27/06/2011 18:59:32
Washington et ses alliés : entre confusion et déception
Les milieux états-uniens et européens vivent une grande déception après que la politique occidentale, basée sur l'instrumentalisation des troubles dans les pays arabes, soit arrivée à une impasse. Dans le même temps, les États-Unis et leurs alliés de l'Otan ont atteint le plafond qu’ils s'étaient fixés pour leurs interventions et leurs pressions destinées à contrôler les événements au lendemain des révolutions tunisienne et (...)
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Les milieux états-uniens et européens vivent une grande déception après que la politique occidentale, basée sur l'instrumentalisation des troubles dans les pays arabes, soit arrivée à une impasse. Dans le même temps, les États-Unis et leurs alliés de l'Otan ont atteint le plafond qu'ils s'étaient fixés pour leurs interventions et leurs pressions destinées à contrôler les événements au lendemain des révolutions tunisienne et égyptienne.

1. En Libye, l'intervention militaire nord-atlantique piétine et semble incapable de briser l'équilibre qui s'est installé entre l'Est et l'Ouest du pays. Les divergences entre les membres de l'Otan sont dues à l'impossibilité de lancer une intervention terrestre et à l'épuisement des cibles pour la campagne aérienne. Les avions de l'Otan se contentent de bombarder des sites déjà visés à plusieurs reprises. Ces faits expliquent l'initiative de cessez-le-feu proposée par l'Italie, tandis que Barack Obama fait face à une forte opposition du Congrès contre son implication dans la crise libyenne.

2. Au Yémen, toutes les tentatives de jeter les fondements d'une nouvelle ère politique ont échoué en dépit de la tentative d'assassinat du président Ali Abdallah Saleh et de sa séquestration en Arabie saoudite sous prétexte de traitement médical. Cet échec est dû au soutien dont continue de jouir le président Saleh auprès d'une partie de la population et des forces armées. L'insistance des États-Unis et de l'Arabie saoudite à écarter Saleh a renforcé la cohésion de ses partisans. Pour Washington, la priorité va à la coopération sécuritaire et militaire avec le pouvoir yéménite, quel qu'il soit. Riyad est, pour sa part, effrayé par les éventuelles répercussions sur le royaume wahhabite d'une longue guerre civile au Yémen.

3. La Russie et la Chine ont visiblement mis un terme aux paris des États-Unis et de l'Europe de pouvoir imposer des sanctions contre la Syrie au Conseil de sécurité. Alors que l'ambassadeur états-unien à Damas, Robert Ford, a reconnu, après sa visite à Jisr al-Choughour, l'existence de groupes armés qui sévissent en Syrie, et tandis qu'une grande confusion caractérise l'action de la Turquie, l'État national syrien, conduit par Bachar el-Assad, semble avoir repris l'initiative. Il a proposé des idées et des réformes sur le plan politique et a repris en main la situation sur le terrain. Et cela n'aurait pas été possible sans le soutien populaire massif dont jouit le président syrien, qui s'est illustré par les manifestations monstres qui ont rassemblé, mardi 21 juin, des millions de Syriens partout dans le pays, y compris dans des villes comme Deraa et Douma, haut-lieu de la contestation.

L'administration Obama, qui va entrer dans quelques mois dans la période pré-électorale, va agencer ses cartes à l'automne prochain. Comme les faits et les réalités montrent son incapacité à lancer des actions offensives, elle sera contrainte soit à trouver des arrangements avec ses adversaires, soit à opérer un nouveau repli qui aura des conséquences stratégiques sur ses capacités de domination hégémonique.

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