02/07/2011 07:12:03
Qui a finalement fait reculer Wade?
Pauvres Sénégalais, ce n'est pas vous qui avez fait reculer Wade, mais le Mossad et les médias français...
GrigriInternational
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Alors qu'on apprenait hier que, finalement, Gorgui Wade ne se rendrait pas à Malabo au 17ème Sommet de l'Union Africaine, suite aux émeutes qui agitent le Sénégal et l'ont déjà fait renoncer à son arnaque constitutionnelle (trouille du putsch ?), on apprenait aussi, en lisant le quotidien économique et financier Les Afriques, que le père de Karim Deubeliou n'a pas pris tout seul la mesure de la gravité de la situation dans son pays...

Wade a ordonné le retrait du projet de loi instituant le ticket de vice-présidence face à l'insurrection populaire le 23 juin dernier à Dakar et à l'intérieur du pays. Accès de lucidité soudaine comme en eût, dit-on, le maréchal Pétain, au crépuscule d'une sénilité déjà avancée ? Ordre de Paris et du Mollah Nicolas (puisqu'aussi bien à l'instar d'un Ouattara, d'un Bongo ou d'un Compaoré, Wade n'est qu'un zélé préfet français) ? Lobbying fructueux de quelque proche raisonnable ? Sincère empathie patriote et inattendue à l'endroit de son peuple ? Tchip.

D'abord, selon l'impayable mais très achetable Jeune Afrique, les émeutiers sénégalais, idiots comme des pauvres, auraient rien compris à la manip' wadienne : il n'était pas question d'installer Karim Wade à la vice-présidence, car agissant ainsi il aurait "risqué de mettre sa propre candidature en péril"... Là, on reprend son souffle, tant il est rare d'être à ce point pris pour un imbécile... pourquoi Karim se serait-il présenté la fois d'après, puisque devenu vice-président il n'aurait plus eu à attendre qu'une chose : que son vieux claque ?

Toujours selon JA, il n'était même pas question de poser un proche pion du gabarit de Macky Sall ou Idy-les-bons-tuyaux Seck. Mais là, étrangement, l'hebdromadaire panafricain pas tout à fait le plus ancien, ne fournit aucune hypothèse ou piste de réflexion. Pour l'anonyme rédacteur de cet "article", qui ressemble fort à une commande en vue de diviser l'opposition (par le soupçon), et daté du 30 juin sur leur site, la grande arrière-pensée de Wade, c'était de proposer la vice-présidence à un opposant. Attendez, la propagande arrive : "Les négociations avaient même déjà commencé". Merveilleux Jeune Afrique, si vieux et pourtant toujours si prompt à inoculer, répandre, transmettre... De qui le Béchir Ben Yahmed Boys Band pourrait-il bien tenir l'information si ce n'est de celui qui y a intérêt : Wade lui-même ? Qui est, en l'occurrence le même que celui a intérêt aujourd'hui à le faire savoir...

Les Afriques propose une tout autre approche du repli wadien. "Le Mossad et les services secrets sénégalais ont joué leur partition dans l'ombre. (...) Après seulement quelques heures de soulèvement populaire dans la matinée du 23 juin. Selon une source sécuritaire, ce sont les services sénégalais de renseignement qui ont briefé le président Abdoulaye Wade et non les chefs religieux comme annoncé par le ministre sénégalais de la Justice, Cheïkh Tidiane Sy." Non seulement "le chef de l’Etat sénégalais, qui tenait à diversifier ses canaux de renseignements s’est appuyé sur le Mossad via sa succursale à Dakar" ; mais celle ci "a joué aussi sa partition en surveillant de très près le corridor du palais et les chancelleries diplomatiques."

Les Afriques révèle aussi que, alertées par "leurs hautes hiérarchies, les médias proches du Quai d'Orsay et de l'Élysée (ce qui fait beaucoup, en fait, si on y réfléchit, ndlr), France 24 et RFI" ont mis la pédale douce et oeuvré "à ne pas saper l'image du président Wade".

Les Ivoiriens savent l'efficacité redoutable des ces mêmes médias lorsqu'il s'agit, a contrario, de laminer l'image d'un président indésirable.

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