13/07/2011 03:17:33
Vendetta Douala: Affrontement meurtrier entre bandits et populations
En voulant venger un des leurs tué alors qu’il tentait de voler une moto, des malfrats ont mis à sac le quartier Bilonguè. Des morts et des blessés sur le carreau.
Le Messager
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En voulant venger un des leurs tué alors qu’il tentait de voler une moto, des malfrats ont mis à sac le quartier Bilonguè. Des morts et des blessés sur le carreau.

Des morts ; des personnes grièvement blessées, avec des parties du corps amputées. C’est le constat établi hier mardi 12 juillet 2011 dans les urgences des formations hospitalières de la capitale économique. Cette scène macabre est le résultat d’un affrontement entre les populations qui se défendaient des malfrats venus des quartiers environnants. Les hôpitaux de district de Nylon, New-Bell, Général et Laquintinie, ont été sollicités pour donner les premiers soins aux victimes. Salomé Poaka raconte : «C’est comme dans un polar. Tout commence avec l’arrestation il y a deux jours d’un bandit qui a volé une moto. Ce dernier a été lynché par un groupe de bandits. C’est pour le venger qu’un autre groupe est venu terroriser la population. C’est par la grâce de Dieu que plusieurs personnes n’ont pas été touchées. Ils voulaient laver l’affront et montrer à l’autre gang qu’ils contrôlent le quartier. Les gens ont été taillés en morceaux et fouettés par ces bandits et fumeurs de chanvre qui étaient installés dans tous les carrefours après avoir fermé les voies d’accès à Bilonguè. C’était une expédition punitive».

Le temps d’une nuit les hôpitaux se sont transformés en boucheries où il fallait esquiver la mare de sang qui coulait du corps des victimes. A l’hôpital Laquintinie, le major du service des urgences se veut réservé et pose un premier diagnostic. «Il y a un patient qui est mort, un autre a été transféré à l’hôpital Général. Pour le reste, ce sont de profondes blessures qui nécessitent des soins intensifs et une attention particulière. C’est après observation qu’on pourra se prononcer. Il y a un autre qui se trouve en Orl (oto-rhino-laryngologie, ndlr) car tous les lits des urgences sont occupés. Dès qu’un lit sera libre, il y sera transféré ».

Lendji, une victime : «nous étions en train de prendre un pot chez le chef de bloc. Vers 21h, des bandits armés de fusils, couteaux, machettes et tournevis nous ont encerclés en demandant argent et téléphones portables. Dans le cafouillage, nous avons été molestés, poignardés et bastonnés. C’est par la grâce de Dieu que je suis encore vivant». Quant à Jackson Momo, habitant de Bilonguè, «Ces bandits doivent tous être tués, car ce qu’ils ont fait est ignoble. Mon cousin, fils unique de ses parents a péri ; six membres d’une même famille décapités, d’autres personnes sont dans le coma ».

Quelques heures après leur forfait, dix bandits tomberont dans les mailles des éléments du commissariat central I, le gros de la troupe ayant fondu dans la nature. Malgré le mutisme des policiers, une source qui confirme leur présence dans les cellules affirme « qu’ils ne passeront pas assez de temps ici, car le procureur a déjà été saisi. Tout est mis en place pour que le mandat de dépôt soit signé pour leur transfert à New-Bell».

Comment les forces de l’ordre vont-elles mettre fin à ces de gangs à l’origine de braquages et tueries récurrents ? Qui payera les préjudices moral, physique et psychologique des victimes et rescapés de ce quartier désormais sous la hantise de bandits et autres malfrats ? Il urge que les forces de sécurité sévissent pour mettre hors d’Etat de nuire ces individus sans foi ni loi.
 
Focal. Regain de vitalité

Point de doute. Les malfrats ont repris du poil de la bête dans la cité économique. Pour preuve, il ne se passe plus de jours sans que des agressions et des coups de vol se signalent dans la ville. Avec la venue du nouveau délégué régional de la sûreté nationale pour le Littoral, l’on croyait que la menace que font peser sur les populations , ces hors-la-loi serait endiguée. Que non ! A peine s’est-il installé que la criminalité et le grand banditisme connaissent un regain de vitalité. Pour illustration, la vendetta qui s’est déroulée avant-hier, mardi 11 juillet 2011 est la preuve patente de ce que les forces de maintien de l’ordre donnent une impression de passivité et d’inertie.


Bonapriso: Le surveillant des « Bois de singe » agressé

 Mardi, 5 juillet 2011.Dikonguè Ekongolo Jacques, chargé de la surveillance au « Bois des singes » à Bonapriso est attaqué, de même que ses collègues, par un groupe de seize personnes armées de gourdins, poignards et machettes. La gestion de 200 hectares entre les différents natifs du canton Bell serait à l’origine de cette rixe. Au finish, il s’en sort avec de profondes entailles aux avant-bras. Selon des curieux, la bagarre a commencé   lorsque Dikongué a refusé de laisser passer un jeune homme transportant des matériaux de construction parqués dans un pousse-pousse. Le transporteur de l’engin aurait immédiatement informé le propriétaire des matériaux.

En quelques minutes, un groupe d’hommes a débarqué, armés de gourdins, poignards et machettes. Ils auraient exigé que le passage leur soit accordé, mais en vain. Au cours de la bagarre qui s’en est suivie, Jacques Dikongué aurait reçu plusieurs coups de machette. Conduit à la brigade de gendarmerie de Bonanjo puis à l’hôpital militaire de là-bas, ses jours ne seraient pas comptés. Depuis 2010, les surveillants des « Bois de singes » reçoivent continuellement des menaces de mort d’une bande qui  remettrait en cause l’autorité du prince Bell. «Le Cameroun appartient à tout le monde. Et chacun est libre de s’installer où il veut», argue ladite bande. Selon un arrêté, le terrain querellé qui s‘étale sur plus de 200 hectares appartiennent à la chefferie du canton Bell depuis le 11 juin 1977. Suite à ce litige, le canton Bell avait déposé en mars 2010 une première plainte à  la légion de gendarmerie de Bonanjo.

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