28/06/2011 04:54:31
Rdpc: Un militant demande le départ de Biya de la tête du parti
Conseiller municipal à Ngomedzap, département du Nyong et Nso’o, région du Centre, Tobie Ndi souhaite des amendements aux textes du « parti des flammes » dans le sens de faire de l’actuel président national un simple militant. Avec une dose de courtoisie, il invite le chef de l’Etat à tirer les leçons de la géopolitique internationale.
Le Messager
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Conseiller municipal à Ngomedzap, département du Nyong et Nso’o, région du Centre, Tobie Ndi souhaite des amendements aux textes du « parti des flammes » dans le sens de faire de l’actuel président national un simple militant. Avec une dose de courtoisie, il invite le chef de l’Etat à tirer les leçons de la géopolitique internationale.

Le fin mot de l’histoire est contenu dans une correspondance adressée au secrétaire général du comité central. Dans cette correspondance du 08 juin 2011, Tobie Ndi propose qu’il soit inscrit à l’ordre du jour du congrès en préparation un sujet particulier, portant sur l’« Examen de projet de texte modifiant et complétant certaines dispositions des articles 19 et 27 des statuts ». Lesquels prévoient l’incompatibilité de la fonction de président national du parti avec celle de président de la République et la désignation des membres du comité central par voie d’élection de même que celle du candidat du parti à l’élection présidentielle.

Dans une sorte d’exposé de motif, Tobie Ndi explique que mis en œuvre, ces modifications participeraient d’une plus grande fluidité dans le fonctionnement des instances dirigeantes du parti et le renforcement de l’expression de la démocratie. Car, la désignation du candidat du parti au scrutin présidentiel via des primaires, par exemple, renforce la légitimité de ce dernier. Mieux, en permettant la dissociation de la fonction de président de République d’avec celle de président national, l’article 19, nouveau, incitera le contrôle de l’action gouvernementale par l’appareil du parti qui se positionnerait alors comme l’ange gardien du projet de société défendu par le candidat d’hier devenu chef de l’Etat.

Cependant, Tobie Ndi ne se contente pas du courrier adressé au secrétaire général. Il interpelle également  tous les délégués statutaires au congrès (membres du comité central, membre du gouvernement issu du parti, député à l’Assemblée nationale issu du parti, président de sections des organes) en ces termes : « Notre parti a besoin d’une nouvelle orientation politique à même de répondre à toutes les interpellations actuelles et à venir, autant de la société camerounaise que de la communauté internationale. Il est tout à fait impossible d’arrêter le cours de l’histoire (…). Bien avant l’arrivée au pouvoir des présidents Obama et Sarkozy, notre parti avait été convié à ce débat d’actualité et surtout inévitable (…) nous courons le risque d’être en déphasage avec les nouvelles réalités du monde. Alors nous devons préparer à parer à toutes éventualités ». Lesquelles ? Tobie dit ne les  mentionne pas explicitement.
 
Challenger

Mais, Gérard Amougou, chercheur en sciences politique, estime à la lecture du document destiné aux militants au pouvoir  qu’au sein du Rdpc, certains barrons  auraient déjà pris conscience de ce que face  à la déferlante occidentale, il faille imaginer de ne pas présenter Biya comme candidat du Rdpc, si ce parti tient à une victoire à la prochaine élection. « Pris sous ce prisme, Tobie Ndi, qui impressionne par le courage de ses déclarations serait le suppôts de certains barrons tapis dans l’ombre qui ne voudraient éventuellement pas tomber avec l’actuel chef de l’Etat », souligne-t-il.  

En rappel, Tobie Ndi s’était déjà positionné en challenger de Paul Biya à la veille du dernier congrès du Rdpc tenu en 2006. Sa candidature n’avait jamais prospéré. Il revient au devant de la scène avec une nouvelle formule : faire partir Paul Biya de peur qu’il n’emporte le « parti des flammes » dans sa chute. Ce, au regard du climat  politique international. Le Rdpc accuse-t-il déjà le coup de l’ingérence internationale ?

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