02/06/2011 04:10:05
Côte d'Ivoire: Le «gouvernement d'union nationale»
En lieu et place d'une volonté d'union et de réconciliation nationales, le signal fort envoyé par ce gouvernement est une "ethnisation" et un esprit revenchard.
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Attendu depuis un peu plus d'un mois, le premier véritable gouvernement de Ouattara a été devoilé  ce mercredi 1er juin, devant la presse, par le secrétaire général de la présidence ivoirienne, M  Amadou Gon Coulibaly.
C'est le 21 Mai dernier que M Ouattara a été solennellement investi président de la république, à la suite d'une longue crise  meurtrière qui a  fait plus de 3000 morts et de  nombreux déplacés de guerre. L'Union Africaine avait lors du dernier sommet à Addis-Ababa en Ethiopie, fait la recommandation d'une politique de la "main tendue". Un gouvernement d'union nationale incluant les membres du FPI, parti de M Gbagbo, était pour ainsi dire largement souhaité. Cependant les indiscrétions de  l'entourage de l'actuel président ivoirien avaient deja soufflé que M Allassane ne se sentait plus vraiment obligé de tendre cette main compte tenu  du refus de  Gbagbo  d'appliquer  les recommandations de L'Union Africaine dans leur intégralité.

Aujourd'hui ce gouvernement est formé et le FPI en est absent. Le parti de  Gbagbo aurait posé des conditions à sa participation, notamment la libération du président et de ses autres responsables actuellement en détention.

Il apparait clairement qu'Alassane Ouattara a râté le coche pour au moins  trois raisons.

La première est qu'avec l'absence du FPI ce gouvernement ne peut  se prévaloir de l'étiquette de "gouvernement d'union nationale" qu'avait vivement souhaité l'union Africaine. Les adversaires politiques sont toujours emprisonnés et seront jugés selon M Ouattara. De quoi les accusent t'on ? D'avoir tiré sur les civils ? D'avoir acheté des armes alors que la côte d'ivoire était sous embargo ?... La véritable difficulté est que chacun des chefs d'accusation en direction de M Gbagbo peut être tout autant retourné a l'encontre  du couple Ouattara-Soro. Leurs soldats étaient tout aussi equipés de moyens militaires  flambant neufs et tres sophistiqués alors que le pays etait sous embargo. Comment ont ils eu ces moyens?

Aussi, Il ya eu  trois a quatre fois plus de civils massacrés par les troupes de M Ouattara qu'il y en a eu tués par celles  du président Gbagbo.

La seconde raison est que selon les différents rapports de différentes organisations humanitaires et des droits de l'homme M Soro guillaume a beaucoup de sang sur les mains depuis 2002. La "justice des vainqueurs" veut  être implacable contre les "vaincus" et s'auto amnistier. Mais, en le conservant comme premier ministre M Ouattara "officialise" ses liaisons avec l'ex rébellion  et se trouve eclaboussé par tout le sang que celle-ci a versé depuis 2002. Si gbagbo devrait être poursuivi devant des tribunaux internationaux,  le couple Ouattara/Soro devrait logiquement  l'être tout autant. Par contre, le choix d'un premier-ministre,  non-nordiste et issu par exemple de la société civile aurait été un véritable gage de reconcilaition nationale, important.

La troisième  et dernière raison est la coloration ethnique très prononcée de ce gouvernement. Il est composé dans sa très large majorité de nordistes et de baoulés. En lieu et place d'une volonté d'union et de réconciliation nationales, le signal fort envoyé par ce gouvernement est une "ethnisation" et un esprit revenchard.

