23/06/2011 17:07:39
Le Senegal brûle: 50 ans de construction démocratique en fumée!
La suppression du second tour de l’élection présidentielle est une grosse forfaiture. Dans les faits, cette histoire de minimum bloquant est une insulte à nos intelligences. Cette disposition scélérate est la preuve d’une trouille et d’un esprit retors.
Le Post/Courrierinternational.
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 Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 9 juin 2011  © AFP

 

APPEL POUR LA SAUVEGARDE DE LA DÉMOCRATIE ET DE LA LIBERTÉ AU SÉNÉGAL. Le Sénégal vit l'un des moments les plus sombres de son histoire. Le Président Abdoulaye Wade et son parti ont entrepris, à quelques mois de l'élection présidentielle, de faire voter aujourd'hui dans l'urgence une loi qui démolirait cinquante ans de construction démocratique.

Déjà, depuis plusieurs mois, la société civile se mobilisait pour sanctuariser la Constitution. Aujourd'hui, la tentative de coup de force du régime et l'escalade de la violence font craindre le pire. Il s'agit de conserver le pouvoir au mépris de la volonté du peuple en apportant deux modifications à la Constitution. D'une part, il suffirait au Président de la République d'arriver en tête avec seulement 25% des suffrages exprimés pour être élu (ce qui, de facto, reviendrait à supprimer le second tour) ; D'autre part, le Président de la République nommerait un Vice-Président qui lui succéderait en cas de décès, d'empêchement ou de démission (ce qui permettrait une dévolution monarchique du pouvoir).

Pour mémoire, le Président Abdoulaye Wade, aujourd'hui âgé de 85 ans, est arrivé au pouvoir en 2000, porté par une coalition de l'opposition. Au premier tour, il avait recueilli 31% des suffrages, contre 41% pour le Président sortant d'alors, Abdou Diouf. Abdoulaye a décidé de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2012 malgré le fait (comme le confirmait lui-même il y a quelques années) que la lettre et l'esprit de la constitution qu'il a déjà modifié 19 fois en 10 ans le lui interdisent! Depuis hier mercredi 22 juin, des manifestations spontanées et des émeutes ont éclaté dans tout le pays.

Manifestants sénégalais

 

En réponse, les arrestations arbitraires, les intimidations et la répression policière frappent ceux qui tentent de défendre ce qu'il reste de démocratie au Sénégal. Ont été arrêtés et brutalisés des dizaines d'opposants, de rappeurs (dont les leaders du mouvement citoyen Y-en-a-marre), d'étudiants, ainsi que des universitaires (dont le Secrétaire Général du SAES, syndicat des enseignants du supérieur).


La police sénégalaise a tiré des gaz lacrymogènes sur plusieurs milliers de protestataires rassemblés jeudi à Dakar

 

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