15/07/2009 14:59:16
Analyse : Ce qui se passe en ce moment Etoudi
La rédaction de La Nouvelle Expression analyse les récents développements sur les tractations de la présidence camerounaise.
La Nouvelle Expression
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

ETOUDI (1): LES DOSSIERS QUI ATTENDENT PAUL BIYA EN FRANCE...

Selon des sources généralement bien informées, c’est la semaine prochaine que le président de la République effectuera une visite officielle de quarante huit heures en France. Un voyage qui interviendrait alors après un premier report au mois de juin, dit-on, après une « harmonisation de l’agenda » avec le président français.

En effet, Nicolas Paul Stéphane Sarkozy entendrait, au cours des échanges avec Paul Biya, réitérer à son hôte la place stratégique qu’occupe le Cameroun dans le cadre des relations séculaires entre l’ex-métropole et ses ex-colonies, ou tout autre pays apparenté, à l’instar du Cameroun. Selon certaines indiscrétions, contrairement à ses déclarations publiques, préconisant une «nouvelle politique française en Afrique» qui se manifesterait par un «certain recul» dans les relations franco-africaines, les autorités françaises entendent plutôt renforcer leur position dans le pré carré. On comprend pourquoi certains analystes avaient estimé, sans doute à raison, que la visite effectuée au Cameroun, en mai, par le Premier ministre français, François Fillon, était une «visite de prospection économique», tant il est vrai que le séjour présidentiel en Hexagone devrait être dominé par les questions économiques. Ayant perdu les secteurs stratégiques de l’eau ou de l’énergie, par exemple, les entreprises françaises accentueraient le lobbying pour que les entreprises privatisables, notamment celles des télécommunications et des transports, ne puissent pas les échapper. C’est d’ailleurs dans ce cadre que le chef de l’Etat devrait être l’hôte du Mouvement des entrepreneurs de France (Medef) avec, selon toute vraisemblance, un tête-à-tête avec sa présidente Laurence Parisot. Une rencontre verra notamment la participation du président du Medef-Afrique, l’ex ministre de la Coopération, Michel Roussin, mais également le président du Conseil des investisseurs français en Afrique (Cian), Alexandre Vilgrain. Pour conforter cette tonalité économique, l’hebdomadaire panafricain L’Intelligent, dans sa dernière livraison, évoque un détours du chef de l’Etat à Bordeaux, le 22 juillet, pour une rencontre avec le maire Alain Juppé qui a récemment organisé des rencontres économiques africaines dans la cité girondine. Le même jour, il dînera avec Bernard Kouchner, au Quai d’Orsay. Puis sera reçu le 24 juillet par son homologue français avec qui il déjeunera par la suite. Toutefois, suite à la publication du rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd) faisant état d’un enrichissement illicite du chef de l’Etat et de son entourage, les autorités françaises redouteraient des manifestations hostiles à l’encontre du chef de l’exécutif camerounais. 

ETOUDI (2): L’ELECTION PRESIDENTIELLE POURRAIT ETRE ANTICIPEE…

Bien qu’on soit habitué à la valse de motions de soutien au chef de l’Etat pour un « oui » ou pour un « non », la mobilisation, mieux, la frénésie qui s’est emparée de la classe politique proche du Rdpc, depuis la publication d’un rapport par une Ong française, en l’occurrence le Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd), pourrait cacher des desseins inavoués. Selon nos informations, cette mobilisation observée au sein du pouvoir en général, surtout dans les rangs du parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), pourrait déboucher sur un éventuel chamboulement du calendrier électoral. S’il est vrai que ledit calendrier n’est connu et maîtrisé que de Paul Biya en réalité, il ne serait pas cependant exclu que la prochaine élection présidentielle, qui doit normalement avoir lieu en octobre 2011, soit anticipée. Une stratégie qui aurait l’avantage, d’après certaines éminences grises du pouvoir, de prendre de court non seulement l’opposition, mais également la majorité, où d’aucuns ne cachent que peu la gêne qu’ils éprouvent face à la longévité au pouvoir du « successeur constitutionnel » d’Ahmadou Ahidjo. Dans cette perspective, pendant que les Camerounais s’attendent aux sénatoriales, la surprise du chef pourrait venir de l’organisation d’une présidentielle anticipée, d’autant que le chef de l’Etat dispose de toutes les armes juridiques pour entreprendre une telle démarche. Quoiqu’il en soit, le ramdam fait actuellement à travers les motions de soutien autorise au moins une grille de lecture, celle qui voudrait que cette action ait reçu l’aval de Paul Biya en personne. Du coup, on comprend pourquoi le secrétaire général du Comité central du Rdpc, René Emmanuel Sadi, usant certes de ses prérogatives d’animateur général du parti, a officiellement demandé aux différents démembrements du parti  présidentiel d’organiser les orgies en cours. C’est dire que les six mois de probation que le chef de l’Etat a donnés au nouveau gouvernement dirigé par Philémon Yundji Yang, pourraient être une sérieuse indication à plus d’un titre, au moment même où le gouvernement des « grandes ambitions » a du mal à faire ses armes face à une pauvreté endémique – plus de 7 millions de Camerounais sont considérés comme pauvres, d’après la troisième Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam III) -. Comme on peut sans doute le deviner, en faisant modifier la Constitution l’année dernière, pour se donner une légitimité, le chef de l’Etat l’aurait fait d’abord pour assouvir ses propres desseins. Tant pis donc pour ceux qui se sentent « pressés » dans le camp présidentiel pour prendre le fauteuil de « l’homme-président ».

ETOUDI (3) : PAUL BIYA EN CONSULTATION POUR LA PRESIDENTIELLE GABONAISE …

Selon nos informations, la présidentielle gabonaise qui aura lieu en septembre, serait au centre des préoccupations des autorités camerounaises. S’il est vrai que les dirigeants gabonais actuels n’ont d’ailleurs pas caché leur intention de prendre conseil auprès du chef de l’Etat camerounais, en marge des obsèques du président Albert-Bernard Omar Bongo Ondimba, tout porte à croire que le locataire d’Etoudi pourrait jouer un rôle non négligeable, devant permettre aux « héritiers » du Parti démocratique gabonais (Pdg, au pouvoir), d’éviter une auto - déchirure. A quelques jours de la désignation du candidat du parti présidentiel à la prochaine présidentielle, des informations réputées crédibles soutiennent que Paul Biya aurait été sollicité par différents protagonistes pour jouer si ce n’est le rôle de médiateur, celui de conseiller tout au moins, pour permettre à l’ex parti unique de poursuivre son bail au Palais du Bord de mer, à Libreville. Ethniquement plus proche de l’actuel Premier ministre Jean Eyeghe Ndong et de l’actuel ministre du Pétrole, ancien Premier ministre et non moins ex-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), Casimir Oyé Mba, tous deux de l’ethnie Fang qu’on trouve également dans le Sud - Cameroun, et candidats à la candidature du Pdg, Paul Biya serait fort embarrassé avec également la candidature du ministre de la Défense, Ali Ben Bongo, le fils aîné du défunt chef d’Etat. Selon une source proche du dossier, il n’est pas exclu qu’au terme des échanges avec ces différents présidentiables, que l’on aboutisse à un consensus d’ici le 18 juillet. D’après certaines indiscrétions, le chef de l’Etat aurait un faible pour Oyé Mba, l’ex-chef de la diplomatie gabonaise qui a passé près de quinze ans à Yaoundé, alors qu’il assumait les fonctions de gouverneur de la Beac. Il se dit d’ailleurs que lorsque ce dernier fut rappelé à Libreville pour coordonner l’action gouvernementale, l’ex banquier n’avait eu de cesse de demander des conseils au « grand frère » Paul Biya, ce qui, sans doute, aurait permis une certaine proximité entre les deux hommes, contrairement, par exemple, à Jean-Félix Mamalepot qui avait remplacé son compatriote à la tête de la Banque centrale, et dont le chef de l’exécutif camerounais avait d’ailleurs refusé d’accorder son soutien lorsque sa tête fut mise à prix par les frondeurs menés alors par le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Comme on peut sans doute le deviner, c’est en toute discrétion que le numéro un camerounais mènerait cette consultation qui pourrait éviter aux « héritiers de Bongo » de s’entredéchirer, au risque de profiter à l’opposition…  

ETOUDI (4): LA ROSE-CROIX EN CONTRE-POIDS DE LA FRANC-MAçONNERIE?  

Il est des faits a priori anodins, mais dont une profonde exégèse permet sans doute de mieux cerner les raisons qui ont déterminé la prise d’une telle décision. C’est vrai aussi que, parfois, il faut être un initié, ou, tout au moins, «suffisamment introduit » pour comprendre la signification d’un tel acte.  Selon nos informations, le réaménagement ministériel opéré le 30 juin, par le président de la République, n’aurait pas laissé indifférent « les initiés» qui ont cru voir un retour en force de la Rose-croix, avec la nomination de Peter Agbor Tabi dans les fonctions de ministre secrétaire général adjoint de la présidence de la République. Que le chef de l’Etat l’ait fait exprès ou pas, des observateurs avisés croient savoir que ce retour en force de celui qu’on peut, à juste titre, présenter comme l’un des fraters les plus « proches et les plus fidèles » de l’ex-secrétaire général de la présidence de la République, Titus Christophe Edzoa, embastillé depuis douze ans pour « détournement de deniers publics », alors que l’ex-patron de la branche locale de la Rose-croix avait annoncé l’intention de briguer la magistrature suprême contre son mentor, Paul Biya, n’aurait pas manqué de suscité des commentaires dans certains milieux du pouvoir. Interrogations compréhensibles, d’autant que des sources proches du dossier laissent croire que l’ancien médecin personnel du chef de l’Etat pourrait faire l’objet d’une autre condamnation alors qu’il n’a pas encore purgé les quinze ans d’emprisonnement fermes qu’il a écopés en 1997, et qui lui valent un internement au secrétariat d’Etat à la Défense (Sed). Quoi qu’il en soit, le retour en force de l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur pourrait raviver des batailles ésotériques au sein du pouvoir, dans un contexte où la FRANC-MAÇONNERIE croyait contrôler la quasi-totalité des leviers du pouvoir. Paul Biya qui ne serait ni Rosicrucien, ni Franc-maçon, a-t-il souhaité que les deux forces ténébreuses puissent se mesurer, question de lui permettre d’être totalement libre de certains groupes de pression ? Ce n’est pas impossible. Qu’on se souvienne des obsèques de l’ex-chef d’état-major particulier du président de la République, le général Blaise Benaé Mpecké, où les fraters, conduits alors par Peter Agbor Tabi, s’étaient appropriés « la prière ultime » avant l’inhumation, alors même que la messe concélébrée sous la conduite de Mgr Jean Mbarga, évêque de ce qui était alors le diocèse Ebolowa-Kribi, venait d’être dite en la cathédrale Saint-Joseph de Kribi. Des révélations en perspective…

SERAIL (1): QUAND UN PRESIDENTIABLE PIAFFE D’IMPATIENCE?

La modification de la constitution, qui permet désormais au président de la République de briguer d’autres mandats à la tête du pays, est, comme on le sait, loin de contenter tout le monde, notamment dans les rangs du parti présidentiel. Une attitude du reste compréhensible, en tout cas pour ceux des militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui nourrissent de grosses ambitions – du reste légitimes – pour succéder à Paul Biya à la tête du pays. Selon des sources dignes de foi, s’il y en a un dans les rangs du pouvoir qui piafferait d’impatience, c’est bel et bien Marafa Hamidou Yaya. Le ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, qu’on dit être à la tête d’un réseau ayant des ramifications à l’étranger, en l’occurrence dans la droite française, n’attendrait que son heure pour se lancer à la conquête du pouvoir suprême. Au regard de l’appétit que l’ancien secrétaire général de la présidence nourrirait pour la magistrature suprême, des sources introduites soutiennent avec force que Marafa, qui n’était plus sûr d’être au gouvernement depuis le fameux conseil de ministres du 7 mars 2008, au lendemain des émeutes contre la vie chère, aurait pris langue avec quelque responsable de parti politique qui devrait l’investir pour la prochaine présidentielle. On se souvient qu’il y a deux ans, alors que le chef de l’Etat participait aux assises de l’Unesco, à Paris, sur invitation du directeur général, Koichiro Matsuura, le Minatd, qui était officiellement mis en mission en Afrique de l’Ouest, se serait retrouvé fortuitement à Paris, alors même que Paul Biya devait avoir un premier entretien avec homologue français, Nicolas Sarkozy. Visiblement, Marafa, qui aurait pour parrain politique l’ex député Moussa Yaya Sarkifada, un pilier de l’ancien régime incarné par Ahmadou Ahidjo, avec qui il avait des liens de parenté contractés après un mariage avec l’ancienne famille présidentielle, sait sur quoi il compte pour ne cacher que peu ses ambitions présidentielles.

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE