23/06/2011 18:36:41
FPI. Le refus de l'opposition: Un droit de réponse
La critique est très aisée. Mais l'art est difficile, dit l'adage. Cette assertion pourtant pertinente échappe  à beaucoup de gens qui prennent alors du plaisir  à susciter des polémiques qu'ils ne peuvent pas maîtriser...
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La critique est très aisée. Mais l'art est difficile, dit l'adage. Cette assertion pourtant pertinente échappe  à beaucoup de gens qui prennent alors du plaisir  à susciter des polémiques qu'ils ne peuvent pas maîtriser. Qui est ce "Fabien Dalmeida" qui prétend donner des leçons au Front Populaire Ivoirien quant  à la conduite  à tenir vis- à-vis du Pouvoir de Ouattara?

Je vous apprends Cher Monsieur, si vous ne viviez pas ici bas, que le FPI est le seul parti politique ivoirien qui pratique la démocratie, tant dans l'opposition que dans l'exercice du pouvoir. C'est bien le FPI qui a initié les manifestations pacifiques de rues en Côte d'Ivoire tout en suscitant la mobilisation de la société civile, là où le RHDP utilise les loubards, si ce ne sont pas des Dozos armés ou des Commandos invisibles. Le Front Populaire Ivoirien s'est foncièrement investi dans la démocratisation de la vie politique ivoirienne. Pour mémoire, les élections générales ou régionales étaient toujours l'affaire du Gouvernement du temps du PDCI. Le FPI a exigé la création de la Commission Électorale Indépendante (CEI). Le bulletin unique, les urnes transparentes et le vote  à 18 ans sont autant d'acquis démocratiques qui n'existeraient peut-être encore pas si le FPI n'avait pas forcé la main aux dirigeants d'alors.

Pour ce qui est de la bonne gouvernance, je pourrais faire l'économie des compliments car en deux années de pouvoir, d'Octobre 2000  à Septembre 2002, la croissance économique ivoirienne avait amorcé une montée fulgurante quand la guerre est venue freiner l'élan de la Refondation. Même au plan international, le FPI a fait mordre la  poussière  à la Communauté Internationale qui était obligée de se fourvoyer (fiasco de l'Hôtel du Golf et enlèvement du Président de la République).

Maintenant, essayons de nous attarder sur votre article.

Si je peux me permettre de porter un regard littéraire sur votre discours, je dirais que vous avez sacrifié le fond au profit de la forme. En effet, j'ai beaucoup aimé l'agencement des idées, le tout exprimé dans un français limpide et bien soutenu. Les deux illustrations que vous avez choisies,  à savoir le concept de la démocratie et l'exemple du Parti Socialiste Français prouvent bien que vous lisez beaucoup. Mais Cher Monsieur, vous vous trompez de contexte car ce qui se passe actuellement en Côte d'Ivoire n'a rien de démocratique. Et cette hérésie de votre part me permet de déduire que vous ne comprenez pas ce que vous lisez..

Vous reprochez au FPI d'avoir trouvé un bouc-émissaire en la personne de Mamadou Koulibaly (photo) mais aussi et surtout son refus de jouer la carte de parti d'opposition. Je voudrais répondre qu'au FPI,  nul n'en veut à Koulibaly parce qu'il est Dioula. Au contraire, dans un paysage politique où la notion de "Nation" tarde à s'ancrer dans les moeurs (société africaine), où tout tourne encore autour des affinités biologiques telles que la famille, le village, la région ou même la religion, les militants du Front populaire Ivoirien ne pouvaient que s'enorgueillir de sa présence  à la Direction du Parti, taxé souvent  à tort de Parti Politique Bété . Cependant, Koulibaly avait quitté la Côte d'Ivoire bien avant même l'investiture de Laurent Gbagbo.

De quoi avait-il peur, puisque les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) contrôlaient encore la partie gouvernementale du pays? Se reprochait-il quelque chose? Et pourquoi revint-il au galop, alors même que le nuage de poussière provoqué par la destruction de la Résidence du PR  à coups de bombes par l'aviation française ne s'était pas encore estompé? Koulibaly s'était même répandu dans la presse pour vilipender ses collègues qu'il accusait de s'enrichir ou de pratiquer du népotisme dans leurs gestions respectives. Si Koulibaly est irréprochable  dans ce revers que subissent le FPI et ses Dirigeants, pourquoi n'exige-t-il pas la relaxe pure et simple de tous ceux qui ont été arrêtés en Avril dernier comme préalable  à toutes négociations?

