07/06/2011 03:41:34
Cavaye réclame la tête de Iya Mohammed
« Le coton camerounais file du mauvais coton »
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

A l’issue de son discours inaugural de la session de juin, le président de l’Assemblée nationale (Pan) a clairement contesté la gestion de la Sodecoton et le cumul de fonctions de son directeur général avec d’autres affaires publiques. Lors de son discours prononcé au cours de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire de juin.

 « Le coton camerounais file du mauvais coton ». Le président de la chambre basse du parlement est allé chercher cette formule prisée par les journalistes pour décrier la gestion du développement du coton camerounais. Cavaye Yéguié Djibril qui ouvrait hier, 6 juin 2011 la session ordinaire de l’Assemblée nationale, n’est par passé par quatre chemins pour le faire savoir. Le Pan a réservé une importante partie de son discours à la société de développement de la culture du coton (Sodecoton) en déplorant  l’impuissance de l’entreprise face au phénomène de la désaffection des producteurs et l’évasion massive du peu de production qui reste. Sans compter que « les préposés aux garde-fou de l’Etat sont devenus aujourd’hui les acteurs de la fuite de la production nationale ».

Pour enfoncer le clou, Cavaye Yéguié Djibril a tancé le management de cette entreprise. En revendiquant l’arrivée à la tête de la Sodecoton  d’ « hommes disponibles et qui ne seraient pas partagés entre des multiples passions  car, le coton camerounais ne saurait se gérer en dilettante ou à distance à partir de lointaines arènes ». Aussi, « le gouvernement a-t-il la confiance de l’Assemblée nationale. Les députés sont disposés à prendre de toutes les mesures utiles et pertinentes afin de remettre le coton camerounais sur sa trajectoire ».

Face à la salve d’applaudissements que lui font les élus du peuple, certains membres du gouvernement et les membres du conseil national de la jeunesse invités à la plénière d’ouverture, le Pan va dresser le bilan de la gestion du coton camerounais, « mamelle nourricière du grand Nord » qu’il subodore ne pas être des plus reluisants. Il note la chute drastique de la production nationale, passée de 300. 000 tonnes en 1995 – 1996 à 14.000 tonnes en 2008. Ce qu’il impute toujours au management de l’entreprise. Ainsi, pose-t-il une série de questions symptomatiques de l’état d’esprit du sérail sur la gestion de ce pilier de l’économie nationale : « le ver est – il dans le fruit ? En d’autres termes la Sodecoton porte – t – elle les germes de sa propre destruction ?  Est-ce la mort programmée de la société ? Les mesures gouvernementales seraient elles insuffisantes ? ». La deuxième du Cameroun n’y voit exclusivement comme solution qu’un management adapté et la revue des contours de la production et de la commercialisation de ce produit industriel.

Coïncidence

Au moment où Cavaye Yéguié Djibril prononce son discours, tous les journalistes présents dans l’hémicycle de Ngoa-Ekellé hier après midi ont présent à l’esprit que c’est Iya Mohammed, président de la fédération camerounaise de football qui est le directeur général de la Sodecoton. Et donc, que l’allusion du Pan à des « hommes disponibles et qui ne seraient pas partagés entre des passions multiples car, le coton camerounais ne saurait se gérer en dilettante ou à distance à partir de lointaines arènes » lui est bien destinée. Mais comble de coïncidence, remarqueront de nombreux députés après la plénière, ce discours intervient deux jours seulement après le match nul synonyme de l’élimination des Lions Indomptables la Coupe d’Afrique des nations de football.

Mais aussi après l’audition de Iya Mohammed à la direction de la police judiciaire (Dpj) le 24 mai 2011 au sujet des fonds alloués à la fécafoot par l’Etat pour la prise en charge de la sélection nationale au cours de la dernière coupe du monde. Et enfin, le clash avec l’un des vice-président de l’instance faîtière du football, David Mayebi. Ces accusations seraient–elles la belle parade pour dégommer le tout-puissant président de la Fecafoot depuis 1998 sans se faire remonter les bretelles par la Fifa qui pourrait crier à l’immixtion du gouvernement dans la gestion de football ? Question à un sou… Alors, l’autre interrogation qui s’impose est celle de savoir si les heures de liberté d’Iya Mohammed sont désormais comptées. 

Focal: La réponse d’Iya Mohammed depuis la France

Joint au téléphone depuis son séjour français, Iya Mohammed, directeur général  de la Sodecoton depuis 1984 a dit tomber des nues à la suite de la sortie du président de l’Assemblée nationale. Après avoir confié au Messager que c’est au cours du même échange téléphonique qu’il prend connaissance des extraits du contenu du discours du Pan, il dit être surpris de ces annonces si effectivement elles ont été faites par Cavaye Yeguié Djibril, puisque la Sodecoton ne se porte pas aussi mal. Mais souligne-t-il, si le Pan avait fait ces déclarations telles qu’elles lui sont rapportées, il n’oserait pas avoir de réaction. Cependant, il précise que : « je suis actuellement en mission officielle  pour des activités liées à la gestion de cette société en France. Je participe en effet à une assemblée générale de la Socea, une sorte de filiale de la Sodecoton. Après ces travaux je serais de retour au Cameroun », avec un ton empreint d’une totale sérénité.

Rodrigue N. TONGUE

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE