19/03/2019 19:08:49
Incidents significatifs à Yaoundé : L'Ambassadeur US empêché par la garde présidentielle de prendre part à la rencontre Biya-Nagy ?

La rencontre lundi 18 mars entre le Sous-secrétaire d'Etat américain Tibor Nagy et le président camerounais pourrait ne pas s'être déroulée dans des eaux calmes comme on pourrait le penser à la suite des déclarations très policées du membre du gouvernement américain. En témoigne cette image particulièrement troublante.

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La rencontre lundi 18 mars entre le Sous-secrétaire d'Etat américain Tibor Nagy et le président camerounais pourrait ne pas s'être déroulée dans des eaux calmes comme on pourrait le penser à la suite des déclarations très policées du membre du gouvernement américain. En témoigne cette image particulièrement troublante.


Une image qui a suscité une levée de boucliers chez de nombreux observateurs internationaux dont des Américains, qui demandent à ce que la lumière soit faite à ce sujet : « Le public américain veut savoir exactement ce qui se passe dans cette image. Il nous a été rapporté que l'ambassadeur  avait été harcelé par la garde  présidentielle sur instructions strictes de la présidence. Ils voulaient empêcher l'ambassadeur de rencontrer le Président  ensemble avec le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Africaines.




Il reste à espérer que cette information ne soit pas avérée, car si la tentative d'empêcher l'ambassadeur Peter Henry Barlerin de faire partie de la délégation accompagnant le Sous-secrétaire d'Etat Tibor Nagy à la rencontre avec monsieur Biya se révélait vrai, il est à craindre que l'Ambassadeur des USA au Cameroun que le régime ne porte déjà pas dans le cœur du fait de sa propension à dire les choses comme elles sont, ne soit vraiment dans le collimateur de ce régime qui non seulement prend des libertés avec les droits et libertés de ses propres citoyens, mais nargue de plus en plus également les puissances occidentales, fort des soutiens financiers, politiques et militaires que lui font miroiter des puissances telles que la Chine, la Russie, la Turquie et Israël, peu préoccupés dans leurs propres fonctionnements internes par la question des droits de l'homme. Même si, par nuance, c'est contre les Palestiniens et non contre ses propres populations  qu'Israël aime à montrer des muscles et des dents.

Cette intimidation, si elle était avérée, pourrait aussi avoir contribué à refroidir les ardeurs "droitdel'hommiste" de Tibor Nagy qui  -ce qui est humainement compréhensible- aurait alors craint, après ce déferlement de sauvagerie, d'être agressé (voire pire)  par des Camerounais acquis au régime, s'ils s'obstinait à évoquer avec verdeur le problème des hommes politiques camerounais incarcérés pour s'être opposés à Paul Biya, ou celui de la guerre dans les régions anglophones où le régime et son armée ont entrainé des  populations jadis paisibles sur les voies de la guerre de sécession.

D'où la déclaration mitigée de  Tibor Nagy au sortir de l'audience, faisant plutôt l'éloge des « connaissances » (sic) et de « la sagesse du président » (re-sic) camerounais dont il est évident que ce ne sont pas les plus grandes qualités, et celui de la qualité des relations Cameroun-USA, alors que la haine des USA dans les milieux dirigeants du Cameroun dont les partisans dans l'opinion ne ratent aucune occasion de brocarder les USA en pointant du doigt son impérialisme, sont de l'ordre du truisme.



Reste que pour de nombreux analystes, ce qui s'est ou se serait passé à Yaoundé le 18 mars n'empêchera pas les Camerounais ployant sous e joug de l'oppression de continuer à élever la voix jusqu'à ce qu'un jour quelqu'un les entende et décide de les aider à mettre fin à un régime qui tire justement sa force des armes mises à la disposition de son armée personnelle par les puissances occidentales qu'il nargue et menace aujourd'hui, comme l'indique ce tweet, urgeant  l'administration Trump  d'intervenir immédiatement au Cameroun  où se déroule un génocide silencieux. « Le monde ne peut pas rester assis à regarder un dictateur brutal continuer à commettre des crimes de guerre en toute impunité. L'administration anti-establishment du président @POTUS doit se tenir aux côtés des opprimés », peut-on y lire.




Ulrich Hervé Matam et Bob Ayuk

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