24/05/2011 13:01:45
Curiosités. Kah Walla : questions autour d'un enlèvement
Les différentes versions autour de « l’enlèvement » de la présidente du Cameroon people’s party, ainsi que de l’interdiction de défilé de ce parti crée la polémique dans les milieux de la presse.
Le Messager
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Les différentes versions autour de « l’enlèvement » de la présidente du Cameroon people’s party, ainsi que de l’interdiction de défilé de ce parti crée la polémique dans les milieux de la presse.

Dans la liste de candidats déclarés ou supposés l’élection présidentielle qui devrait se tenir, en principe, au mois d’octobre 2011 prochain, Edith Kabang Walla dit Kah Walla ne manque pas de susciter des curiosités. D’abord parce que la transfuge du Social democratic front (Sdf) et non moins présidente de l’association Cameroon Obosso’o est la première femme déclarée candidate à l’élection de président  de la République du Cameroun, ensuite, l’ancienne présidente de la commission des stratégies du Sdf continue à marquer les esprits par la dont elle est sortie des rangs de son ancien parti. L’aspirante à la magistrature suprême suscite depuis quelques jours de nouvelles questions. Des questions liées à son « enlèvement».

C’est que, comme l’affirme Kah Walla, «j’ai été enlevé le 20 mai par des personnes se présentant comme des policiers.» Les individus qui l’auraient enlevés, sous le regard du personnel de l’hôtel, avant de la conduire contre son gré à Douala, dans un véhicule aux insignes de la présidence de la République et dont la candidate soupçonne l’implication dans cette affaire. Celle-ci annonce  au passage la confiscation de ses deux téléphones portables, d’une camera et de ses pièces personnelles «qu’ils détiennent jusqu'à présent par devers eux.»

A en croire la présidente du Cpp dont les membres ont été interpellés le même jour à Douala et à Dschang, les griefs ayant conduit tant à son « enlèvement » qu’à l’interpellation de ses militants sont dus d’une part à son souci d’organiser un point de presse à Yaoundé quelques heures après le défilé qui a commémoré la 39e fête de l’unité nationale, mais aussi au fait que les militants interpellés distribuaient des prospectus dont les services de sécurité cherchaient des copies. Autres curiosités, la présidente du Cpp face à la presse le 21 mai dernier laisse entendre que « l’enlèvement » dont elle déclare avoir été victime est intervenu en présence des seules employées de l’hôtel mont Febe où elle a par ailleurs pris des habitudes...

Vérité ou intox ?

Faisant fi des précédants entre les sources que sont les hommes politiques et les administrateurs d’une part, et d’autre part les journalistes, l’on s’interroge sur la véracité des  versions distillées par le Cameroon people’s party et le préfet du Mfoundi. Pour cette formation politique, la demande de défilé a été introduite aux services de la préfecture le 19 avril, soit 10 jours avant la date butoir, tandis que la correspondance adressée par le préfet du Mfoundi précise que la déclaration du Cpp est parvenue à ses services le 13 mai, soit sept jours avant la fête du 20 mai. En outre, des militants de ce parti ont laissé entendre aux médias à Yaoundé que la présidente du Cpp «a été entraînée de force par quatre personnes se présentant comme des agents de la police.»

Autres curiosités relevées par les hommes des médias lors du point de presse donné par la candidate, c’est le fait qu’«ils détiennent mes pièces personnelles.» Tandis que le communiqué de presse remis aux journalistes au terme de cette rencontre évoque «des dossiers personnels.» Toutefois, l’on relève qu’au terme de cet échange la candidate annonçait l’imminence d’un voyage qu’elle effectuerait. Ce qui semble impossible pour cette dernière qui ne disposerait plus de pièces. En outre les observateurs ont quelques difficultés à faire la nuance entre la conférence de presse qu’annonçait la présidente du Cpp et la manifestation évoquée par ses camarades de parti dont aucun, selon la même source, ne se trouvait au hall de l’hôtel lors de l’arrestation de la candidate du Cpp. Des questions qui traduisent plus ou moins la nature des relations entre les hommes politiques et les autorités avec une presse souvent en proie à la manipulation.

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