10/06/2011 01:24:55
Conflits fratricides au Rdpc: René Sadi pour désamorcer la bombe à Kribi
Le patron administratif du Rdpc ira enfin dans le chef lieu du département de l’Océan pour tenter de résoudre la querelle de frères qui oppose les têtes de proue du « parti des flammes».
Le Messager
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Le patron administratif du Rdpc ira enfin dans le chef lieu du département de l’Océan pour tenter de résoudre la querelle de frères qui oppose les têtes de proue du « parti des flammes».

Kribi, le 11 juin 2011 sera-t-il finalement le tournant définitif qui va  sonner la réconciliation des militants du Rdpc dans le département de l’Océan, à l’occasion de la visite du secrétaire général du comité central du parti ? Difficile de répondre par l’affirmative, au regard de la carte sociopolitique du département. Et les multiples reports du déplacement du patron administratif du «parti des flammes» dans la cité balnéaire.

Si l’année dernière les divers « camps »  en concurrence au sein même du parti, du moins leurs leaders ont choisi de faire la paix des braves au cours de  la cérémonie de remise d’une aide spéciale de 27 millions Fcfa de Paul Biya  à 53  sinistrés du marché de Nkolbiteng, un an avant soit, le 15 juin 2010, il n’en a pas été de même chez leurs partisans respectifs. Alors que ceux acquis au député Martin Oyono s’évertuaient à indiquer que l’aboutissement de cette cérémonie est l’œuvre de leur «champion», recevant même en cela l’adoubement de certains officiels dans leurs discours à l’instar de Luc Jacques Mazo, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Kribi, une radio locale n’a ménagé ni son temps, ni ses antennes pour indiquer que la cérémonie de ce jour n’était autre que la manifestation «de la sollicitude du président Paul Biya» à l’endroit de ceux qui ont vu leurs commerces partir en fumée dans la nuit du 26 au 27 avril dernier. Elle indiquait dans la foulée que «la présente cérémonie ne devrait être l’objet d’aucune tentative de récupération de quelque élite».

C’est dans cette ambiance sulfureuse que  Joseph Le représentant personnel du chef de l’Etat à la cérémonie de ce jour-là  est monté au créneau pour appeler à un cessez le feu entre les ressortissants de l’Océan « Ensemble, vous devez donc travailler pour que les ambitions que vous nourrissez tous pour cette ville se réalisent », indiquait-il en faisant allusion aux nombreux projets structurants annoncés dans la ville de Kribi, et dont certains devraient prendre corps cette année. Et de poursuivre : « Il est donc inutile de se déchirer. Il est complètement inutile de vous tirer dessus, les uns sur les autres».

Mais le voyage du directeur du cabinet civil n’a pas visiblement désamorcé la bombe. Puisque les tenants des deux camps se regardent toujours en chiens de faïence. Au point où des responsables du parti qui se revendiquent neutres estiment  qu’il est urgent que René Sadi descende enfin à Kribi pour tirer la situation au clair. La précédente visite du secrétaire général du comité central du Rdpc, prévue pour le samedi, 8 mai 2010, étant  reportée en dernière minute.

En rappel, la chronique mondaine rapporte que  les principaux protagonistes de la crise à peine larvée de l’Océan sont parrainés par le Pr. Joseph Owona, le maire de Lolodorf, Emmanuel Nguiamba Nloutsiri, l’actuel secrétaire général des services du Premier ministre,

Jules Doret Ndongo. Elle met Sadi au défi de les réconcilier.

Le Rdpc sur le terrain. René Sadi en sapeur pompier à Esse

Le secrétaire général du comité central du Rdpc s’est  rendu  jeudi 9 juin 2011  dans cet arrondissement, fief du parti au pouvoir où  les intrigues entre élites et militants du parti au pouvoir sont légion.

 

La visite était annoncée pour la semaine dernière. Pour des raisons officiellement inconnues, elle a été reportée à hier jeudi 09 juin 2011. Conformément au communiqué publié dans le journal L’Action et diffusé par les médias d’Etat, René Emmanuel Sadi, le secrétaire général du comité central a présidé un meeting du « Parti des flammes » à Esse. Pour cette première visite d’un secrétaire général du comité central d’un parti au pouvoir au Cameroun à Esse, René Sadi a été accompagné d’une « importante délégation des hauts cadres ». Cette visite du Sg du Rdpc à Esse  n’est en fait pas fortuite. Esse comme les bourgades telles que Awae, Olanguina, Afanloum constituent dans le département de la Mefou et Afamba dont le chef lieu est Mfou, ce qu’on appelle dans la région du Centre, «le pays Mvele ». Les Mveles forment l’une des grandes composantes ethniques du grand groupe Beti de la région du Centre Cameroun.

