17/08/2019 00:00:48
Dénonciation: Une Journaliste agressée et séquestrée dans un commissariat

Notre consœur, Flore Kamga, vient d'être victime d'une agression suivie d'une séquestration dans les cellules au commissariat de Bandjoun. Elle s'y est rendue tôt ce matin dans l'optique de retirer sa Cni.

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Prélèvement des données  lors pour l'établissement d'une pièce d'identité au Cameroun (Illustration)

Notre consœur, Flore Kamga, vient d'être victime d'une agression suivie d'une séquestration dans les cellules au commissariat de Bandjoun. Elle s'y est rendue tôt ce matin dans l'optique de retirer sa Cni.

Le 14 août 2019, à 9 heures 20, Flore Kamga epse Kengne, correspondante de Spectrum télévision (Stv) à Bafoussam, vice-présidente chargée du genre de la section Ouest du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), s'est rendue au commissariat de sécurité publique de Bandjoun, pour s'enquérir de la suite réservée à sa carte nationale d'identité, dont le récépissé a déjà été prorogé trois fois.

Y étant, la préposée à l'identification, une femme en civile, lui a ordonné de mettre son récépissé dans le carton dédié aux requêtes pour fouille alors que ceux qui venaient se faire établir des nouvelles cartes étaient reçus à part.

Une heure trente minutes après, son récépissé n'avait pas bougé alors que la journaliste observait les mouvements d'un «balayeur» des lieux, qui entrait avec des connaissances et retirait leurs cartes. Lorsqu'elle se rapproche de la préposée pour manifester son désir de récupérer son récépissé si elle ne peut être servie, elle sera sommée de se retirer pour attendre.

Les voix montent et un gardien de la paix, de l'aveu de l'Officier de police (OPJ 2) assurant l'intérim du commissaire, la jette en cellule.

Quinze minutes après, il viendra retirer brutalement son téléphone pour l'empêcher de donner l'alerte. Son récépissé est froissé et jeté dans la cellule sans lumière, où elle n'apercevait que des dessins au mur, deux seaux et un vieux matelas. Lorsqu'elle est sortie de là, elle est chassée du commissariat comme une pestiférée. Le récépissé hors d'usage et le téléphone cassé. Face à sa requête, elle est menacée de traduction devant le tribunal ce même jour.

Alertés, 11 membres de la section Snjc-Ouest se sont rendus au bureau du Délégué régional de la sûreté nationale, sous la conduite du président régional du Snjc. Très ouvert, le chef de la Police les a aussitôt reçus et appelé un collaborateur, l'adjoint au Commissaire de sécurité publique de Bandjoun,  à venir livrer sa version des faits.

Au terme de la confrontation, le récépissé de la journaliste a été prorogé et le Délégué s'est engagé à chercher pourquoi l'établissement de la carte traîne. Au sujet du téléphone, il a instruit son collaborateur de prendre des dispositions pour sa réparation immédiate (au cas où cela est possible).

Le Snjc se satisfait de la diligence avec laquelle le Délégué régional a examiné ce cas. Mais il souhaite l'ouverture urgente d'une procédure disciplinaire sur ces agissements qui sont une atteinte grave aux droits de l'Homme et se réserve le droit de poursuivre tous les policiers impliqués dans cette séquestration doublée d'intimidation et d'actes de violence.

Le Snjc s'inquiète de la recrudescence des atteintes aux droits des journalistes, d'autant plus que Guy Modeste Dzudie  Ngamga, journaliste au quotidien Le Messager, a été retrouvé, il y a deux semaines seulement (le 26 juillet 2019), avec des menottes aux poings, à la brigade de recherches I de Bafoussam. Le commandant des céans a prétexté qu'il avait tenté de fuir alors que ceux qui connaissent Guy Modeste Dzudie
attestent qu'il ne peut courir, depuis qu'un accident l'a privé de l'entier usage d'une de ses jambes.

En sus, ces derniers jours, des éléments zélés des Forces de maintien de l'ordre appellent des journalistes avec des numéros masqués pour leur proférer des menaces après le traitement de certains sujets. Souvent, ils essayent d'empêcher le travail des journalistes.

Fait à Bafoussam, le 14 août 2019

Source : https://www.panoramapapers.com/cameroun-denonciation-une-journaliste-agressee-et-sequestree-dans-un-commissariat/

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