27/06/2011 02:45:46
Fébrilité: Le Rdpc exorcise le désordre à Douala
La soirée organisée à Douala sous l’appellation «Soirée républicaine», vendredi 24 juin 2011, a eu pour objectif de prévenir les troubles inhérents à la prochaine élection présidentielle au Cameroun et dans la ville de Douala en particulier.
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La soirée organisée à Douala sous l’appellation «Soirée républicaine», vendredi 24 juin 2011, a eu pour objectif de prévenir les troubles inhérents à la prochaine élection présidentielle au Cameroun et dans la ville de Douala en particulier.

Douala est au centre des enjeux autour de la prochaine élection présidentielle. La certitude a été donnée lors de la «Soirée républicaine» organisée vendredi 24 juin 2011 par des élites politiques du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), sous la houlette du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, Fritz Ntonè Ntonè (photo) et le directeur général de Tradex, Perrial Jean Nyodog.

Selon les organisateurs, «le concept de Soirée républicaine participe des mesures et actions qui permettront de prévenir les tentations qui naissent de la pauvreté et qu’exploitent parfois de manière insidieuse des acteurs sociaux politiques.» En clair, le comité d’organisation de la soirée placée sous le thème «Vivre ensemble», justifie la tenue de cet évènement par le fait que «L’histoire récente nous apprend hélas, que cette paix, cette quiétude et cette cohésion sociale dans laquelle vivent désormais les habitants de Douala sont extrêmement fragiles.»

Selon le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, le choix de la capitale économique n’est pas anodin. Parce que, affirme-t-il, « Douala est la conscience politique du Cameroun dans sa longue marche vers l’indépendance et aujourd’hui dans la consolidation de la démocratie impulsée par le président de la République , Son Excellence Paul Biya» et de poursuivre,  «rien de surprenant non plus que Douala ait aussi été hier, le reflet des diverses divisions du pays». C’est donc sans ambiguïté que le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, ainsi que les différents orateurs de la soirée vont revenir sur la nécessité de préserver la paix dans cette ville frondeuse.

Un martèlement qui est inspiré du souvenir récent des villes mortes et des émeutes de février 2008 donc l’onde de choc avait traversé le cadre spatial de la ville de Douala pour s’étendre aux autres régions du pays. Raison pour  laquelle Fritz Ntonè Ntonè souligne qu’«en raison principalement de l’élection présidentielle, l’année 2011 est une année importante, pour ne pas dire capitale pour notre pays le Cameroun, et partant pour la ville de Douala.» Une ville qui, selon lui, «a toujours tenu une place singulière dans l’activité du pays. Du fait de sa localisation géographique et de son histoire,  qui en font l’interface privilégié des relations avec l’extérieur et entre les populations du Cameroun.»

Cohésion sociale

L’occasion était ainsi donnée à Jackye Casalegno qui se présente comme une «Camerounaise d’adoption» de lancer que «J’ai connu le Cameroun à ses débuts souverains et j’ai vécu son évolution». Sans détour, cette femme d’affaire installée depuis plusieurs décennies au Cameroun reconnaît que «beaucoup reste à faire», ceci tout en lançant une supplique pour la préservation des acquis et la nécessité de privilégier le consensus pour régler les dissensions et les incompréhensions  perceptibles dans le contexte actuel.

Outre la mobilisation des acteurs sociaux, politiques, économiques et administratifs de la ville de Douala, la rencontre initiée par les cadres du Rdpc et des hommes d’affaires proches de cette formation politique, a mobilisé des personnalités au rang desquelles le ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary, les délégués du gouvernement auprès des villes de Yaoundé, Edéa et Kumba et les membres du corps diplomatique. Une mobilisation qui s’est étendue aux chefs traditionnels avec une forte présence des «Fons» de la région du Nord-Ouest, ainsi que de nombreuses personnalités issues de la société civile. Selon les organisateurs de la «Soirée républicaine» la mobilisation des opérateurs économiques et politiques autour des autres partenaires sociaux contribue à donner le gage de la paix et de la cohésion sociale.

Positionnement. Le comité central du Rdpc et la présidence de la République embarrassés

Tous les deux attendus à la soirée meeting organisée par le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala et les directeurs généraux d’entreprises, René Sadi et Laurent Esso ont tous deux décliné l’offre. Question de rester officiellement neutre dans la bagarre à laquelle se livrent les leaders du Rdpc dans le Littoral.

La certitude émane des organisateurs de la «Soirée républicaine». Le souci de rassembler autour de ce concept les acteurs de la vie sociopolitique, économique, ceux de la société civile et les hommes politiques traduit la volonté de prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur les «efforts» entrepris par le gouvernement et le Rdpc pour prévenir les désordres liés aux revendications sociopolitiques présagées au Cameroun. Mais aussi, il s’agit pour le Rdpc d’inaugurer une nouvelle forme de communication politique basée cette fois sur l’adhésion des différentes composantes de la société autour des thématiques sociales. Toutefois, il n’échappe pas aux observateurs de la vie du Rdpc qu’il s’agit aussi pour cette formation politique de faire la démonstration de son potentiel à la veille de l’élection présidentielle qui devrait se tenir au mois d’octobre prochain, selon la constitution.

Très attendus au cours de cette soirée, le secrétaire général de la présidence de la République , Laurent Esso ainsi que son collègue chargé de missions à la présidence de la République et non moins secrétaire générale du comité central du Rdpc, René Emmanuel Sadi, ont décliné l’offre à la dernière minute, entraînant de fait l’absence des autres membres du gouvernement pourtant annoncés à cette rencontre. Des absences qui se justifient, a priori, par l’indisponibilité de ces personnalités mais qui, selon des sources concordantes et proches du Rdpc, sont la conséquence des batailles de positionnement et de leadership dans les rangs de cette formation politique dans la région du Littoral en particulier.

Rien d’étonnant dès lors d’entendre les organisateurs de la «Soirée républicaine » se féliciter de son plein succès «du capital d’intelligence, de son sens de l’imagination, mais aussi de l’expertise» dont ils auraient fait montre pour l’organisation de cette rencontre retransmise sur une demi-dizaine de chaîne de télévision nationale. Des assertions qui, selon les organisateurs eux-mêmes, donnent une réplique à l’initiative de certains de leurs camarades, il y a quelques jours à Douala. L’on se souvient des tensions et autres quolibets ayant entouré le meeting d’appel à candidature initié par le coordonnateur du Rdpc dans le Wouri ainsi que les menaces de «la doyenne des présidents de section», Françoise Foning (photo), à l’encontre des directeurs généraux, mais aussi à l’endroit de certains de ses camarades dont le détachement vis-à-vis de cette manifestation était perceptible.

Le renouveau des modernistes ?

Quoique souvent cités, sous cape, comme proche de l’une ou l’autre des «protagonistes» du duel fratricide des diverses mouvances du Rdpc dans le Littoral, le scrétaire général de la présidence de la République , perçu comme l’un des chefs de file de l’élite Rdpc dans la région du Littoral et son collègue chargé de missions à la présidence de la République , par ailleurs secrétaire général du comité central du Rdpc, gardent quelque distance sur le plan officiel, dans la bataille que se livrent les leaders du parti des flammes dans la ville de Douala. Une bataille ayant remis au goût du jour des notions de conservateurs et de modernistes à la base de  quelques dissensions dans le parti des grandes ambitions, il y a quelques années.

 

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