07/06/2011 03:48:36
Grogne: Les enseignants du secondaire annoncent une grève
Ils ont saisi le Premier ministre pour lui faire part de cette intention née de la condition déplorable des enseignants camerounais.
Le Messager
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Jusqu’au 15 juillet 2011. C’est le délai accordé au gouvernement par les membres du Syndicat national autonome de l’enseignement secondaire (Snaes) et Teachers associations of Cameroon « pour apporter une réponse complète et satisfaisante» à leurs revendications. Lesquelles ont été rappelées dans un préavis de grève adressé au Premier ministre, chef du gouvernement en date du 25 mai 2011. Une décision prise à l’issue de multiples consultations entre les bureaux desdits syndicats, ayant permis de réexaminer la situation déplorable de l’enseignant camerounais à la lumière des promesses non tenues du gouvernement comme l’indique les signataires de ce préavis, notamment Roger Kaffo Fokou et Ninjoh Paul Mbusheko respectivement secrétaire général du Snaes et président du Tac.

Au cours de leurs réunions, les participants ont soulevé les revendications suivantes : le non paiement de la prime de documentation et de recherche onze ans après la signature par le chef de l’Etat d’un statut particulier des enseignants dont le texte d’application reste attendu ; le rééchelonnement et la revalorisation indiciaires promis mais qui malheureusement tardent à voir le jour onze ans après la signature du statut particulier des enseignants ; l’engagement non tenu d’étendre l’application des droits contenus dans ce statut aux enseignants d’éducation physiques et sportives ; l’engagement pris, puis oublié de négocier et d’adopter une convention collective pour les enseignants du secteur privé ; les montants dérisoires et ridicules des vacations payées aux intervenants aux examens relevant de la direction des examens, des concours et de la certification (Decc) et que le décret n°2010/1546/PM du 25 mai 2010 n’améliore guère de façon sensible.

Au regard de ces revendications, les bureaux du Snaes et du Tac exigent dans l’immédiat le paiement de la prime de documentation et de recherche qui s’élève à 50 000Fcfa pour les enseignants du secondaire et 35 000Fcfa pour ceux de la base ; l’extension de tous les droits contenus dans le statut aux enseignants d’Eps ; l’adoption et l’application d’une convention collective de l’enseignement privé ; la convocation d’une assise pour la mise en œuvre des autres aspects non appliqués du statut des enseignants du 5 décembre 2000 (rééchelonnement, palmes académiques...) ainsi que des modalités de revalorisations substantielles des conditions de vie et d’exercice du métier.

Menace sur la rentrée scolaire prochaine

Le gouvernement dispose de quelques semaines pour s’exécuter. Précisément, « jusqu’au 15 juillet 2011 » faute de quoi, « les responsables de ces syndicats se retrouvant au terme de ce délai, évalueront la situation et décideront des actions à entreprendre pour faire aboutir les revendications des enseignants », préviennent les signataires. A ce sujet, des mesures sont déjà prises pour mobiliser les enseignants dans le cas d’une grève qui « n’aura lieu que si les autorités de l’Etat refusent, à la date de son entrée en vigueur de respecter leurs promesses par l’application immédiate, intégrale et satisfaisante du statut particulier des enseignants conformément aux compromis antérieurement négociés ».

Dans un appel aux enseignants, les signataires déclinent les modalités d’application de leur plan d’action prévu pour la rentrée scolaire 2011- 2012 au cas où. Ils y indiquent aussi qui est le bénéficiaire de cette lutte : le peuple camerounais à travers sa jeunesse. Première victime des grèves à répétition, cette dernière aura des éducateurs plus motivés pour la guider, si cette lutte abouti à travers la résolution des problèmes posés. Au regard des enjeux, ceux qui briseront le mot d’ordre sont d’avance prévenus : « les responsables syndicaux à la base feront ce qu’il faut pour que la postérité n’oublie pas ces briseurs de grève [qui] auront choisi de se présenter publiquement comme les ennemis non seulement de leur profession, mais surtout de la jeunesse scolaire ».

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