16/08/2019 22:59:16
Cameroun : Torturé presque à mort, l'opposant Serge Branco Nana transféré à la prison de Mfou dans un état inquiétant

C'est à une véritable mise en pièces du célèbre partisan de Maurice Kamto que se sont livrés les cerbères de l'administration de la prison centrale de Kondengui, et à leur suite, les tortionnaires professionnels de la gendarmerie nationale...

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C'est à une véritable mise en pièces du célèbre partisan de Maurice Kamto que se sont livrés les cerbères de l'administration de la prison centrale de Kondengui, et à leur suite, les tortionnaires professionnels de la gendarmerie nationale après l'avoir enlevé avec d'autres détenus politiques arbitrairement accusés d'avoir incité à la mutinerie des prisonniers le ce 22 juillet 2019.

Enlevé dans la nuit du 22 au 23 juillet et conduit au Secrétariat d'Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale où il a été confronté, deux semaines durant dans cette prison militaire, à la torture physique dans son acception la plus monstrueuse,  l'opposant Serge Branco Nana, militant du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun du Pr. Maurice Kamto, est dans un état qui laisse craindre pour ses jours.

Copieusement bastonné pendant les trois premiers jours de sa séquestration au SED où des gendarmes partisans de Biya tenaient à venger l'humiliation de Paul Biya par la diaspora lors de son séjour à Genève en Suisse, torturé constamment  à l'électricité dans ses parties intimes, sa bourse notamment, le jeune homme qui présente de nombreux hématomes,   se déplace très difficilement dans la prison de Mfou (à plus de 66 kilomètres de Yaoundé où sont détenus ses autres centaines de camarades) où il a été finalement transféré après le « traitement mortel » dont il a fait l'objet au SED. La difficulté de mobilité de monsieur Nana est due à la bastonnade à la machette sur  la plante des pieds qui a fait enfler gravement sa cheville, ainsi que les coups assénés avec des gourdins sur la jambe, qui lui ont ouvert le tibia gauche, rendant tout mouvement du pied gauche extrêmement douloureux.

Comme s'ils s'étaient passé le mot pour lui laisser un souvenir des mutilations qu'ils lui ont fait subir, les gendarmes ont transformé le dos de l'opposant en un véritable tableau pittoresque  de balafres, stigmates et blessures encore béantes, preuve qu'ils n'y sont pas allés de main morte, eux qui auraient reçu pour consigne – à en croire des sources plus ou moins crédibles- de torturer à mort Mamadou Mota et Serge Branco Nana spécialement.

Des spécialistes de soins de santé qui ont rencontré le prisonnier politique affirment avoir prescrit des scanners de son genou et de sa tête qui risquent d'être marqués à vie par les sévices reçus. Mais les autorités de Yaoundé ne l'entendent pas de cette oreille.

Sandra Andeme

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