Le pays Mvele est ainsi situé dans un vaste territoire qui est limitrophe, au Nord avec la Haute Sanaga , à l’Est avec respectivement le Haut Nyong et le Nyong et Mfoumou, à l’Ouest avec la Lékié , et au Sud avec le Mfoundi. Sur le plan économique, le pays Mvele est l’un des grands greniers agricoles de la capitale camerounaise. Ce sont les braves paysannes du pays Mvele qui alimentent principalement chaque jour le grand marché du quartier Essos à Yaoundé, dans l’arrondissement de Yaoundé 5è.

On y voit toutes les nuits des véhicules pick-up pleins de vivres agricoles provenant des villages du pays Mvele. Sur le plan culturel, les artistes musiciens spécialisés  dans le rythme musical Bikutsi le plus talentueux du Cameroun sont originaires pour la plupart du pays Mvele. On peut citer entre autres les vénérables feux Messi Martin, Fame Nzengue, mais aussi les orfèvres tels qu’Ange Ebogo Emerant, Tonton Ebogo, Bisso Solo, et autres.

Enclavement manifeste

Curieusement, le pays Mvele est aussi l’un des terroirs de la région du Centre les plus enclavés. Les routes sont rarement entretenues. En saison pluvieuse, rallier en voiture ou à motocyclette la plupart des villages de l’arrondissement d’Esse situé à 60 km de la capitale, demande parfois toute une journée de calvaire. A cela s’ajoute le manque des infrastructures sociales de bases, tels que les cases santé, et les écoles loties de matériels pédagogiques adéquats. Jusqu’à ce jour, l’électrification rurale et l’adduction en eau potable y sont à l’état  embryonnaire. Est-ce pour marquer leurs frustrations qu’au début des années 90, le pays Mvele s’est montré rebelle, en adhérant assez massivement dans l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), alors présenté comme étant le « parti politique de l’opposition responsable » ?

On se souvient en tout cas qu’une élite de cette région, le nommé Abanda Metogo, économiste de renom (il fut directeur général de l’ex-Banque camerounaise de développement), ancien membre du comité central de l’Undp, avait entraîné avec lui un grand nombre de ses frères dans l’opposition. Il a fallu que Paul Biya ramène aux affaires un certain Melingui Roger, ancien directeur général de l’ex-Office national de commercialisation des produits de bases (Oncpb), comme ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des finances, pour le peuple Mvele mettent un peu de mesure à leur rancœur contre le régime Biya. Mais depuis que Roger Melingui a quitté le gouvernement, les Mvele n’ont plus eu de ministre plein au gouvernement de la République. La nomination de madame Catherine Abena comme secrétaire d’Etat auprès du ministère des Enseignements secondaires avait suscité quelques espoirs en termes de présence au sein de la « mangeoire nationale ».

Bâtons dans les roues

Mais son éviction de l’équipe gouvernementale, et son arrestation récente dans le cadre de l’Opération Epervier, qualifié par elle d’injuste, a ravivé des rancœurs. Toute fois, pour ne pas montrer que tout le peuple Mvele est contre Paul Biya, certaines élites de cette ethnie, notamment ceux d’Esse, «ont commencé à jouer les opportunistes ». Parmi ceux-ci, on cite à tort ou à raison le nom de l’ex-ministre Melingui Roger, qui semble avoir beaucoup œuvré pour la présente venue du secrétaire général du comité central du Rdpc à Esse. Mais comme en pays Mvele, selon des témoignages dignes de foi, l’entente entre élites proches du pouvoir est la chose la moins partagée,  les divisons se sont ravivées. Elles opposaient d’abord les élites Mvele entre elles, d’une part, et d’autre part, les autres élites non Mvele de la Mefou et Afamba, notamment celles originaires de Mfou, qui ne voyaient pas d’un bon œil cette visite à Esse. En réalité chacune des élites de la Mefou et Afamba en général, et principalement du pays Mvele, souhaite à titre individuel bénéficier des dividendes de cette visite du patron administratif du parti au pouvoir, au cas où.

Pour sa part, René Emmanuel Sadi s’est  rendu à Esse, en sachant qu’il est dans une région des frères qui se bouffent le nez, et se mettent les bâtons dans les roues. Esse est donc un volcan qui bouillonne et face auquel le sg du comité central  a  joué les sapeurs pompiers.

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