17/04/2019 23:50:06
Massacres en zones anglophones et répression politique au Cameroun, l'UE menace Biya d'un recours au Conseil de Sécurité de l'ONU

Malgré le soutien de la France dont se prévaut le régime en place, de nombreux Etats et organisations internationales commencent à se lasser de voir le Cameroun s'effondrer au jour le jour à causse de l'obstination répressive de ses dirigeants.

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Malgré le soutien de la France dont se prévaut le régime en place, de nombreux Etats et organisations internationales commencent à se lasser de voir le Cameroun s'effondrer au jour le jour à causse de l'obstination répressive de ses dirigeants.

Il y a quelques semaines, c'est la Commission de l'Union Européenne qui réagissait  par la voix de sa Haute Représentante, Federica Mogherini, en recommandant un dialogue sincère entre parties en conflit avec le régime Biya, à l'initiative de celui-ci, dont il n'est plus un secret pour personne qu'il est résolument à l'origine des crises politiques et sécuritaires dans le pays, à l'exception -dans une certaine mesure- de la lutte menée dans la partie septentrionale du pays contre la secte jihadiste Boko Haram.

Malgré ces recommandations,  le monde entier continue  d'assister au spectacle effroyable des civils massacrés par l'armée sous prétexte qu'elle pourchasse des sécessionnistes, des hôpitaux incendiés que les officiels camerounais mettent sur le compte des  "exactions perpétrées par les séparatistes anglophones" ou des enlèvements des personnes ensuite libérées contre paiement de rançons auxquels se livrent sécessionnistes et forces gouvernementales dans un jeu de cache-cache indicible, et autres atrocités.

Le Parlement européen qui n'en peut plus de voir le Cameroun se transformer en un théâtre de bain de sang, a rendu publique mercredi, 16 avril,  une motion dans laquelle elle fait clairement savoir que la crise dans les régions anglophones devrait être inscrite sur le plan d'action du Conseil de sécurité des Nations unies.

La menace du parlement européen  dont la mise à exécution pourrait coûter cher au régime qui dirige le Cameroun d'une main de fer depuis 37 ans, laisse cependant à celui-ci une issue de sortie qui pourrait se trouver dans une éventuelle médiation de l'Union Africaine  et/ou de toute autre  institution internationale.

«Les autorités camerounaises devraient (devraient) veiller à ce que les forces de sécurité rendent compte des violations des droits de l'homme commises et mener des enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et impartiales sur toutes les allégations de violations des droits »

, recommandent les eurodéputés dans cette résolution en 11 points, dans laquelle ils déplorent « la violence et la discrimination à l'encontre de la communauté anglophone », et disent leurs vives préoccupations par rapport aux « allégations selon lesquelles les forces gouvernementales seraient responsables d'homicides, de recours excessif à la force et de tortures [et] demande au gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à la violence et à l'impunité dans le pays ».

Paul Biya sur la sellette pour la haine mortelle de son régime contre Maurice Kamto et ses partisans

La guerre civile menée par le régime et son armée contre les populations anglophones et les sécessionnistes n'est pas le seul sujet de préoccupation du parlement européen qui déclare  regretter « profondément le climat répressif qui règne au Cameroun face aux partis d'opposition et à leurs partisans, à la société civile et aux mouvements de citoyens » et condamne « l'arrestation et la détention de Maurice Kamto et d'autres manifestants pacifiques ».

L'institution parlementaire européenne rappelle au gouvernement camerounais « que les civils ne devraient pas être jugés par des tribunaux militaires »,  et  demandent la libération de Maurice Kamto (leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et candidat à la dernière élection présidentielle –à l'issue de laquelle il a été classé officiellement 2ème-) et ses partisans, ainsi que l'arrêt de « tout harcèlement et toute intimidation des militants politiques, y compris l'interdiction des rassemblements politiques pacifiques, des manifestations et des manifestations, et de prendre des mesures pour réprimer les discours haineux ».

Et pour ne pas s'arrêter en si bon chemin alors que les Etats-Unis ont dernièrement réduit leur aide militaire au Cameroun à hauteur de 17 millions de dollars, les eurodéputés ont recommandé à l'exécutif qu'est la Commission européenne, de « procéder à une évaluation du soutien de l'Union européenne aux services de sécurité à cet égard et de faire rapport au Parlement européen ».

Ci-dessous, le lien vers la résolution

https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/B-8-2019-0249_EN.html

Bob Ayuk

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