11/07/2011 04:35:18
Restructuration d'Elecam: Les défis manqués de Paul Biya
En nommant six nouveaux membres à Elections Cameroon, le chef de l’Etat sortant ignore les attentes des acteurs nationaux et de l’opinion internationale pour l’organisation d’élections libres et transparentes.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

En nommant six nouveaux membres à Elections Cameroon, le chef de l’Etat sortant ignore les attentes des acteurs nationaux et de l’opinion internationale pour l’organisation d’élections libres et transparentes.

Occasion de taire le débat relatif à la fiabilité de l’organe en charge de l’organisation des élections au Cameroun et de minorer le désaveu des populations réfractaires à l’inscription aux listes électorales, la restructuration d’Elections Cameroon (Elecam), tel que faites par le président de la République , Paul Biya, avec l’entrée en scène de six nouveaux membres du Conseil électoral d’Elecam, s’inscrit en marge des attentes exprimées par les acteurs sociopolitiques nationaux et l’opinion internationale. Il y a quelques temps pourtant, une campagne médiatique internationale organisée par le gouvernement laissait entendre que «l’évolution de la situation sociopolitique nationale à conduit le gouvernement, dans une volonté d’apaisement politique, a mettre en place un organe autonome de gestion du processus électoral, Baptisé Elecam et chargé de veiller au respect de la loi électorale, à la régularité, à l’impartialité, à l’objectivité et à la sincérité des scrutins.»

Un mois plus loin, les actes pris par le chef de l’Etat viennent contredire la litanie de bonnes intentions prônées. Le président de la République a doté Elecam de moyens humains qui alimentent la polémique. L’organe présente-t-il les gages de consensus et d’impartialité ? La contestation issue des 12 premiers membres, pour la plupart militants et cadres du Rdpc, n’a pas réussi à fédérer toutes les compétences. Comme nous l’annoncions dans l’édition de Le Messager du 5 juillet 2011, face au refus du Cardinal Christian Tumi (photo), Henriette Ekwe et de nombreuses autres personnalités de la société civile d’adhérer à l’organe dans sa structure actuelle, le chef de l’Etat a procéder à un pansement superficiel d’une plaie qui présente pourtant des signes de putréfaction.

C’est que, loin de faire le procès des six nouveaux membres de l’organe en charge de l’organisation des élections au Cameroun, les observateurs dans leur grande majorité remarquent la suprématie des personnalités plus ou moins proches du Rassemblement démocratique du peuple camerounais dans la composition d’Elecam. Une curiosité dans un contexte où l’opposition et la société civile dénonçaient déjà le fait. Des préalables présentés par les leaders de la société civile au sous- secrétaire américain aux affaires africaines lors de sa visite officielle le 27 juin dernier, n’ont pas été pris en compte.

En clair, les personnalités de la société civile et les représentants des partis de l’opposition conviés à cette rencontre sollicitaient la mise sur pied d’un organe représentatif des aspirations de la majorité des Camerounais. Des aspirations qui semblent ignorées par le n°1 camerounais. Il y va des prérogatives d’Elecam qui apparaît désormais comme un observateur passif de l’organisation et de la gestion du processus électoral au Cameroun. L’organe pourtant doté de moyens colossaux est, à l’initiative d’une énième disposition prise par le chef de l’Etat, dépourvu de ses prérogatives de gestion véritable du processus électoral au bénéfice de l’administration territoriale qui reprend du poil de la bête.

Dès lors, que peut-on en attendre au moment où la prochaine élection présidentielle, capitale pour la vie nationale pour les sept prochaines années est annoncée? Le test d’efficacité tant attendu semble désormais acquis aux polémiques conséquentes des tripatouillages longtemps dénoncés par les acteurs du processus électoral camerounais. Au final la démarche du chef de l’Etat camerounais apparaît comme dictée par un souci de satisfaire les ambitions partisanes du parti au pouvoir. Un constat qui semble justifié, sous cape, par l’imminence d’un congrès devant confirmer la candidature du chef de l’Etat sortant à la prochaine élection présidentielle et le souci de tenir les délais prescrits par la Loi en convoquant le corps électoral. Contre vents et marées?

Joseph OLINGA

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE