17/05/2019 23:49:21
Cameroun- Incendiaire et sanglante : la notion de dialogue du régime Biya expliquée par le ministre de la Défense

Le dialogue amorcé au Cameroun « sur hautes instructions du président Paul Biya, chef de l'Etat, chef des Armées » pour résoudre la crise anglophone  semble parti sur un mauvais pied. 

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Le dialogue amorcé au Cameroun « sur hautes instructions du président Paul Biya, chef de l'Etat, chef des Armées » pour résoudre la crise anglophone  semble parti sur un mauvais pied. 

A peine le Premier ministre a-t-il achevé son ambassade auprès de ses frères anglophones insurgés qu'il a appelés à se rendre sans condition,   conformément à la volonté du président Biya de ne « pas négocier avec les terroristes », que des personnes qui ont un intérêt certain à voir la guerre se perpétuer en zone anglophone jusqu'à ce que soit écrasé le dernier terroriste (sécessionniste), ont lancé l'assaut contre les forces de défense camerounaises, tuant deux de leurs éléments, et servant ainsi à ces derniers sur un plateau d'argent, le prétexte idéal pour une répression sanglante au cours de laquelle ont été incendiés mercredi à Alachu, Mankon pas moins qu'une église, une clinique et des habitations.


L'annonce est du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo qui, dans un communiqué publié jeudi, s'est empressé de justifier l'acte incendiaire de l'armée camerounaise dont le "professionnalisme" en la matière n'est plus à démontrer.

A en croire le ministre, c'est l'assassinat de deux soldats en patrouille à Alachu, Mankon, par des combattants "d'Ambazonie" qui  « … a entraîné des tirs et dans l'atmosphère confuse, des maisons ont été incendiées et des propriétés détruites ».

Craignant visiblement d'en dire trop, le ministre conclut son communiqué sur les exploits  de son armée de pyromanes par l'annonce de l'ouverture des enquêtes pour déterminer les personnes qui détruit les maisons. Et la promesse d'indemniser les victimes touchées par les incendies martiales. Oubliant, ô suprême outrage, de mentionner que  la perspective d'indemniser les victimes des incendies… militaires était une haute instruction du président (national ?) de la République, chef de l'Etat, chef des armées. D'où la sortie « corrective du gouverneur de la région du Nord-ouest, Adolphe Lele Lafrique qui est descendu personnellement sur le terrain, pour évaluer les dégâts, signaler aux populations que c'est le chef de l'Etat, Paul Biya, qui indemnisera les personnes dont les propriétés ont été incendiées mercredi, et, au passage, transmettre à la population locale,  la sympathie du chef de l'État, non sans exhorter les victimes des raids vengeurs aveugles de l'armée, « à rester calme et à faire confiance aux forces de défense et de sécurité pour rétablir l'ordre dans la région ».

Il n'et pas inutile de préciser que l'assassinat des militaires n'a pas été revendiqué par l'un quelconque des groupes sécessionnistes, et que selon des témoignages, les personnes assassinées étaient en tenue civile au moment de leur agression sauvage et mortelle. « les militaires ne portaient pas leurs tenues. Ils étaient tous en civil sans aucune arme. Ils sont allés faire du sport à la station-service et revenaient à leur base en vélo lorsqu'ils ont été pris pour cible », a confié un habitant de Mile 8 contacté par nos confrères du site "Le Bled Parle".

Qui a donc tué des militaires qui au moment de leur assassinat crapuleux ne montraient aucun signe d'en être ?
-    Des ennemis les ayant identifiés et filés dans une ville où selon les habitudes les éléments des deux camps antagonistes sont généralement encagoulés pendant les opérations ?

-    Des frères d'armes obéissant à des instructions d'entrepreneurs de guerre qui veulent faire échec aux initiatives gouvernementales de normalisation de la situation, dans le but de préserver un chaotique statu quo qui leur est de loin profitable ?

-    Des camarades ayant  confondu certains des leurs avec de potentiels terroristes dans une ville où l'ennemi peut être n'importe qui -dans le cadre de cette guerre que les sécessionnistes et autres séparatistes veulent asymétrique- mais qui n'ont pas le courage d'avouer la bavure de trop, préférant leurs camarades qui ignorent la vérité  se venger sur des civils ?


Mankon. L'armée professionnelle du Cameroun est passée par là. Au commencement, était l'assassinat crapuleux de deux soldats patriotes, venus défendre l'intégrité du Cameroun

Une chose est certaine, le dialogue auquel a appelé le président Biya -à la suite de pressantes in(gérences)jonctions de la communauté internationale- est compromis à peine commencé.

Un véritable gâchis ! D'autant qu'il n'est pas évident de déterminer l'identité de l'auteur de l'acte à l'origine de cette montée d'escalade.  

Ndam Njoya Nzoméné

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