04/07/2011 01:44:50
Meurtre d'un cadre du Sdf: Qui a assassiné Passalé Dinah ?
L’infortuné a été assassiné à son domicile de sans froid par des inconnus, sous le regard atterrant de l’une de ses trois (3) ex-épouses. Les bourreaux ne se sont pas limités à cela. Ils ont littérairement découpé en morceaux les restes de Passalé Dinah avant de fondre dans la nature. L’effroyable carnage se déroule à Touroua dans la nuit du 19 juin 2011.
Le Messager
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Les meurtriers de l’ex-président de la circonscription électorale du Social Democratic  Front (Sdf) de Touroua sont toujours en cavale. Le coordonateur régional du Sdf pour le Nord dénonce un assassinat commandité.

L’infortuné a été assassiné à son domicile de sans froid par des inconnus, sous le regard atterrant de l’une de ses trois (3) ex-épouses. Les bourreaux ne se sont pas limités à cela. Ils ont littérairement découpé en morceaux les restes de Passalé Dinah avant de fondre dans la nature. L’effroyable carnage se déroule à Touroua dans la nuit du 19 juin 2011. L’arrondissement du département de la Bénoué est situé à quelques quatre kilomètres du Nigéria (Adamawa State). Selon des témoignages recoupés auprès des élites et autres villageois de Touroua, Passalé Dinah était suspecté de pratiques de sorcellerie.

A la suite de nombreuses plaintes, il aurait été interpellé par les éléments de la brigade de Touroua avant d’être relaxé faute de preuves. « Il est fort probable que son assassinat survenu quelques heures seulement après sa mise en  liberté a un rapport avec  les accusations de sorcellerie. Il pourrait s’agir d’un règlement de comptes de la part de ces gens qui ne supportaient pas de le voir en liberté », soutient Dairou. Ce dernier croit dur comme fer que, « les auteurs du crime ne sont certainement plus au Cameroun parce que le Nigéria est proche et se rendre là-bas est une affaire de minutes ».

D’autres indiscrétions  révèlent que le défunt aurait plusieurs fois reçu des menaces de mort de la part de ses détracteurs, sans en être ébranlé. « Les autorités administratives locales n’aimaient pas sa tête parce qu’il n’était pas du genre à se faire rabaisser ; puisqu’il faisait également savoir à la société civile qu’il connaissait ses droits », affirme un commerçant. Un villageois a confié sous anonymat que la tête de Dinah était mise à prix par des bergers locaux et de nombreux adversaires, « il a eu des problèmes avec des bergers ici (Touroua, ndlr) il y a quelques mois. L’affaire est allée jusqu’au niveau de la gendarmerie ». Le reporter de votre journal a vainement tenté de joindre le commandant de brigade de Touroua. l’adjudant chef Baraouissa Tchina a néanmoins confirmé l’interpellation de Dinah (le jour de l’assassinat) dans un journal privé, arguant que «Passalé Dinah ne collaborait pas avec les autorités (…) je le connaissais comme un homme de la société civile, car jusqu’à un certain moment, il défendait les droits de l’homme ici(…) l’enquête n’est pas toujours ouverte parce que les commanditaires qui sont les Bororos sont en fuite dans la brousse et l’épouse de Passalé Dinah est encore sous le choc ».

Crime politique

Vu la flopée de versions, il est difficile de déterminer les circonstances exactes de l’assassinat, encore moins les auteurs du crime. Des proches du défunt parlent d’une dizaine d’hommes armés de couteaux qui auraient investi le domicile de Dinah passalé dans la nuit du 19 au 20 juin. Un communiqué du coordonateur régional du Sdf-Nord, rendu public le 25 juin 2011, assimile l’assassinat du cadre du Sdf à un crime politique. Même que  Pierre Njei en veut à l’indifférence du commandant de brigade de Touroua qui, selon lui, s’est interdit d’ouvrir une enquête approfondie.

Le responsable du Sdf dans le Nord entend faire pression sur les autorités locales afin que les assassins  soient appréhendés. Joint hier par téléphone, la responsable de la cellule de communication du Sdf a indiqué (en anglais) que « nous avons déjà 2 à  3 suspects sous la main. Nos avocats ont été dépêchés à Touroua pour mener une investigation approfondie sur l’assassinat de notre cadre. Nous sommes confiants que justice sera faite et que tous les criminels vont être démasqués», a martelé Béatrice Annembo Mondio.  Affaire à suivre.

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