10/07/2011 22:43:03
Côte d'Ivoire : 24 personnalités proches de Gbagbo transférées dans une prison du nord
Après leur mise en examen, 24 proches du président Laurent Gbagbo ont été transférés le 9 juillet à la prison civile de Boundiali, dans l'extrême nord de la Côte d'Ivoire. Parmi eux, on peut citer le Premier ministre Gilbert Marie Aké N'Gbo.
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Après leur mise en examen par le procureur de Ouattara, 24 proches du président Laurent Gbagbo ont été transférés le 9 juillet à la prison civile de Boundiali, dans l'extrême nord de la Côte d'Ivoire. Parmi eux, on peut citer le Premier ministre Gilbert Marie Aké N'Gbo et les ministres Alcide Djédjé, Désiré Dallo, Christine Adjobi, Danielle Boni Claverie, mais aussi l'ancien gouverneur de la BCEAO, Philippe Henri Dacoury-Tabley, qui sont placés en détention préventive et accusés de détournements de fonds publics, d'atteinte à la sûreté de l'État et de crimes de sang.

La justice aux ordres du camp Ouattara poursuit son offensive contre les dirigeants du régime Gbagbo. Assignés en résidence surveillée à l'hôtel La pergola d'Abidjan depuis le coup d'Etat contre le régime du président Laurent Gbagbo, le 11 avril dernier, 24 proches de l'ancien président ont quitté cet établissement le 9 juillet. Ils ont passé leur première nuit dans une vraie prison, avec des barreaux aux fenêtres, dans le nord de la Côte d'Ivoire.

« L'assignation en résidence surveillée est une mesure administrative prise par le président de la République. Elle n'était pas liée à une procédure judiciaire. Après avoir été inculpées, ces personnalités ont été placées en détention préventive, une mesure qui ne s'exécute pas dans un hôtel. Ces anciens dirigeants n'avaient donc plus le droit de rester à la Pergola. Ils ont donc été transférés depuis hier (9 juillet) à la prison civile de Boundiali », a confié à jeuneafrique.com Jeannot Ahoussou, le ministre de la Justice de Ouattara.

Pas de prison dans le sud de la Côte d'ivoire

Pourquoi Boundiali, une ville septentrionale réputée être l'un des fiefs du président Alassane Ouattara ? « Il n'y a plus de prison dans le sud, tout a été saccagé et détruit pendant les combats entre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire et les ex-Forces de défense et sécurité (FDS) pro-Gbagbo. Les pénitenciers sont en réhabilitation, et ils ne sont opérationnels que dans le nord, poursuit Ahoussou. La prison de Boundiali a été rénovée par l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et par l'Union Européenne (EU). Tout est mis en œuvre pour que ces personnalités soient bien traitées », assure encore ce ministre.

Faux, rétorque un haut cadre de la majorité présidentielle (LMP). « On ne comprend plus les autorités du nouveau pouvoir, ce n'est pas comme ça qu'on va réconcilier le pays. La fracture sociale va encore s'accentuer. C'est une déportation, le nord est devenu le goulag de la Côte d'Ivoire. On les envoie loin des regards pour les tuer à petit feu. Sous Houphouët-Boigny, cette pratique était courante. Et Ouattara ne fait que la perpétuer », accuse-t-il.

La mesure intervient au moment où la justice pro-ouattara a annoncé avoir émis deux nouveaux mandats d'arrêt internationaux contre M. Justin Koné Katinan, le ministre délégué au Budget qui avait conduit  les différentes opérations de nationalisation de l'agence nationale de la BCEAO et des filiales locales des banques françaises Société Générale et BNP Paribas.

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