27/05/2011 05:09:41
Intimidation: Le coup de gueule de Joseph Le
La publication par le quotidien gouvernemental d’une poignée de main froide du chef de l’Etat, Paul Biya à Belinga Eboutou ébranle le cabinet civil et oblige le Pca à la tenue d’une réunion de crise avec les directeurs de la Sopecam à qui il passe un savon.
Le Messager
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La publication par le quotidien gouvernemental d’une poignée de main froide du chef de l’Etat, Paul Biya à Belinga Eboutou ébranle le cabinet civil et oblige le Pca à la tenue d’une réunion de crise avec les directeurs de la Sopecam à qui il passe un savon.

« Photo à problème », « Photo à scandale »... A chacun l’expression qui lui convient. Toujours est-il qu’au cabinet civil de la présidence de la République , l’on n’a pas aimé cette « plaisanterie » jugée de mauvais goût. La photographie en question qui fait l’objet du délire et des « gorges chaudes », est publiée en page 4, dans un album photo, par le quotidien gouvernemental, « Cameroon Tribune », édition du lundi, 23 mai 2011. Elle laisse percevoir la poignée de main froide, indifférente, à la limite méprisante du chef de l’Etat Paul Biya à l’adresse du directeur du cabinet civil, Belinga Eboutou, à quelques minutes de son départ pour la ville de Yamoussoukro, où il doit assister à la prestation de serment du président Alassane Dramane Ouattara de la République de Cmote d’Ivoire.

On voit bien comment sur la photo, le chef de l’Etat Paul Biya, salue malgré lui son directeur du cabinet civil la tête ailleurs.  Il n’en fallait pas plus pour courroucer, indigner, provoquer l’ire du directeur du cabinet civil. L’occasion faisant le larron, cette photo aurait pu passer inaperçue, si le cabinet ne s’était pas senti blessé, au point de vouloir faire des remontrances à tout prix, aux directeurs de la Sopecam. Persuadé que si ce n’est une méprise, c’est tout au moins une légèreté des journalistes de Cameroon Tribune, qui ont laissé passer une photographie aussi parlante et démonstrative de l’ambiance qui règne au palais entre le président de la République et ses collaborateurs les plus proches, le directeur du cabinet civil a demandé à son adjoint et Pca de la Sopecam , de remonter les bretelles aux auteurs de la bourde.

Mercredi dernier, Joseph Adersson Le a organisé dans son cabinet situé à l’immeuble « Camnews », une rencontre de vaudou avec les différents responsables de la Sopecam avec en tête de fil, le directeur général, Marie Claire Nana. Sans mettre de gangs, le Pca aurait été sans pitié pour ses collaborateurs auprès de qui il a exprimé le mécontentement de Bélinga Eboutou. Tout en tançant les responsables de la Sopecam , il leur a demandé de doubler de vigilance et de pointillisme sur ce qui est publié dans le quotidien gouvernemental. Joseph Aderson Le aurait demandé aux responsables de ne pas laisser les journalistes (en cette année électorale) prendre trop de libertés sur certaines de leurs émotions qu’ils pensent être des vérités définitives.

Les multiples tentatives de recoupement que nous avons mené auprès de quelques responsables de la Sopecam , pour en savoir plus sur ce qui peut être considéré comme un retour en force de la censure dans le quotidien gouvernemental qui commençait à s’affranchir d’une certaine dictature de l’information, sont restées infructueuses. Personne n’a accepté s’étendre sur le sujet, de peur des représailles.

Conditions de travail dérisoires

Après avoir été vertement « grondé » par la hiérarchie, le rédacteur en chef, Badjang ba Nken, a à son tour convoqué quelques minutes après, ses rédacteurs, pour une petite séance « d’exorcisme ». Sans toutefois leur faire part de sa rencontre avec le Pca, le patron de la rédaction a redéfini certaines orientations et indiqué la nouvelle direction de la boussole. Interpellé sur les problèmes et insuffisances du matériel de travail, de la connexion sur Internet et autres difficultés qui bloquent et ralentissent l’épanouissement et le bon rendement des journalistes, le rédacteur en chef aurait souligné que ce n’est pas la préoccupation de l’heure. « Il a estimé qu’il n’y a pas d’argent pour répondre à toutes les doléances en matière de déploiement et d’amélioration des conditions de travail. Selon lui, l’Etat n’est pas disposé à dégager quelques financements qui soient, avant la phase préparatoire des prochaines élections. Il nous a laissé entendre qu’on pouvait espérer quelque chose de mieux dans ce sens-là, si le chef de l’Etat venait à remanier le gouvernement » explique un journaliste de Cameroon Tribune sous anonymat. Le moins qu’on puisse dire est que, c’est la chasse aux sorcières et davantage un climat de méfiance et de suspicion doublée de panique et de frayeur qui règnent en ce moment à la Sopecam.

Focal: L’argent du cinquantenaire divise Paul Biya et Bélinga Eboutou

Au Palais de l’Unité, la froideur de la poignée de main entre le chef de l’Etat et son directeur du cabinet civil, ne laisse personne indifférente. Chacun y va de son commentaire et ses spéculations. Des sources dignes de foi affirment que la pomme de discorde entre Paul Biya et Bélinga Eboutou, porte sur la gestion des faramineuses sommes débloquées dans le cadre du cinquantenaire célébré l’année dernière. Jusqu’à ce jour, le directeur du cabinet civil n’aurait pas fait une reddition des comptes évidente des dépenses engagées dans cette opération. Ce que depuis lors, ne supporte pas le président de la République.

En attendant que les comptes soient faits, Paul Biya qui avait pensé qu’une partie de l’argent débloqué pouvait permettre d’entamer quelques pans et articulations de la célébration du cinquantenaire de la Réunification , a piqué une colère, en constatant qu’il n’y avait plus d’argent dans les caisses du cinquantenaire. « Le chef de l’Etat était convaincu que l’argent dépensé pouvait en même temps servir à l’organisation du cinquantenaire de la Réunification. Et pourtant, lorsque les langues commencent à se délier du fait qu’à quelques jours de cet évènement qui coïncide si rien ne change avec le mois électoral, c’est le silence et l’indifférence complets. En attendant un éventuel nouvel appel de fonds, le chef de l’Etat a donné des instructions pour que démarrent les activités. Mais rien n’est fait sur le terrain, à cause du manque d’argent » avoue en coulisses, une source de la présidence de la République.  En attendant que le cabinet civil fasse une sortie dans les prochains jours pour expliquer les destinations et les dépenses effectuées avec cet argent, l’atmosphère reste morose, telle une tempête au palais de l’unité entre le chef de l’Etat et son directeur du cabinet civil.

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