÚvisions
Chantage à la presse nationale. Selon Issa Tchiroma, le gouvernement n’aidera que les médias qui l’accompagneront en campagne. De plus, il met les promoteurs de radios et télévisions en garde contre la diffusion des informations venant de l’extérieur. Bal de vautours autour de la fortune publique...
Le Messager
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Le ministre de la Communication met les promoteurs de radios et télévisions en garde contre la diffusion des informations venant de l’extérieur. Il promet par ailleurs la reconnaissance du gouvernement à tous ceux qui collaborent dans le cadre des grandes ambitions.

“Les médias du 21e siècle : nouvelles frontières.” Le thème retenu par l’Unesco, pour la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse 2011 inspire, à priori, au ministre de la Communication , parlant au nom de la délégation gouvernementale l’idée de nouvelles barrières qui se dressent “dans le sens de la consécration de leur liberté.” Vu sous cet angle, Issa Tchiroma et ses collègues du gouvernement pensent qu’il ne reste pas moins “que bien de frontières sont encore dressées sur le chemin de leur constitution en véritables entreprises de presse.”  Des obstacles transformés en menaces par le gouvernement qui ne cache pas sa volonté à tenir les médias camerounais en laisse.

Lors de la conférence de presse donnée le 4 mai 2011 à Douala, le ministre de la Communication qu’accompagnaient le ministre délégué en charge des Assemblées et le gouverneur de la région du Littoral, Francis Faï Yengo, n’a pas caché le désir du gouvernement de caporaliser la presse. Selon Issa Tchiroma, “le gouvernement ne considère pas la presse comme un contre pouvoir.” Selon la même source, “le gouvernement ne rêve que d’une chose, c’est être en contact direct avec la presse.” Une prescription que l’orateur principal de cette rencontre entre le gouvernement et les Hommes des médias met au compte du chef de l’Etat “qui m’a prescrit de vous le dire.”

En outre soutient Issa Tchiroma, le gouvernement appelle les Hommes des médias à faire part de leurs doléances pour apporter des solutions aux problèmes que connaissent les médias camerounais. Loin des circuits classiques que sont les syndicats et autres associations de journalistes ? Seule précision du ministre de la Communication aux questions des journalistes, “le gouvernement vous écoute.” Toutefois, les vecteurs d’informations que sont les médias camerounais sont appelés “à ne plus relayer les informations venues de l’extérieur.” Des informations dont la plupart, à en croire le porte-parole du gouvernement sont de nature à créer “du désordre dans notre beau pays le Cameroun.”

Tolérance administrative à durée indéterminée

Le gouvernement ne compte pas s’en tenir à cela. Face à une question de journaliste le ministre de la communication reconnaît volontiers que les directeurs de publication et autres patrons de presse ont été priés de proscrire l’accès à leurs antennes aux “agitateurs et autres activistes”. “Nous avons demandé aux directeurs de publication de protéger la nation.” précise Issa Tchiroma.  C’est dans le cadre de cette protection que le ministre de la Communication justifie la rétention des licences d’exploitations à laquelle sont soumis nombre de médias de l’espace audiovisuel camerounais. Ceci, explique le Mincom, “parce que notre nation est complexe.”

C’est dans cette logique que le patron de la communication rappelle aux promoteurs des entreprises audiovisuelles qu’ils évoluent dans un contexte de tolérance. En outre, il a été rappelé aux patrons de presse, dirigeants des groupes que “la loi camerounaise interdit d’avoir plusieurs médias. Nous savons que des groupes de presse existent mais nous n’appliquons pas la loi.” L’une des raisons pour lesquelles le ministre de la Communication rappelle que “le temps du journaliste n’est pas celui du politique.” A en croire la même source, “l’Etat n’a pas d’autre choix que celui d’être prudent.”

Aux médias qui ce seront conformés aux désirs du gouvernement, le Mincom promet monts et merveilles. D’abord,  le gouvernement à décidé d’être à leurs côtés “pour que tous ensemble, nous soyons des bâtisseurs.” A l’endroit des journalistes, le Mincom laisse entendre que “j’ai demandé le recrutement de 1000 journalistes dans le cadre des 25 mille emplois.” Des journalistes qui seront affectés dans les délégations régionales de la communication à travers le pays.

Focal: Bal de vautours autour de la fortune publique

Des millions ont été engloutis pour la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse.

Six membres du gouvernement et assimilés dont quatre en fonction, des patrons des organes de presse invités, l’état-major de la Cameroon radio television (Crtv) mobilisé. C’est la manière choisie par Issa Tchiroma Bakari, le ministre de la Communication , de célébrer  la journée mondiale de la liberté de la presse, mardi 3 mai 2011 à Douala. Si cette initiative est à saluer car visant à lutter contre les abus dont sont victimes les journalistes en attente de meilleures conditions de vie et de travail dans une ambiance de non application de la convention collective, elle laisse tout de même un goût d’inachevé.

Sur les sept ateliers prévus au Castel Hall, très peu ont pu se tenir dans un climat de boycott des journalistes pas avertis et associés à l’organisation. D’après un patron de presse, “je ne comprends pas ce qui justifie le déplacement du ministre avec autant de têtes couronnées de la République. Les ministres sont là, ses collaborateurs  et les grands journalistes de la Crtv. La présence de tout ce beau monde n’a servi à rien car on aurait pu faire simple et tout irait  bien”.

Poursuivant, il accuse Issa Tchiroma de dilapidation de la fortune publique. “Les ministres et invités spéciaux ont été pris en charge par le trésor public. En ces temps de vaches maigres, on aurait pu économiser l’argent du contribuable, un argent qui aurait servi à quelque chose. Les frais d’hôtel, de nutrition et de déplacement, la logistique, la communication à fort de renfort de publicité. Il a bradé la fortune de l’Etat sur l’autel de ses ambitions politiques”. Encerclé par des journalistes qui ne croyaient que le passage des corps constitués de la République rime avec bout du tunnel pour les confrères qui broient du noir, le patron de la communication s’enfermera dans ses appartements privés, avant de regagner Yaoundé. Avec le sentiment d’un devoir bien rempli, par la dépense de la fortune publique au nom de Paul Biya et de la journée mondiale de la liberté de la presse.

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