09/05/2011 05:34:45
RDC: l'opposition craint un « échec » du processus électoral
Après deux jours de concertations, l’Opposition a enfin rendu publique sa déclaration politique sur le calendrier électoral publié par la Ceni. Une fois de plus, l’Opposition a fait preuve de cohésion dans ses rangs.
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Après deux jours de concertations, l'Opposition a enfin rendu publique sa déclaration politique sur le calendrier électoral publié par la Ceni. Une fois de plus, l'Opposition a fait preuve de cohésion dans ses rangs. En effet, vendredi 6 mai 2011 au sortir des réunions tenues au siège du MPCR, les principaux leaders de l'Opposition ont fait preuve d'unité dans l'action. Tout ce que la RDC compte comme partis de l'Opposition tels que le MLC, l'UDPS, la CDC, l'UNC, etc. – soit 26 au total - ont apposé leur signature sur cette déclaration dans laquelle l'Opposition réitère ses inquiétudes sur un possible dérapage du processus électoral.

Etienne Tshisekedi, candidat de l'UDPS, a été accueilli par des milliers de partisans le 8 décembre à Kinshasa (Photo direct.cd)

Réunis pendant deux jours au siège du MPCR, dans la commune de Ngiri-Ngiri, les principaux leaders de l'Opposition ont finalement rendu publique, vendredi 6 mai dernier en fin de journée, leur déclaration en rapport avec le processus électoral tel que mené par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Si tous ont accepté le principe des élections pour concourir à une charge publique, ils ont cependant émis des réserves sur le dispositif électoral mis en place par la Ceni. « L'Opposition politique réunie ce vendredi 6 mai 2011 réaffirme sa décision irrévocable de participer aux prochaines élections électorales dans un climat transparent, démocratique et apaisé », lit-on dans sa déclaration politique congolaise sur le calendrier électoral.

Bien qu'adhérant à la dynamique électorale, l'Opposition rappelle dans sa déclaration qu'elle « soutient mordicus que le calendrier électoral publié par la Ceni est inconstitutionnel et irréaliste ». De ce point de vue, « l'Opposition relève que le calendrier électoral fixant au 28 novembre 2011 la tenue du scrutin présidentiel est inconstitutionnel car, il viole l'article 73 de la Constitution en ignorant le délai constitutionnel de 90 jours ». « Ce que l'Opposition et le peuple congolais, poursuit-elle, ne peuvent cautionner ».

Aussi, met-elle donc « sévèrement en garde le bureau de la Ceni et le gouvernement en place et les rend responsables de l'échec du processus électoral s'ils refusent de prendre en considération toutes ses préoccupations relatives au caractère inconstitutionnel et irréaliste du calendrier électoral, à l'assainissement de l'environnement politique, à la sécurisation des élections, à la révision et à l'audit du fichier électoral ainsi qu'à l'entretien d'un dialogue permanent entre partenaires au processus électoral ».

FICHIER ELECTORAL : UNE REVISION BIAISEE

Concernant la révision du fichier électoral telle que menée par la Ceni, l'Opposition note que cette opération la laisse « perplexe » en ce que « le nombre des bureaux d'enrôlement, la mauvaise qualité et la vétusté des kits électoraux ainsi que leur répartition inégale demeurent d'actualité ».

Après avoir relevé certaines incohérences dans les opérations de révision du fichier électoral telles que « la fin de la révision du fichier électoral fixé au 30 juin 2011 alors que ces opérations commencent à peine dans certaines provinces », l'Opposition ne cache pas son inquiétude de voir le processus électoral connaitre un « décalage mécanique d'au moins 45 jours sur l'ensemble du processus électoral ».

Dans sa déclaration, l'Opposition n'a pas omis de dire un mot sur l'environnement politique et la sécurisation des élections. Elle a rappelé, à cet effet, sa position du 8 avril 2011 dans laquelle elle dénonçait « le climat délétère caractérisé notamment par la confiscation des médias publics et de la territoriale par la majorité au pouvoir, le retard volontaire dans la mise en place du Conseil supérieure de la communication et de l'audiovisuel, les arrestations arbitraires et les assassinats, la politisation de l'armée, de la police et des services de sécurité sans oublier les multiples intimidations, etc. »

Aux fins d'organiser des élections apaisées, l'Opposition exige l'assainissement du climat politique avant, pendant et après le processus électoral, notamment par la libération sans condition des opposants politiques, des militants, des activistes des droits de l'Homme et des journalistes irrégulièrement détenus ».

Tirant les leçons de toutes ces observations, elle indique que « face à l'incapacité du gouvernement en place de sécuriser les acteurs politiques de l'Opposition, cette dernière demande à la communauté internationale la mise en place d'u plan de sécurisation par les Nations Unies du processus électoral et de tous les acteurs politiques particulièrement ceux de l'Opposition ».

Toujours est-il qu'en introduction à sa déclaration, l'Opposition s'est félicitée que la Ceni ait pris en compte dans son calendrier l'une de ses préoccupations, à savoir le couplage des élections présidentielle et législatives nationales telles qu'exprimées dans sa position du 8 avril 2011.

Dans tous les cas, elle s'est dit « convaincue de conduire le peuple congolais à la victoire aux prochaines échéances électorales », tout en renouvelant son engagement « d'y participer avec responsabilité, et cela, dans un climat apaisé ».

Faustin Kuediasala

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