14/06/2011 03:31:43
Présidentielle 2011: Le Sdf joue à cache-cache
La rencontre du comité exécutif national de ce week-end a accouché d’une souris.
Le Messager
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A quand la tenue du congrès du Social democratic front (Sdf) ? Cette question des journalistes aux responsables de ce parti dont le Pr Ndiva Kofele Kale, ministre de la Justice du Shadow cabinet, est restée sans réponse. Pourtant, le mandat du comité exécutif national actuel a expiré depuis le mois de mai dernier. Le congrès, lieu par excellence du renouvellement de cet organe, et a fortiori de désignation du candidat du Sdf pour la présidentielle, n’est pas toujours annoncé.

Un mystère savamment entretenu par la direction du parti entoure la date de sa tenue. Pr Ndiva Kofele Kale, commis pour briefer la presse dimanche, 12 juin dernier au sortir de la réunion du Nec, a laissé entendre que « l’environnement électoral n’est pas clair pour nous. Parler de la désignation de notre candidat pour la présidentielle est prématurée parce que Elecam ne nous  rassure pas qu’il peut conduire cette élection de manière à ce que les Camerounais acceptent les résultats comme reflétant quelque chose de libre, de juste et de transparent».

Pour le Sdf, la balle est dans l’autre camp, entendez, celui du pouvoir en place, dont « le président et le gouvernement [doivent] écouter nos préoccupations et réserves et réagir ». C’est dans cet esprit que le Nec entendait voir évoluer le rapprochement entamé depuis le 10 décembre 2010 entre Fru Ndi, chairman du Sdf et le président de la République , Paul Biya. Depuis le fameux tête à tête, les autres rencontres de ces deux personnalités se sont limitées aux simples poignées de mains. Le mémorandum remis par le leader de l’opposition au chef de l’Etat n’a jusque-là fait l’objet d’aucun entretien entre les deux personnalités.

Pagnes et T-shirts

A en croire Pr Ndiva Kofele Kale, «  l’augmentation de six membres au conseil d’Elecam ne résout pas la question de la neutralité des 12 premiers ». Le ministre de la Justice du gouvernement fantôme du Sdf rame ainsi à contre-courant des précédentes déclarations de John Fru Ndi qui réclamait à cor et à cri que les six nouveaux postes à pourvoir du conseil soient attribués aux membres de son parti. Chef Tchatchouang membre du Nec, ancien vice-président à l’Assemblée nationale, soutient la position de  Ndiva Kofele Kale : « Nos remarques contenues dans les onze points pouvaient servir au perfectionnement du processus. Mais au lieu de le faire, on cherche plutôt notre intégration. Et c’est ce que visait la révision des textes d’Elecam du mois d’avril dernier, tout faire pour intégrer le Sdf. Nous ne luttions pas pour notre intégration au sein d’Elecam», fustige chef Tchatchouang pour qui, « le processus mérite d’être perfectionné. Nous avons émis 11 points. A ce jour, aucun de ces points n’est résolu ». Le minimum « acceptable » selon le Sdf pour prendre part au prochain scrutin, réside dans la neutralité d’Elecam. «  Qu’on y mette des personnes qui n’appartiennent pas à un parti politique. Quand nous avons fait l’état des lieux, sur les 12 membres du conseil, on a constaté qu’il y avait au moins 9 qui sont soit membre du comité central, soit membres du bureau politique du Rdpc  ».

A l’observation, le Sdf a opté de jouer à cache-cache avec le pouvoir. Son plan d’action et/ou stratégie serait ainsi fondée sur les caprices et programmations du gouvernement en place et singulièrement du parti au pouvoir. D’où le mystère qui entoure la date du congrès électif du Sdf comme l’a reconnu chef Tchatchouang : « Le congrès a été reporté parce que nous espérions que les choses pouvaient évoluer et nous permettre d’avoir une lisibilité avant de nous engager ». La décision du chef de l’Etat instituant la gratuité de l’établissement de la carte nationale d’identité démontre, à en croire chef Tchatchouang, que « le pouvoir est dans l’impasse. Cette impasse peut se vérifier à travers le comportement de ceux qui gouvernent. Depuis que le Sdf a refusé la collaboration avec Elecam, il y a des choses qui sont faites qui démontrent que les dirigeants ne savent plus où mettre de la tête. Je prends l’exemple de l’établissement de la carte nationale d’identité qui est passé de 7.000 Fcfa à 2.800 Fcfa  et aujourd’hui, elle est gracieusement offerte. Jusque-là pour susciter les inscriptions sur les listes électorales ». Il est d’avis que « ce n’est pas de cette manière qu’on va sortir les Camerounais de leur apathie à la chose électorale ».

Toujours est-il le Sdf se prépare pour ne pas être surpris le moment venu. Le point à l’ordre du jour du Nec de dimanche dernier portant sur le matériel du parti le démontre à suffisance. Il s’agit de la fabrication des pagnes et T-Shirt. Le Nec envisage leur fabrication « en Chine ou au Nigeria où les coûts de production sont faibles. Ces gadgets peuvent être vendus à un prix raisonnable aux militants. Exemple : 3.000 Fcfa pour le pagne et 800 Fcfa pour le T-Shirt. Il peut être confectionné maintenant afin d’éviter la rareté ou le retard dans la fabrication ou la livraison », indiquait l’ordre du jour contenant huit points. Quid des banderoles, effigies, autocollants, dépliants et autres matériels de campagnes ?

Donat SUFFO   

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