Cher Fabien, je suis de ceux que vous qualifiez de "sympathisants "éclairés"" dans ce qui suit et je cite:" Le Président de l’Assemblée Nationale, depuis qu’il a affiché ses positions pour le moins controversées sur les raisons de la chute du régime Gbagbo, ne voit passé un seul jour sans qu’il ait droit à cette hystérie passionnelle de nombre de sympathisants “éclairés” du FPI, qui se lancent dans les supputations fébriles et ethnicistes d’un militantisme de tranchée dont l’efficacité reste d’ailleurs à démontrer", fin de citation. Je vous invite  à consulter mes écrits encore disponibles sur le net pour vous faire une idée de la forfaiture de Koulibaly (Ivorian.net/Francois Mayolli ou sur www.mayolli.over_blog.com).

Je disais plus haut que vous vous trompiez de contexte. Si vous comprenez cela, vous saurez pourquoi le FPI n'acceptera jamais d'accompgner un pouvoir illicite qui n'existe que de nom. A la rigueur, le FPI pouvait se remettre de sa "déchéance" et se réconcilier avec quiconque serait au pouvoir si ce même coup d'état avait réussi le 19 Septembre 2002  à mettre fin au régime de Laurent Gbagbo parce que de toutes les façons, ça fait partie de la vie d'un État. On dirait tout simplement que des militaires ivoiriens ont réussi  à changer le régime en place. Sinon après tant d'efforts fournis par le camp présidentiel, les Rebelles et l'opposition politique s'adjugeant toujours la part-belle dans les négociations, et malgré la violation flagrante de la Constitution Ivoirienne par rapport au chapitre de l'unicité du territoire en situation électorale, le Président démocratiquement élu et reconnu par le Conseil Constitutionnel est renversé par une force étrangère d'occupation.

Et puis vous demandez  à ce parti de s'aligner sur le Punchiste aussi facilement comme cela! Je vous ramène pour votre information  à la deuxième guerre mondiale et l'occupation par l'armée allemande d'une partie du territoire français. Le Général De Gaule a préféré s'exiler  à Londres, au lieu de coopérer avec le traître du Maréchal Petain, entre-temps auto-proclamé Chef de l'Etat et établi  à Vichy (1940-1944). C'est donc depuis Londres qu'il organisa la résistance française. Ce puzzle franco-allemand se reconstitue ici en Côte d'Ivoire et Koulibaly devrait jouer le rôle du Général de Gaule puisqu'il était déjà en exil au Ghana, quand Ouattara s'identifie à Petain et la Licorne remplace l'armée Nazi.

Ouattara a tout eu, y compris le soutien de toute la Communauté Internationale et le retour en catimini de M. Yao N'drin en Côte d'Ivoire pour une parodie d'investiture qui a dû se faire deux fois pour forcer celle (légale) de Laurent Gbagbo dans les oubliettes. Mais cela ne lui suffira pas pour qu'il exerce son pouvoir. Il lui faut un contre-pouvoir, donc une opposition politique qui sera un gage de transparence pour les investisseurs étrangers. Le FPI qui est conscient de l'importance de cet enjeu, pourrait en faire une surenchère pour coincer Ouattara, afin que ce dernier jette du leste.


En attendant, les militants du FPI peinent encore  à oublier ce cauchemar du printemps dernier. Si c'est cela que vous désigner par le vocable "désenchantement", vous n'avez peut-être pas tort. Car ils (les militants FPI) n'arrivent pas  à s'expliquer ce qui arrive  à leur pays.

Mais dans le même temps, ce désenchantement comme vous le qualifiez a eu pour conséquence dramatique de provoquer une désillusion totale dans le camp RHDP, Ouattara ne sachant pas par oú commencer son règne. Il est tout simplement dépassé par les évènements. On peut donc comprendre les jérémiades  de certains laudateurs en quête de point de chute pour de minables billets de banque comme vous, réquisitionnés par Ouattara pour attirer la LMP dans son piège. Malheureusement pour vous et pour son régime, plus de trente années d'opposition politique, ça aguerrit. Le FPI et ses alliés ne se laisseront pas conter.

Francois Mayolli
(C'est de bonne guerre)

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