19/05/2011 13:07:50
Faux suspense sur la candidature de Biya à la présidentielle
Paul Biya, qui présidera vendredi les cérémonies de la fête nationale lors d'une de ses rares apparitions publiques, entretient le suspense sur ses intentions pour la présidentielle qui doit se tenir d'ici la fin de l'année.
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Paul Biya, qui présidera vendredi les cérémonies de la fête nationale lors d'une de ses rares apparitions publiques, entretient le suspense sur ses intentions pour la présidentielle qui doit se tenir d'ici la fin de l'année.

Au pouvoir depuis 1982 après la démission d'Ahmadou Ahidjo, M. Biya, 78 ans, ne s'est jusqu'ici pas prononcé sur sa participation au scrutin dont la date reste à fixer et qui devrait avoir lieu en octobre.

"Jusqu'où durera le suspense?", s'interrogeait à sa Une le 20 avril L'Action, le journal du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti de Paul Biya.

"Il n'y a pas de suspense du tout", rétorque le politogue Mathias Nguini Owona pour qui "le président Biya s'est mis en position de candidat" depuis la suppression par le parlement en mars 2008 de la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Cette révision constitutionnelle permet à M. Biya, qui s'est fait élire en 1984 et 1988 (sous le parti unique, mandat de 4 ans) puis 1992 (multipartisme, 5 ans) 1997 (7 ans) et 2004 (7 ans) de briguer un nouveau mandat de 7 ans.

En février 2008, la repression par la police et l'armée des manifestations de jeunes opposés à cette révision avait entraîné la mort de 40 personnes, selon un bilan officiel, au moins 139, d'après des ONG.

Depuis deux ans, les partisans du président Biya font campagne pour qu'il soit candidat. Ainsi, le secrétaire général du RDPC René Sadi estimait en octobre dans le le quotidien d'Etat Cameroon Tribune: "En dépit des difficultés (...) nous sommes convaincus qu'un bel avenir attend le Cameroun et nous, militants du RDPC, croyons fermement qu'il faut donner à celui qui en a semé les graines, le président Paul Biya, la possibilité d'en impulser l'éclosion".

Le 18 avril, le Premier ministre Philémon Yang a présidé à Yaoundé à la cérémonie de lancement de l'ouvrage: "Paul Biya, l'appel du peuple", un recueil de "motions" de soutien à la candidature de M. Biya.

"Nous vous prions avec insistance et conviction d'accepter d'être notre candidat, le candidat du RDPC et de tous les compatriotes épris de justice, de paix, et du développement du Cameroun, à la prochaine élection présidentielle", affirme une motion du 19 mars 2011 dans ce livre.

"J'entends les appels et les motions de soutien que vous ne cessez de m'adresser (...) Ils comptent parmi les meilleures marques d"encouragement qui me parviennent dans la conduite de mes responsabilités à la tête de l'Etat", avait déclaré M. Biya en novembre 2009.

"La campagne des motions de soutien est bien orchestrée par le Rdpc. Elle est savamment huilée pour s'achever par l'acceptation de la proposition de candidature par le président Biya", assure M. Nguini Owona.

Cela participe d'"un rite": "on fait toujours une mise en scène où il s'agit de montrer que le chef (Paul Biya) répond à un appel massif des forcces vives de la nation", souligne-t-il.

Fin avril, un acteur local de la société civile, Hilaire Kamga, a adressé une lettre ouverte à l'éditeur pour dénoncer "l'usage abusif de l'expression peuple" dans le recueil d'appels à la candidature de M. Biya.

L'opposition accuse M. Biya de tout mettre en oeuvre pour "vérouiller" le système électoral à son avantage. En avril, le parlement, dominé par son parti, a modifié un texte créant l'instance Elections Cameroon (Elecam) lui retirant le droit de publier les résultats provisoires des élections, l'exclusivité de la publication des résultats revenant au Conseil constitutionnel

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