25/05/2011 14:44:29
Affrontements meurtriers aux obsèques de Patassé à Bangui
Les proches de l’ex-chef d’Etat disent avoir été interdits de voir la dépouille d’Ange Félix Patassé. Ce que dément le corps diplomatique.
Le Messager
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Les proches de l’ex-chef d’Etat disent avoir été interdits de voir la dépouille d’Ange Félix Patassé. Ce que dément le corps diplomatique.

«Nous avons été tabassés et fouettés par les militaires. Beaucoup de nos frères sont morts et blessés. L’armée a refusé que nous voyions le corps de notre héros national et que nous l’enterrions comme il se doit». Tel est le témoignage de Félix Armel Vangamouna, citoyen centrafricain résidant à Bonadibong-Akwa (Douala), de retour des obsèques d’Ange-Félix Patassé, dimanche 22 mai 2011. L’infortuné dit avoir été stoppé par la soldatesque aux ordres du pouvoir de Bangui. «L’avion a atterri à Bangui à 16h. Après les dispositions pratiques, le cortège est sorti de l’aéroport et c’est au niveau de pk 22, à l’entrée de Bangui, que tout s’est gâté. Les militaires ont tiré sur la foule désarmée sans discernement, alors que nous voulions seulement rendre un dernier hommage à celui qui a dirigé ce pays».

Ces graves affirmations qui sont de nature à ternir l’image du régime de Bangui sont démenties par le consul de la République centrafricaine à Douala : «Tout ceci est absolument faux. Tout s’est bien passé, car les obsèques ont suivi le programme préétabli. Je puis vous assurer qu’il n’y a pas eu de morts, puisque l’armée n’a tiré sur personne sinon les médias internationaux en auraient fait écho». Absent aux obsèques d’Ange-Félix Patassé pour «cas de force majeure», ce diplomate qui n’écarte pas l’hypothèse des sempiternelles bousculades en de telles circonstances, exclut la thèse du crime organisé. «Toutes les dispositions ont été prises pour que tout se passe bien, qu’il soit enterré avec les honneurs dus à son rang, dans la plus stricte intimité». Propos confirmés par Aliha Mangambou, un autre participant aux obsèques. «Il y a eu des bousculades entre ceux qui voulaient trop s’approcher du cortège, et les services de sécurité. Les militaires n’ont fait que leur travail, celui de contenir la foule. J’ai vu des gens qui se sont évanouis, mais pas de morts. Et s’il y a eu affrontement, c’est peut-être ailleurs, et pas à l’entrée de la ville. Mais je pense que les gens ont grossi les faits».

Pourtant, c’est dans le calme et le recueillement dignes de la tradition bantoue que la mise en bière s’est déroulée jeudi, 19 mai 2011 à l’hôpital Général de Douala, en présence du corps diplomatique, parents, amis et connaissances. Le cortège funèbre prendra par la suite le chemin de l’aéroport international de Douala, pour la capitale centrafricaine. Même mort, Ange Félix Patassé continue de faire parler de lui. Malgré lui.

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