24/06/2011 02:28:53
Bombardements humanitaires
En  2011, avec la guerre de l'Otan en Libye, nous apprenons que c’est pour protéger les civils que des bombardements intensifs, 24h sur 24 pleuvent sur Tripoli. Et les civils trinquent. Des mensonges qui tuent.
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En 1991 l'armée irakienne était qualifiée de «quatrième armée du monde». En 2003, les « médias » révélaient que  Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive. En  2011, avec la guerre de l'Otan en Libye, nous apprenons que c’est pour protéger les civils que des bombardements intensifs, 24h sur 24 pleuvent sur Tripoli. Et les civils trinquent. Des mensonges qui tuent.

Le bombardement d'objectifs situés dans des zones habitées de Tripoli, loin de protéger les civils, en a déjà tué un certain nombre qui entrent pour l'Otan dans la catégorie des «victimes collatérales». D’où l'absence d'images des destructions et des victimes. Ces images auraient pourtant prouvés qu’il n’y a pas de guerre ni de bombardement humanitaire, surtout si les populations ploient mortellement sur les attaques de haute intensité,  24 heures sur 24,  de 4000 bombes en trois mois, à Tripoli, ville majeure constituée de milliers de civils, qui n’ont rien fait à l’Otan.

Cet Otan n’aurait pas été si inhumaine concernant le respect de la vie humaine s’il s’était agir d’une ville occidentale. L’Otan en effet, n’attaque (comme les Etats-Unis et ses alliés) que les pauvres et sous privilégiés du tiers monde, en l’occurrence la Libye de Kadhafi, dont l’insolence et le panafricanisme dérangeait l’occident.

Sous le couvert de la communauté internationale,  d’Abidjan à Tripoli, les Français, Anglais, Américains et leur satellite jouent la partition de la « légitimité » pour expliquer l’interventionnisme actuel. Les Russes font profil bas pour de sordides calculs, tandis que les Chinois demeurent fidèles à leur principe : « qu’importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape les souris ».

Kadhafi peut donc mourir, puisque tel est l’objectif, les affaires d’Etat vont continuer. Du reste, ce n’est pas la première fois que Kadhafi est victime de la folie mortelle des occidentaux et ce n’est pas la première fois qu’en lieu et place du guide libyen, un de ses enfants ou parents est victime. Le 14 avril 1986, cent soixante bombardiers américains lâchèrent soixante tonnes de bombes sur la Libye. Les attaquants bombardèrent l’aéroport international de Tripoli, les casernes de Bab Al-Aziziyyah, la base navale de Sidi Bilal, la ville de Benghazi et le terrain d’aviation de Benine, dans la banlieue de cette dernière grande ville.

L’escadrille de bombardiers consistait en deux ensembles principaux, l’un venait d’Angleterre et l’autre avait décollé de porte-avions voguant en Méditerranée. Du côté libyen, on enregistra environ quarante morts. Tous des civils, dont la fille adoptive de Kadhafi. Récemment, le plus jeune fils du leader libyen, Saif al-Arab Kadhafi, ainsi que trois de ses petits-enfants, ont été tués au cours d’une frappe aérienne de l’Otan à laquelle Kadhafi a échappé de peu.

Mais qu’a donc fait Kadhafi pour mériter l’intérêt mortel des grandes puissances ? La communauté internationale cherche à faire passer tous les combattants de Kadhafi pour des mercenaires africains. De ce fait, ils dissimulent le fait que ce sont d'autres Libyens qui se battent pour le soutien du régime.

Le but de guerre affiché initialement, était la protection des populations civiles. Dès lors que l'insurrection avait déjà laissé la place à une guerre civile, les insurgés ne sont plus des civils désarmés, mais bel et bien des combattants. Or, la France et les autres pays de l'Otan impliqués dans les bombardements de la Libye sont des acteurs militaires directs d'un conflit interne à la Libye , à des milliers de kilomètres des territoires occidentaux.

Le schéma binaire du bien contre le mal et du peuple en armes contre le dictateur est donc une belle image mais ne correspond en rien aux réalités du terrain. Elle sert à justifier ces bombes de l’Otan qui frappent aveuglement et tuent des civils dans des immeubles qui ne ressemblent en rien à des objectifs militaires.

Fondé en 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale, l’Otan fut créé par les Etats-Unis comme un pacte de sécurité collectif où chaque membre s’engage à défendre un autre membre attaqué, ainsi formant une alliance voulant qu’une attaque contre un membre est une attaque contre l’ensemble des nations constituant l’organisation. 

Pour légitimer son action en Afrique ou Kadhafi n’a attaqué aucun membre de l’Otan, la communauté internationale a  aujourd’hui besoin de relais africains. Elle en a trouvé un de taille en la personne d’Abdoulaye Wade, mariée à une française, président d’un Sénégal que l’on présente comme démocratique.

Abdoulaye Wade est donc venu en Libye, à Benghazi plus précisément. Bien en sécurité derrière les lignes des adversaires militaires du guide libyen et des forces aérienne de l’Otan, il a pu pérorer à souhait, se permettant même d’interpeller Kadhafi qu’il disait « regarder dans les yeux », pour l’appeler à démissionner.

Abdoulaye Wade tout le monde le sait, à commencer par les sénégalais, est certes un démocrate qui à plus de 80 ans, nourrit l’ambition de rempiler pour un nouveau mandat avec comme ticket,... son fils qui se présenterait au poste de vice-président.

Jacob Zuma est-il de cette eau-là, qui ferait le pantin pour les puissances militaro-industrielles ? Le président polygame qui estime que « de nombreux hommes politiques ont des maîtresses et des enfants qu'ils dissimulent en prétendant être monogame » n’est pas passé par quatre chemins  pour dire la vérité à l’Otan : «Nous nous sommes fortement exprimés contre le dévoiement des bonnes intentions exprimées dans la résolution 1973, qui était coparrainée par la ligue arabe et des pays africains au sein du Conseil. Nous croyons fermement que cette résolution est détournée pour obtenir un changement de régime, pour des assassinats politiques et pour une occupation militaire étrangère» en Libye.

Cela est donc clair, l’Otan outrepasse la résolution du conseil de sécurité en Libye censée protéger les civils et commet des assassinats politiques et civils pour tout dire.

Mais bien au chaud derrière l’Otan qui est un syndicat de tueurs, personne ne traduira Sarkozy, encore moins le premier ministre britannique ou Barak Obama  devant la cour pénale internationale.

Qui est fou ?

Bon vendredi et a vendredi

 

Edking

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