24/06/2011 02:40:58
Yopougon: Duel mortel entre ex-rebelles et l'escadron de gendarmerie
Les heurts se multiplient entre les Forces de défense et de sécurité (Fds) et les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) qui se regardent en chiens de faïence.
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Les heurts se multiplient entre les Forces de défense et de sécurité (Fds) et les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) qui se regardent en chiens de faïence. Le pire a été évité de justesse hier dans la commune de Yopougon où les deux forces se sont affrontées par endroits à l’arme lourde. Bilan : deux blessés graves et des dégâts matériels importants...

L’atmosphère était lourde hier matin à Yopougon, particulièrement aux Toits Rouges, dans les environs de l’escadron de la gendarmerie. Des centaines d’éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ont attaqué le camp militaire à l’arme lourde. Armés de lance-roquettes, mitraillettes, grenades et autres, ils ont tenté de s’emparer de la poudrière de l’escadron. Bilan de l’attaque : deux blessés graves chez les Frci et un blessé léger côté Fds.

L’épouse d’un gendarme a été copieusement bastonnée par les Frci qui ont fait d’importants dégâts au secrétariat et à l’infirmerie de l’escadron où ils ont pu pénétrer. Des tirs nourris à l’arme lourde ont semé la panique au sein des populations. Les riverains des toits rouges ont dû se terrer chez eux pendant de longues heures. Commerces et écoles ont fermé dès que le calme est revenu, les Frci aperçus promettant de revenir à la charge.

«Il se sont foutus d'un de nos éléments. Nous ne pouvons pas les laisser faire car c’est nous qui commandons. Eux ils ont perdu la guerre et ils doivent le savoir», prévient un élément des Frci rencontré non loin du commissariat du 19ème arrondissement de police de Yopougon. Suite à cet incident qui atteste de la difficile cohabitation entre les deux forces, les chefs de guerre Koné Zakakria et Ben Laden, com’zone de Yopougon, ont fait le déplacement à l’escadron de gendarmerie dans le but d’apaiser les esprits. Mais les risques que de nouveaux heurts surviennent dans les heures qui suivent entre les deux forces sont très élevés.

Faire cesser les abus de pouvoir

A l’origine, un incident survenu hier mercredi matin à Yopougon, au niveau du camp de la Brigade anti-émeute (Bae), et qui a failli tourner à l’affrontement entre les éléments de l’escadron de gendarmerie et ceux des Frci. Les faits se déroulent aux premières heures de la journée. Un embouteillage monstre entraîne un ralentissement
de la circulation à cet endroit.

Les véhicules sont pratiquement à l’arrêt. Les conducteurs tentent donc, par des manoeuvres, de se tirer d’affaire. Un usager quitte la chaussée et se fraye un chemin sur le trottoir. Il est interpellé par des éléments des Frci roulant à bord d’un pick-up militaire sans plaque d’immatriculation. L’usager passera un sale quart d’heure. Un élément des Frci lui intime l’ordre de descendre de son véhicule, le tient au collet et le roue de coups.

D’autres hommes arrivent, armes au poing. Ils tabassent copieusement le conducteur à qui ils tenaient à faire regretter son acte. Choqué et interpellé, un gendarme qui était lui aussi dans la circulation décide d’intervenir pour mettre fin à ce triste spectacle. Le gendarme explique aux Frci que même s’il a commis une infraction, ils n’ont pas le droit de lui «porter main» comme c’était le cas. Il leur revenait, leur apprend-il, de le verbaliser et de lui retirer les pièces du véhicule et/ou son permis de conduire. Il plaide donc pour que le conducteur soit relaxé.

Cette intervention n’est pas du goût des éléments des Frci qui estiment qu’il s’agit là d’une provocation. Des éclats de voix puis des tirs nourris à la mitraillette, à l’emporte pièces, partent aussitôt. Des gendarmes descendent d’un véhicule militaire à bord duquel ils circulaient. Ils n’entendent pas abandonner l’automobiliste à
son sort et font également usage de leurs armes. Des tirs en l’air suffiront pour calmer l’ardeur des éléments des Frci. Ces derniers se retirent dans la précipitation mais promettent de laver l’affront dans les heures qui suivent. Une menace qu’ils mettront à exécution en attaquant l’escadron de la gendarmerie.

 

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