07/07/2011 00:52:40
Douala: Affrontement sanglant pour un lopin de terre
Autochtones et allogènes de Dindè se sont donnés en spectacle mardi 5 juin 2011 pour le contrôle d’un lopin de terre au « bois des singes ».
Le Messager
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Autochtones et allogènes de Dindè se sont donnés en spectacle mardi 5 juillet 2011 pour le contrôle d’un lopin de terre au « bois des singes ».

«Nous n’allons jamais accepter que des allogènes viennent nous dicter la loi sur notre territoire sous prétexte qu’ils ont de l’argent. Il y a une voie à suivre pour avoir le terrain ici. Trop c’est trop». Tels sont les propos de Pierre Mballè Edimo Moundi, résident de Dindè (bois des singes) hier mercredi 6 juillet 2011. Un jour après l’affrontement sanglant entre allogènes et autochtones se disputant un territoire relevant du commandement traditionnel du canton Bell, c’est toujours en chiens de faïence que les deux parties se regardent et s’épient.

Que s’est-il passé pour que l’on enregistre un embrasement? Le témoignage de Gustave Thomas Ekambi, un habitué des lieux. «Il y a un allogène qui a voulu construire sa maison sur un territoire qui appartenait déjà à un autre puisque propriétaire de l’attestation coutumière délivrée par le prince Bell conformément à la procédure. Averti de cette situation, le chef de la garde royale descendra sur les lieux pour stopper le chantier».

Poursuivant, il précise que «l’allogène a appelé du renfort. Ses frères sont sortis armés de gourdins, couteaux et machettes. Il y a eu beaucoup de blessés. Ce terrain a été vendu frauduleusement à plus de trois personnes par un non ayant droit. C’est ce qui cause ces sempiternels problèmes de litige foncier ici au « Bois des singes ». Tout serait passé inaperçu si le plaignant n’avait pas son attestation coutumière. Ces allogènes et vendeurs de terrain sont des envahisseurs. Qu’ils rentrent chez eux».

Ces propos teintés de xénophobie sont critiqués par Adalbert Kamga, opérateur économique venu rendre visite à un proche après les échauffourées. «Le Cameroun appartient à tous les Camerounais et chacun doit se sentir à l’aise dans son pays partout où il se trouve. Seulement je tiens à préciser que l’occupation des sols obéit à une procédure réglementée». Dans le Messager du mercredi 29 juin 2011 en page 5, nous dénoncions déjà ces multiples ventes et ces occupations anarchiques et incontrôlées des terres à Dindè, Kondo, Essenguè et Petit Village, quatre bourgs dépendant de la chefferie supérieure du canton Bell. Aux autorités administratives de prendre des mesures d’urgence pour stopper l’hémorragie.

Etame Kouoh

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