08/06/2011 02:45:11
Cameroun: L'aide publique à la communication privée revue à la baisse
Déception ! Le mot n’est pas fort pour exprimer le sentiment de nombreux directeurs de publication au sortir d’une concertation avec le ministre de la communication hier mardi, 7 juin 2011. L’enveloppe passe de 150 à 135 millions Fcfa.
Le Messager
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L’enveloppe subit une baisse drastique de 15 millions Fcfa

C’est du moins la substance d’une communication de Issa Tchiroma, patron de la Com au cours d’une rencontre avec les directeurs de publication et autres responsables des entreprises privées de communication sociale hier à Yaoundé.

Déception ! Le mot n’est pas fort pour exprimer le sentiment de nombreux directeurs de publication au sortir d’une concertation avec le ministre de la communication hier mardi, 7 juin 2011. La rencontre qui s’est déroulée dans l’une des salles des conférences de ce département ministériel avait pour objectif selon les termes du communiqué d’invitation d’examiner les méthodes d’attribution de l’aide publique à la presse privée.  De quoi mettre de l’eau dans la bouche de nombreux participants qui en espérait beaucoup. « Je croyais que cette aide avait augmenté et que c’est pour cette raison que le ministre nous a appelés pour savoir exactement comment partager cet argent. Ma première surprise a été de constater qu’au lieu qu’elle soit augmentée, cette aide a été plutôt réduite. Je suis déçu. Le gouvernement nous a appelés ici pour rien », déclare Bosco Tchoubet, promoteur de la radio Tbc. En outre s’offusque-t-il, les modalités dénoncées comme désavantageux pour les directeurs de publication vont être maintenues.

Drapé dans sa gandoura, Issa Tchiroma, qu’assistait certains collaborateurs, annonce pince sans rire que l’aide publique à la presse privée a été revue à la baisse. Concrètement, elle est passée de 150 millions de Fcfa à 135 millions de Fcfa soit une réduction de 15 millions Fcfa. Suffisant pour créer un tollé au sein du public présent. Ce montant « représente une insertion dans un magazine étranger sous le prétexte que vous voulez vendre l’image du pays », assène Pierre Clément Tjomb, directeur de publication de Envoyé spécial. François Fogno Fotso de Génération libre estime qu’en versant cette somme à plus de 300 organes de presse: « l’Etat du Cameroun continue de clochardiser sa presse. C’est se moquer de sa presse parce que avec ces 135 millions ailleurs, c’est un encart qu’il paye notamment dans les journaux étrangers. On n’ignore pas qu’au Cameroun, on verse 4 à 7 milliards de Fcfa aux partis politiques qui anime également la démocratie. Ça nous gêne un peu et on se demande s’il faut continuer à prendre ou ne pas prendre ».

 
Issa Tchiroma s’est trompé... encore !

Certains, à l’instar  de Dieudonné Mveng, directeur de publication de La Météo , affichent leur intention de ne point soumissionner. Du vent ? Probablement pense Magnus Mbiaga, Dp d’Emergence, pour qui, « pour qu’une telle décision ait de l’effet, elle doit être collective. Mais vous savez que dans ce domaine d’argent, les gens sont toujours très frileux, ils vont dire officiellement qu’ils ne vont pas prendre, mais derrière ils vont le faire. Personnellement, je vais soumissionner », conclut-il. François Fotso est du même avis parce qu’il s’agit, estime-t-il, de « l’argent du contribuable, on va prendre ».

En annonçant une baisse de l’aide publique à la presse privée, le ministre de la Communication s’est trompé. C’est du moins l’avis de nombreux observateurs présents à cette rencontre d’hier. L’un d’eux notamment Pierre Clément Tjomb, directeur de publication de Envoyé spécial n’a pas pu s’empêcher de le faire remarquer au conférencier du jour. En réalité a-t-il indiqué, l’enveloppe si on s’en réfère à la loi, n’a jamais changé. Elle a toujours été de 150 millions Fcfa sur lequel le ministère des Finances prélève 10% de Tva soit les 15 millions de Fcfa présentés comme réduction. « ...A un moment donné, c’était 200 millions pour la simple raison qu’il y a eu des gestes spéciaux. Ça signifie tout simplement qu’on est resté dans les mécanismes de la loi. Puis qu’il s’agit d’une année charnière, il n’y a rien de nouveau sous le soleil »

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