17/03/2019 21:49:56
Cameroun-Crise dans le NOSO : Paul Biya convoqué d'urgence au Sénat

Le sénateur d'obédience SDF (opposition) Kemende Henry Gamsey qui avait déjà, en novembre 2018, déposé une plainte contre l'armée camerounaise auprès de la cour d'appel de Bamenda, accusant cette dernière de perpétrer des incendies criminels, meurtres et violations graves des droits de l'homme à Balikumbat, arrondissement de Balikumbat (département de Ngoketunjia, région anglophone du Nord-ouest)  vient de récidiver à travers un coup de boutoir supplémentaire  sur les murs de la citadelle de l'ordre établi.

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Le sénateur d'obédience SDF (opposition) Kemende Henry Gamsey qui avait déjà, en novembre 2018, déposé une plainte contre l'armée camerounaise auprès de la cour d'appel de Bamenda, accusant cette dernière de perpétrer des incendies criminels, meurtres et violations graves des droits de l'homme à Balikumbat, arrondissement de Balikumbat (département de Ngoketunjia, région anglophone du Nord-ouest)  vient de récidiver à travers un coup de boutoir supplémentaire  sur les murs de la citadelle de l'ordre établi.

Une convocation du président de la République, Paul Biya, à se présenter devant la Chambre haute du parlement, pour s'expliquer de vive voix devant les Sénateurs sur « les mesures prises par le gouvernement pour mettre fin à cette crise anglophone », en laquelle de nombreux observateurs voient un salutaire coup de pied dans la fourmilière des silences convenus et coupables.

Pour questionner clairement la responsabilité directe du chef de l'Etat dans la tragédie du NOSO, à travers les Questions orales adressées au président de la République, chef des forces armées,  le Sénateur et avocat Kemende Henry Gamsey s'appuie sur l'article 35 de la Constitution du Cameroun et à l'article 90 (nouveau) du règlement Intérieur du Sénat*  pour poser les quatre questions suivantes au chef de l'Etat et chef des Armées :


   
1- Votre Excellence, Monsieur le Président, avant de déclarer la guerre en cours contre les «terroristes se faisant passer pour des sécessionnistes» (selon vos propres termes) dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest le 30 novembre 2017, quelles mesures avez-vous prises pour distinguer entre ceux qui ont jusqu'ici organisé des manifestations pacifiques et ceux qui ont pris les armes?

2.    Actuellement, sur les champs de bataille des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, quelles mesures votre Excellence en tant que commandant-en chef des forces armées a-t-elle prises ou est-elle en train de prendre pour distinguer les combattants des populations civiles afin de garantir à l'État son rôle de protection des vies et des biens?

3.    Sur plus de 200 villages incendiés dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et des milliers de civils tués, tous supposés être des soi-disant terroristes, combien de ces populations et familles touchées ont été visitées par Votre Excellence ou par votre représentant rapidement comme ce fut le cas à Bangourain dans la région ouest?

4.    Avec l'assassinat continu de la population civile (certains rôtis dans leurs maisons) et l'incendie de villages entiers, le gouvernement perd-il ou gagne-t-il la guerre dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest en ce qui concerne son rôle de protection des vies et des biens?


Il n'est pas exclu que le sénat, à très forte domination Rdpc (le parti du chef de l'Etat) soit le premier à classer  sans suite sa démarche au motif qu'aucun des deux articles évoqués par l'Honorable Kemende Henry Gamsey ne donne la possibilité à la Chambre d'interpeller le président de la République, mais lui confèrent plutôt cette prérogative en ce qui concerne le gouvernement et ses membres, feignant d'oublier qu'au Cameroun, même le Premier ministre qui n'est en fait que le premier des ministres, n'est en fait responsable que devant le président de la République, véritable chef du gouvernement de facto.

Mais l'acte du parlementaire serait déjà un symbole très fort de ce Cameroun des dirigeants responsables des actes de leurs subalternes que le peuple du changement appelle de tous ses voeux.

  Cf. Cameroun : LOI N° 2016/011 du 27 Octobre 2016 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n° 2013/006 du 10 Juin 2013 portant Règlement Intérieur du Sénat.

Ndam Njoya Nzoméné

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