20/08/2019 13:21:56
Cameroun-Tribunal militaire : Un an et demi après leur kidnapping au Nigeria, les leaders ambazoniens Ayuk Tabe & Cie condamnés à perpétuité
Kidnappés au Nigeria début janvier 2018 et extradés au Cameroun dans des conditions  qui dénotent le caractère d'Etat policier du Cameroun,  les leaders sécessionnistes d anglophone projetant la mise sur pied de l'Etat d'Ambazonie ont été finalement condamnés lundi tard dans la nuit par la justice militaire camerounaise.
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Julius Ayuk tabe dit "Sissiku", président du Gouvernement provisoire de la "République Fédérale d'Ambazonie"

Kidnappés au Nigeria début janvier 2018 et extradés au Cameroun dans des conditions  qui dénotent le caractère d'Etat policier du Cameroun,  les leaders sécessionnistes d anglophone projetant la mise sur pied de l'Etat d'Ambazonie ont été finalement condamnés lundi tard dans la nuit par la justice militaire camerounaise.

La perpétuité
La main de cette dernière aura été des plus lourdes contre ces personnes qui, dès leurs premières comparutions, ont toujours nié toutes légalité et légitimité à la justice (militaire) camerounaise pour les juger, mettant en exergue leur enlèvement par les services camerounais sur le sol nigérian qui frisait plutôt la prise d'otage.

Ce fut le cas lors de leur première comparution le 6 décembre 2018 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Lorsque le  nom  et la nationalité de Julius Ayuk Tabe ren lus, il rejet a sa nationalité camerounaise et ses compagnons en firent autant.

« Les dix accusés (dont M. Ayuk Tabe) ont été condamnés à la prison à vie pour terrorisme et sécession notamment »,  a informé  l'avocat de l'Etat Me Martin Luther Achet  réagissant auprès de nos confrères de l'AFP.

Une insulte aux adeptes du dialogue à tout prix
Cette condamnation intervient alors que le gouvernement camerounais qui chapeaute la justice militaire dit faire des pieds et des mains pour sortir les groupes armés séparatistes du maquis afin de normaliser la situation. Un acte qui ne peut donc être que contreproductif, car dès lors, les forces sécessionnistes perçoivent cela comme une provocation, mieux un défi qu'ils doivent à tout prix relever.

Difficile à cet égard de parier sur une possible rentrée scolaire dans les deux régions anglophones après ce pied de nez du gouvernement et de la justice à ses ordres qui viennent d'enterrer l'espoir d'un dialogue qu'avait suscité en janvier dernier, l'annonce par un des avocats des leaders sécessionnistes de la disposition de son client à négocier directement avec le président camerounais Paul Biya, à condition que les négociations se déroulent hors du Cameroun, et qu'elles soient précédées par  un cessez-le-feu, la libération de toutes les personnes arrêtées et une amnistie générale.

Les entrepreneurs de guerre du côté du gouvernement ont-ils considéré cette démarche apaisante comme un aveu de faiblesse et décidé de pousser le bouchon plus loin pour acculer leurs adversaires et en obtenir la reddition sans contrepartie ?
Probablement. Mais les chances d'atteindre l'objectif visé parait des plus minces. 

Bob Ayuk

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