12/08/2019 09:53:46
Cameroun /Crise anglophone: Par la faute de Biya, le Sdf boycottera la session parlementaire de novembre et les prochaines élections

Le Social-Démocratic Front (SDF), principal parti de l'opposition camerounaise pourrait ne pas être de la partie pour la prochaine session parlementaire (novembre) consacrée au vote de la loi des finances 2020 ou pour les prochains rendez-vous électoraux si d'ici-là le président Biya n'a pris aucune mesure pour décanter la situation sociopolitique bouleversante dans le NOSO.

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Le 19 novembre 2017, le président du_groupe parlementaire Sdf arrache le micro des mains du Premier ministre Philemeon Yang, tandis que les parlementaires de ce parti poursuivaient l'opération blocus de l'Assemblée Nationale, après avoir tenté en vain de faire inscrire à l'ordre du jour des travaux de cette session, la question de la crise dans les régions anglophones.


Le Social-Démocratic Front (SDF), principal parti de l'opposition camerounaise pourrait ne pas être de la partie pour la prochaine session parlementaire (novembre) consacrée au vote de la loi des finances 2020 ou pour les prochains rendez-vous électoraux si d'ici-là le président Biya n'a pris aucune mesure pour décanter la situation sociopolitique bouleversante dans le NOSO.

Cette position a été rendue publique dans une déclaration rendue publique samedi 10 août 2019 par le président national du SDF, John Fru Ndi, à l'issue d'une réunion ordinaire du comité exécutif national du parti (NEC) au cours de laquelle l'homme politique a une fois de plus tenu le chef de l'Etat camerounais pour responsable de la très sanglante crise en cours depuis trois ans dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Selon monsieur Fru Ndi, c'est la responsabilité du président de la République, « non seulement de mettre fin à la guerre civile, mais également de trouver une solution définitive pouvant créer les conditions favorables à une reprise des activités scolaires début septembre 2019 et à des élections dans la sérénité ». Dans le cas où  son appel  n'était pas entendu, le chef de l'opposition camerounaise menace de boycotter la session budgétaire de novembre: «le SDF sera obligé d'empêcher ses parlementaires d'assister à la session de novembre 2019. Si les élections sont convoquées et tenues dans les circonstances actuelles, le SDF n'y participera pas, car cela reviendrait  à cautionner la sécession du Cameroun».


D'aucuns  voient dans cette dernière sortie du chairman du Sdf une manière pour le leader du principal parti de l'opposition camerounaise de céder aux  "menaces" et "pressions" des groupes armés sécessionnistes anglophones qui l'ont « kidnappé » par deux fois en 2019. Sorti à chaque fois sain et sauf des enlèvements dont il a été victime, Fru Ndi a, à chaque fois, rapporté que ses ravisseurs lui intimaient l'ordre de retirer les députés SDF des différentes chambres du parlement. Ce qu'il aurait catégoriquement refusé.

C'était déjà le cas quand Fru Ndi a été enlevé pour la première fois à Kumbo le 27 avril dernier par des hommes armés se battant pour l'indépendance d'un pays en  projet appelé Ambazonia, alors qu'il était à la tête d'une délégation accompagnant à sa dernière demeure le député SDF  Banadzem. Il avait, dit-on, été séquestré 6 bonnes heures, mais n'avait ni cédé aux menaces des "séparatistes", ni accédé à leurs intimations.
Idem quand il a été  de nouveau "enlevé"  par des hommes armés en milieu d'après-midi du 28 juin 2019 pour n'être libéré que le lendemain 29 juin, la nuit tombée.

«Ils m'ont traîné comme un cochon. Je n'étais rien de mieux qu'un cochon… Ils m'ont traîné hors de la voiture, dans des endroits boueux, sans chaussures et m'ont emmené dans ce qu'ils ont appelé "une cellule". Ils m'ont placé là jusqu'à ce que j'aie un lit en bambou. Si vous regardez bien ici, ils m'ont frappé avec leur arme à peu près cinq fois. Ils m'ont donné deux coups sur le ventre et ont dit "regardez à quel point son ventre était gros" », a raconté Fru Ndi que des observateurs ont qualifié de "grand mystificateur" à propos de cette histoire d'enlèvements, non sans ajouter que ses ravisseurs l'ont forcé à enregistrer une vidéo dans laquelle il devait déclarer qu'il demanderait aux membres du SDF de l'Assemblée nationale, aux sénateurs et aux conseillers de démissionner dans les 24 heures. «Ils ont dit, nous voulons que vous déclariez devant nos caméras que vous feriez sortir votre peuple du Parlement, du Sénat et des conseils dans les prochaines 24 heures. Vous devez le dire ici et maintenant ».

Toujours à l'en croire, il aurait opposé une fin de non recevoir à cette injonction, en  leur rétorquant  qu'il ne le ferait pas sous la menace des armes à feu et qu'il devait lui être expliqué pourquoi les sécessionnistes ne visaient que les parlementaires du SDF. Il leur aurait cependant promis de faire quelque chose qu'il n'a pas révélé aux journalistes, se bornant seulement à annoncer : «Je vais aller à Yaoundé, rencontrer mes députés, mes sénateurs et les maires, pour que nous nous asseyions, discutions et examinions la meilleure façon de procéder, car nous avons notre propre approche de la crise ».

Mais pour revenir au fond de cette actualité, il n'est pas exclu que le SDF soit obligé de mettre sa menace de boycott à exécution, compte tenu de l'obstination du président Biya à résoudre cette crise par la violence armée.

Ndam Njoya Nzoméné

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