22/06/2011 05:15:00
Rouleau compresseur: Vers une troisième condamnation de Paul Eric Kinguè
Dans une nouvelle procédure, le tribunal de grande instance du Moungo s’apprête à rendre une troisième décision contre l’ex-maire de Njombé-Penja.
Le Messager
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Dans une nouvelle procédure, le tribunal de grande instance du Moungo s’apprête à rendre une troisième décision contre l’ex-maire de Njombé-Penja.

Après trois ans de prison pour cause d’émeutes, dix ans de prison ferme pour détournement de 1.400.000Fcfa dont il conteste la décision, et après avoir interjeté appel, Paul Eric Kinguè est sous le coup d’une troisième condamnation dans une procédure à laquelle il a refusé de déférer parce que n’ayant pas été permis de présenter sa défense à l’information judiciaire obligatoire pourtant, en cas de crime. Le 28 février 2008, au plus fort des émeutes de la faim, Paul Eric Kinguè, alors maire de la commune de Njombé-Penja, fut interpellé aux motifs qu’il était l’instigateur desdites émeutes qui avaient ébranlé plusieurs villes du triangle national, sans que d’autres instigateurs ailleurs soient identifiés et mis aux arrêts. Accusé d’avoir instigué les émeutes dans sa localité, l’ex-maire Paul Eric Kinguè a été condamné à six ans par le tribunal de grande instance du Moungo, peine ramenée à trois ans par la cour d’Appel du Littoral après 43 renvois.

Alors que l’opinion croyait cet élu du peuple au bout de ses peines, la juridiction du Moungo le condamnait à une peine de dix ans aux motifs d’un détournement de la somme de 1.400.000 Fcfa. Courant mars 2009, l’ex-maire est accusé d’avoir perçu la somme de 4.950.000 Fcfa de la Spm (société des plantations de Mbanga) pour installer à l’hôtel de ville de Penja un réseau d’eau Snec. Il est également accusé d’avoir loué à la commune de Dibombari un bulldozer de la commune de Penja sans reverser dans les caisses de la commune les sommes encaissées.  Des accusations que le mis en cause nie en bloc. Par ailleurs il crie, une nouvelle fois, à un complot ourdi qui viserait à le maintenir au cachot le plus longtemps possible. Selon lui, l’argent versé par la Spm a été payé pièces à l’appui, à des prestataires qui ont installé le réseau Snec à l’hôtel de ville de Penja et pour convaincre ses détracteurs, il brandit, outre les factures des prestataires et les reçus afférents à leurs travaux, le procès verbal de réception des travaux signé par tous les intervenants dans le processus de marché à la commune de Penja et les prestataires, auquel il joint le procès verbal de constat d’huissier prouvant que le réseau d’eau existe bel et bien à l’hôtel de ville de Penja.

« Il faut dire que la commune dans cette autre procédure dit n’avoir subi aucun préjudice et ne s’est pas constituée partie civile », précise le conseil du détenu. Et de poursuivre : « L’objectif que visait la dépanse de la Spm a été atteint.  C'est-à-dire l’installation physique à l’hôtel de ville de Penja, de l’eau à la somme de 4.695000 Fcfa sur un km de distance. Mon client dit n’avoir jamais mis en location le caterpillar de la commune de Penja et demande que preuve lui soit apportée qu’il a loué cet engin à la commune de Dibombari ».

Selon le locataire de la spéciale 18, le bulldozer avait été sollicité par son collègue, maire de Dibombari qui n’a déboursé aucun centime pour sa location. Extrait de la prison de Nkongsamba en juin 2009 pour le cabinet du juge d’instruction pour cette nouvelle affaire, l’accusé avait, dit-il, sollicité d’être régulièrement et préalablement cité afin, non seulement de prendre connaissance des faits qui lui étaient reprochés, mais aussi de préparer sa défense et se faire assister par un conseil. Renvoyé dans la prison où il séjournait à Nkongsamba pour attendre d’être régulièrement cité, il déclare avoir été surpris le 29 juin 2009, d’être plutôt notifié par voie d’huissier, d’une ordonnance le renvoyant devant le tribunal de grande  instance du Moungo sans information judiciaire. Le juge, d’après lui, n’ayant pas trouvé nécessaire de le citer pour lui permettre de présenter sa défense à l’information judicaire, l’a renvoyé devant le tribunal de grande instance du Moungo, en violation totale de la loi et des procédures.

Blaise-Pascal Dassié

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