M Ouattara creuse pour ainsi dire le lit d'une  autre rébellion que va alimenter les frustés d'aujourdh'ui.  De plus l'absence de signaux forts adressés au peuple Gueré  dont la population  a été masssacré a Duekoué au nez et à la barde des soldats de l'ONUCI passifs  est très dévastateur pour ce peuple. La superorité d'Houphouet Boigny sur ses successeurs était cette habilité a effectuer ces savants équilibres géopolitiques   de sorte que pratiquement aucune des 65 ethnies qui composant la côte d'ivoire ne se trouvait meprisée ou laissée au bord du chemin. 

De même que M Sarkozy avait affiché un comportement decomplexé par rapport à l'argent et aux riches au début de son mandat M Alassane affiche le même comportement decomplexé par rapport aux problèmes ethniques.

Il y a danger pour la cohésion nationale même si le gouvernement prévoit une campagne et des "mots" pour la réconciliation nationale. Ses premiers actes vont a l'opposé de ce qui est "chanté". En effet, M Ouattara, avec la complicité de la France fait le pari de s'appuyer lourdement sur les baoulés (ethnie du centre de la côte d'ivoire dont est originaire Houphouet Boigny) et les malinkés du nord contre les peuples du sud, en particiulier les bétés, qui n'ont pas voté pour lui. 

Nomenclature du "nouveau gouvernement"



1. Premier Ministre, Ministre de la Défense : M. Guillaume Kigbafori SORO

2. Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice : Me Jeannot Kouadio AHOUSSOU

3. Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur : M. Hamed BAKAYOKO

4. Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères : M. Daniel Kablan DUNCAN

5. Ministre d’Etat, Ministre de l’Emploi, des Affaires Sociales et de la Solidarité : M. Gilbert Kafana KONE

6. Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement : M. Albert Toikeusse MABRI

7. Ministre de l’Economie et des Finances : M. Charles Koffi DIBY

8. Ministre de l’Industrie : M. Moussa DOSSO

9. Ministre des Infrastructures Economiques : M. Patrick ACHI

10. Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie : M. Adama TOUNGARA

11. Ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA : Prof. Thérèse Aya N’DRI YOMAN

12. Ministre de l’Education Nationale : Mme Kandia Kamissoko CAMARA

13. Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative : M. Konan GNAMIEN

14. Ministre de l’Artisanat et de la Promotion des PME : M. Sidiki KONATE

15. Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : M. Ibrahima CISSE

16. Ministre des Ressources Animales et Halieutiques : M. Kobena Kouassi ADJOUMANI

17. Ministre de l’Agriculture : M. Mamadou Sangafowa COULIBALY

18. Ministre du Commerce : M. Dagobert BANZIO

19. Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : M. Albert FLINDE

20. Ministre chargé des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques : M. Gnénéma COULIBALY

21. Ministre de la Culture et de la Francophonie : M. Maurice Kouakou BANDAMA

22. Ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant : Mme Raymonde Goudou COFFIE

23. Ministre de la Communication : M. Souleymane Coty DIAKITE

24. Ministre de l’Environnement et du Développement durable : M. Rémi Kouadio ALLAH

25. Ministre du Tourisme : M. Charles Aké ATCHIMON

26. Ministre de la Construction, de l’Assainissement et de l’Urbanisme : M. Mamadou SANOGO

27. Ministre des Sports et Loisirs : M. Philippe LEGRE

28. Ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication : M. Bruno Nabagné KONE

29. Ministre des Transports : M. Gaoussou TOURE

30. Ministre des Eaux et Forêts : M. Clément Boueka NABO

31. Ministre chargé de l’Intégration Africaine : M. Adama BICTOGO

32. Ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique : M. Alain Michel LOBOGNON

33. Ministre de la Promotion du Logement : Mme Nialé KABA

34. Ministre chargé des Ex-combattants et des Victimes de Guerre : M. Mathieu Babaud DARRET

35. Ministre de la Salubrité Urbaine : Mme Anne Désirée OULOTO

36. Ministre délégué auprès du Premier Ministre, Ministre de la Défense : M. Paul Koffi KOFFI

rpicault (lepost) / Sévérine Toche

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE