04/07/2011 01:35:16
Nécrologie: Bébé Manga avale le microphone
Le Cameroun vient de perdre l’une des étoiles de sa musique. Bessem Elisabeth Manga plus connue sur le nom de Bébé Manga,  est décédée le 1er juillet 2011 des suites d’un arrêt cardiaque.
Le Messager
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Le Cameroun vient de perdre l’une des étoiles de sa musique. Bessem Elisabeth Manga plus connue sur le nom de Bébé Manga,  est décédée le 1er juillet 2011 des suites d’un arrêt cardiaque.

L’on ne verra plus jamais sa silhouette gracieuse. L’on écoutera plus sa voix fluette. Bébé Manga, artiste, interprète de haut vol, vient de quitter la scène. Une vilaine crise cardiaque a eu raison d’une chanteuse à la voix d’or. La faucheuse est venue happer l’une des vedettes du makossa pur et bien léché vendredi 1er juillet 2011. Comme une traînée de poudre, de fil en aiguille, la triste nouvelle s’est répandue dans les quatre coins de la capitale économique du Cameroun.

Le téléphone arabe a fait son effet avant l’entrée en scène des médias électroniques qui ont diffusé l’information en boucle. L’onde de choc a traversé finalement les frontières nationales. Les mélomanes, la famille des artistes, les mordus de la culture et autres fans sont tétanisés par la disparition d’une icône de la musique au Cameroun et en Afrique. Une voix s’est éteinte. Irréversiblement ! Quel destin ? S’interroge-t-on ça et là. Odile Ngaska, présidente de la Société civile camerounaise de l’art musical (Socam) jointe au téléphone est presque sans voix. «Le décès de Bébé Manga est une nouvelle perte pour la famille des artistes camerounais. C’était une chanteuse de très grande dimension. Sa mort est une épreuve difficile pour chaque artiste et plus particulièrement pour la Socam ». Déclare-t-elle péniblement.

Au domicile de la désormais défunte, c’est une famille couverte de vêtements de deuil qui nous accueille dimanche 3 juillet 2011 à Akwa-Nord. L’atmosphère est lourde. C’est le recueillement. La tristesse est à son comble. Les photos de Bébé Manga sont exposées dans tous les coins de la maison. Sa nièce, Christine Ayuk parvient à trouver quelque ressource. «Bébé Manga est décédée des suites d’un arrêt cardiaque» dit-elle avec une voix pleine de sanglots. C’est depuis des années que l’auteur de «Ami oh» traîne des problèmes de cœur, liés à son surpoids. Cette fois, les médecins n’ont malheureusement pas pu la tirer d’affaire. « Avant d’arriver à l’hôpital Laquintinie, elle était déjà morte» confie un membre de la famille, les larmes aux yeux. « Bébé, chantait chaque que jour et priait Dieu de lui donner la possibilité de vivre », déclare sa sœur.

L’artiste malgré son succès sur le plan national et international, portait plusieurs douleurs au fond d’elle. Elle perd son époux avant de s’installer en Côte d’Ivoire autour des années 1975, où sa carrière prend un véritable envol, avec la reprise du célèbre titre «Ami oh », écrit par Ebanda Manfred. Cette chanson est reprise une cinquantaine de fois, dans différends rythmes et langues, par plusieurs artistes de renoms. On compte parmi ceux-ci, Henri Salvador, Monique Séka, Nayanka Bell, Papa Wemba, Passi avec le groupe « Bisso Na Bisso », le collectif « African collection ».

Quinze années plus tard, le décès de son  unique frère la ramène au Cameroun. Elle doit s’occuper de ses enfants qu’elle tient pour seule famille désormais, car malgré de multiples tentatives, Bébé n’a pas pu connaître la joie de l’enfantement. Dans l’Afro jazz, le Blues ou les berceuses africaines, l’artiste noie ses soucis en chanson. Les fans de l’artiste le lui rendent très affectueusement bien. Ses quatre albums sont très bien reçus. Ses différentes interprétations  aussi. Le duo avec le feu Tom Yoms dans le titre « Na meya » et avec Manu Dibango dans « Un Soir au village » et « Manu safari », sortis respectivement en 1982 et 1998, continuent de bercer les mélomanes à travers le monde entier. Ce succès vaut à cette originaire du village Tinto dans la  région du Sud-Ouest, plusieurs distinctions. Le programme des adieux à cette belle et singulière voix de la musique camerounaise et africaine sera communiqué ultérieurement. Une voix s’en est allée...

Focal. Distinctions

1981- Top Rfi

1982- « disque d’Or », Sacem

1983- « Maracas d’Or», Sacem

          «Best singer of the year in Cameroon»

           «Musical interpretation», award Cameroon

1994-« Ngwomo Africa »Award, Congo

2000- «Baward d’Or» de la musique

2005- «Top d’Or de la musique», Côte d’Ivoire

2009- « prix d’excellence Canal2 » Cameroun

 

Alain NJIPOU et Adeline Tchouakak

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