13/07/2011 18:54:51
Le culte du mensonge et de l'injustice
... Que décidons-nous de faire de la Côte d’Ivoire ? Du fond du gouffre dans lequel nous nous sommes tous embourbés pendant cette décennie de crises à répétitions, cette question essentielle pourrait être posée par le quidam le plus négligeable de la Côte d’Ivoire à Alassane Ouattara assis très haut sur sa fragile tour d’Ivoire.
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«Il est à la fois moralement et socialement suicidaire de s’habituer à déplorer les effets sans être capable de s’attaquer aux causes. En dernier ressort, la loi et l’ordre ne seront respectés que si la justice et la dignité sont assurées impartialement à tous.» : Martin Luther King dans une interview publié en Janvier 1965.

Longtemps refoulé, insidieusement  maquillé puis camouflé, l’idéologie la charte du Nord, chimère de «la guerre des Héritiers d’Houphouët-Boigny» s’est dévoilée au grand jour suite à une prétendue crise post-électorale qui visiblement, était un retour du bâton insufflé contre son alter-égo qu’est l’Ivoirité. Avec une intime conviction, je suis persuadé que partant de cette phrase, mes détracteurs auront déjà tiré une conclusion hâtive fondée sur des préjugés erronés ou simplement une malhonnêteté intellectuelle sur fond de refus de vérité.

Ils diront «Claudus Kouadio dans une nouvelle théorie du complot !!! Encore Claudus Kouadio le (prétendu) haineux qui ne sait plus quoi dire... et je ne sais quoi d’autres ». Toutefois, permettez moi de dire ma part de vérité pour tenter à nouveau de remuer la conscience des peuples nordiques et de la zone forestière qui ont pour dessein de devenir une nation aveugle et sourde aux colorations ethniques et religieuses, seul gage d’une réconciliation vraie et d’une unité durable.

Le mal est fait, mais dans cette euphorie collective d’aboutissement à une réconciliation nationale, notre plus grand tort sera d’enterrer vivant les erreurs du passé sans avoir mis à nu l’épine à la source du mal. Il est bon de parer illico presto aux ambulances, mais il serait encore mieux et judicieux d’établir en priorité le véritable diagnostic de cette situation en vue d’appliquer aussi des remèdes préventifs pendant qu’on tente de guérir ceux qui ont déjà souffert de cette folie collective.

Il serait indécent de prétendre laver le régime FPI au pouvoir de l’an 2000 à 2011 de tous soupçons au vu de l’explosion du malaise actuel, aussi il serait encore plus déraisonnable de lui imputer la plus grande responsabilité quand on sait qu’il n’a ni participé à la théorisation puis l’implémentation de la Charte Nordique lancée depuis 1991, encore moins à celle de l’Ivoirité suite à l’arrivée au pouvoir du président Henri Konan Bédié en 1993-1994. Le FPI n’a été que le souffre-douleur d’un héritage qui avait déjà suffisamment gangrené la
Côte d’Ivoire.


Charte du nor No 1 : Le levain de l’inssurection

La Première Charte du Nord intitulée "Le Grand Nord en marche" fut diffusée à grande échelle sous forme de tract, puis relayée dans différents journaux dès 1991. Ce texte très explicite qui en introduction dit : «La charte nordique de ses fils aux 4 coins de la Côte d'Ivoire, de ses fils au terroir. Intellectuels, analphabètes, responsables, cadres, militaires, ouvriers, commerçants, par notre voix, le Grand nord bat le rappel et le rassemblement pour un Grand Nord uni, fort, crédible, partenaire à part entière, arbitre des situations futures au sein d'un ensemble ivoirien rénové, équitable, cohérent» avait pour but d’aider (le Premier ministre Alassane Ouattara) à mener à bien sa mission dont le succès débouche forcément sur la voie de la succession (d’Houphouët-Boigny). Ainsi, [...] Le Grand Nord entend donc s'organiser en fonction de ses intérêts bien propres [...] car [...] jouer éternellement les seconds rôles n'a nullement rien d'honorable pour ses fils [...] Pourquoi ?
Parce que pour les idéologues de cette charte, un [...] tollé général a été orchestré par les ténors du régime PDCI et par d'autres Ivoiriens de la zone forestière pour contester à Alassane Ouattara sa qualité d'Ivoirien.

Pour eux, c'est un Burkinabé. Tout fils du Grand Nord se trouve généralement indigné et choqué par le comportement de l'Ivoirien de la zone forestière. Pour lui, le porteur d'un nom à résonance dioula ou sénoufo est, ipso facto, un étranger, un Ivoirien de circonstance. Que n'entend-on pas à longueur de journée "Vous les Dioula ceci, vous les Dioula cela" ? Cette opinion a entraîné un comportement qui empoisonne la cohabitation et notre initiative va être la réaction prévisible à cet état de chose... [...]

Après le décès du Président Houphouët Boigny en 1993, Henri Konan Bédié(photo) son dauphin constitutionnel prend les rênes du pouvoir. Cependant selon la charte du Nord, «La notion de successeur désigné, de dauphin, est désormais caduque, depuis l'avènement du multipartisme. Qu’Alassane réussisse sa mission et sorte la Côte d'Ivoire du marasme économique que connaît notre pays, il doit être tout indiqué comme celui devant assurer la succession et prendre le relais. Car il serait inconcevable qu'Alassane tire les marrons du feu et qu'un autre s'en régale. »

Entre temps, la Notion de peuple Nordique et d’Ivoirien de la zone forestière prend des proportions exacerbées avec le concept d’Ivoirité ou l’Esprit du Nouveau Contrat Social instauré par le président Henri Konan Bédié. Alassane Ouattara sur qui planait la menace d'un mandat d'arrêt international (pour fraude sur la Nationalité) lancé par la justice du gouvernement Bédié qui lui promettait un châtiment exemplaire s’il ne renonçait pas à ses ambitions présidentielles en Côte d’Ivoire menaçait : «Ce pouvoir moribond, je le frapperai ; il tombera, et je rentrerai à Abidjan avant la fin de l'année ».

 Pendant ce temps un vaste plan d’intoxication propagandiste sera lancé par le RDR dans le nord du pays sous fond de mensonge grossier et d’incitation à la haine et à la révolte du genre : «Le PDCI dit que nous sommes des peureux. Nos grands-pères n’ont pas eu peur de prendre cette région avec les fusils et la poudre. Nous ne voulons plus de ces gens parce que le PDCI nous manque de respect, nous méprise et ne nous considère pas. Ils nous ont traités comme des animaux. Parce que nous votions pour Houphouët ils nous ont pris pour des ignorants. Ils ont organisé une campagne de dénigrement : ils ont injurié Alassane, son père, sa mère et nous.

Mais ils ne nous connaissent pas. Parce que c’est avec des fusils et des balles que nos grands-parents ont conquis cette terre. Ils ne nous font pas peur. Ils ont dit que nous ne serions plus rien dans ce pays. Ensuite ils ont renvoyé 267 de nos cadres. Ils ne veulent plus entendre l’appel du Muezzin de la mosquée pour la prière. Ils ne veulent pas de l’Islam et des musulmans. Ils envoient les militaires les frapper dans les mosquées. Si nous acceptons cela, c’est que nous ne sommes pas des musulmans, si nous les suivons c’est que nous sommes des bâtards. Vous connaissez bien la chanson Malienne qui dit : plutôt la mort que la honte. Ici chez nous nous disons : ‘Mieux vaut mourir que d’avoir honte’. Pouvons-nous accepter la honte?  NON ! Nous avons les mêmes armes qu’eux. Nous avons aussi nos hommes dans l’armée. Nous ne voulons d’eux ni aujourd’hui, ni demain. Depuis que Houphouët est mort nous n’avons connu que brimades, honte et humiliations»
dixit le cadre RDR, Lamine Diabaté, défunt-mari d’Henriette Dagri Diabaté à Odienné en 1995.

La réaction prévisible à cet état de chose fut visiblement le putsch militaire de 1999 mis en oeuvre sous fond d’une mutinerie au sein de l’armée par des proches d’Alassane Ouattara, à savoir le Sergent chef Ibrahim Coulibaly dit IB, Oumar Diarrassouba dit Zagazaga, Issiaka Ouattara dit Wattao et autres Koné Seydou. Ce fut l’ère des Zinzins et Bayéfouè (sorcier en Akan) du Général Guéi Robert.

Comme expliqué dans un article précédent intitulé Le Rdr, l’ivoirité, Alassane D. Ouattara et sa rébellion en Côte d’Ivoire : Hiérarchie militaire oblige, les épaules du Sergent Chef Ibrahim Coulibaly étant encore frêles, le nouveau pouvoir conquis par les jeunes militaires sera confié au Général Robert Guéi qui n’était plus en odeur de sainteté avec le PDCI de Bédié qui l'avait contraint à une retraite forcée pour accusation de tentative de coup d'Etat militaire.

Alassane Ouattara venait ainsi de rétablir la balance. Il a effectivement frappé le pouvoir du PDCI de Henri Konan Bédié, il est tombé ; et Alassane Dramane Ouattara est rentré à Abidjan pour la Saint Sylvestre. Dans un souci d’apaisement, les deux exilés reviennent en Côte d’Ivoire avec la bénédiction du nouvel homme fort qui espère ainsi attirer la sympathie du peuple. Il s’en suit alors une véritable mascarade de l’autoproclamé «Candidat du peuple» Robert Guéi qui avait par la suite troqué sa tenue militaire contre le titre d’homme politique. Candidat à la présidentielle, il a malicieusement écarté ses potentiels adversaires à risque qu’étaient alors le Président Bédié et le Premier Ministre Alassane D. Ouattara en modifiant la constitution suite à un semblant de « référendum express (Référendum auquel le RDR et Alassane Ouattara avaient appelé à voté OUI)».


A partir de cet instant, Robert Guéi avait montré son souci de ne pas céder son fauteuil. Il n’avait face à lui que Laurent Gbagbo le candidat du FPI qui n’avait même pas les moyens financiers de mener une campagne politique digne de ce nom. Etant assuré de gagner les élections contre lui, le général Guéi avait organisé des élections présidentielles acceptables en 2000 et à sa grande surprise, le tocard de la course qui en fait était un véritable Outsider en qui le peuple se reconnaissait depuis des années, joua les trouble fêtes en remportant le scrutin.

Face à ce revers cinglant, le général Guéi, favori illusoire de la course, tenta désespérément de s’approprier le pouvoir par la force, mais fut jeté hors du champ de course par un élan de désapprobation nationale suite à l’appel de Laurent Gbagbo le Président élu : c’était la porte ouverte à tous les fantasmes non assouvis du RDR et de son leader Alassane Ouattara. Le RDR qui à ce moment-là s’est comporté comme un véritable charognard, lança par la voie  de son leader Alassane Ouattara, un autre appel visant à récupérer le pouvoir d’Etat dans la rue en imitant les propos du président élu. Fiasco totale. Le RDR venait lui aussi de subir un autre affront qu’ADO à promis de faire payer à la Nation tout entière avec des propos du genre : 'Je vais rendre ce pays ingouvernable'.

Le président Gbagbo était il responsable de l’injustice subie par Henri K. Bédié et Alassane Ouattara ? Comment peut-on se permettre de prétendre être Président à la suite d’élections auxquelles on n’a pas été candidat ? Surréaliste tout simplement.
[...]

Tous ces faits ont laissé des plaies grandes ouvertes ou des marques indélébiles dans la vie de tous les Ivoiriens. Le forum pour la réconciliation nationale organisé par le président Gbagbo et ayant pour but de calmer la situation et apaiser les coeurs, n’a fait que mettre de l’huile sur le feu au vu des propos incendiaires de l’opposition. Propos qui ont conduit à des positions plus figées qu’elles ne l’étaient déjà. Dans cet élan là, survint l’attaque de la rébellion armée du 18-19 Septembre 2002, moins de deux ans après l’accession au pouvoir du Président Gbagbo.


Le deuxième Tome de la charte du Nord publié en 2002 va dans le même sens que celui de 1991, mais avec plus de virulence. Rien que le paragraphe introductif en dit long sur ce qui pourrait advenir. « Au moment où tout le monde cherche les origines de tout le monde, ce qui est presque devenu un jeu, une sorte de «Trivial-Pursuit», version tropicale, avec son cortège de «manipulation Ad hominem » conduit par des «Blakoros» et des «Boussoumanis» appelés Ivoiritaires, le grand Nord, victime ciblée, doit se lever pour dire: Ça suffit ! Jusqu'à quand ce monstre «politico-économico-juridique» baptisé «Ivoirité» va-t-il persécuter ses filles et fils ?  De Bédié à Gbagbo en passant par Guéi, les Nordistes sont restés dans la même spirale de mépris de la part des différents régimes. Les Nordistes ne sont ils pas les premiers à avoir foulé la terre d'Eburnie dès le 13ème siècle?  La Côte d'Ivoire, notre Côte d'Ivoire, appartient avant tout au Nordiste qui a toujours su défendre ses intérêts.» [...]

Il importe désormais de situer le Grand Nord à l'écart du Pdci, très loin du Fpi, qui n'a pas hésité un seul instant à tuer ses fils. Parce que cette région doit emprunter sa propre voie, car la différence de zone entraîne, ipso facto, une différence de compréhension et de comportement et une différence d'intérêts, lesquels peuvent être complémentaires mais jamais semblables. [...]

Nous militons Grand Nord et nous sommes des défenseurs mobilisés des intérêts de notre région. Vive un Grand Nord uni, fort, crédible. Vive une Côte d'Ivoire rénovée, équitable, cohérente [...] Sans commentaires !!!

Ainsi cette même année 2002, la Côte d’Ivoire connue l’inévitable... L’inévitable parce que visiblement, avec toute la bonne foi imaginable, Laurent Gbagbo n’aurait pu contrer l’élan prôné auprès des peuples du Nord et la vision injectée en elles pendant plus d’une décennie concernant la conception d’acquisition et d’exercice du pouvoir d’Etat.

L’attaque rebelle de 2002 conduite par le Sergent chef Ibrahim Coulibaly(photo) dit IB, Oumar Diarrassouba dit Zagazaga, Issiaka Wattara dit Wattao, Koné Seydou dit Tuo Fozié (les mêmes militaires du coup d’Etat de 1999), Cherif Ousmane, Chef Adam’s, Kass, Koné Messamba, Koné Zakaria, Coulibaly Hervé dit Vétcho, Kolo, Losséni dit Chef Loss, Chef Doumbia, Morou Wattara et Soro Guillaume ne visait pas spécifiquement le pouvoir de Laurent Gbagbo mais l’ensemble des populations dites de la zone forestière.

Tueries de masse, assassinats, viols, mutilations, exécutions sommaires, enlèvements, brimades, humiliation, pillages de biens meubles et de ressources agricoles, occupation, incendies volontaires seront le quotidien des populations sous contrôle des rebelles dans les zones centre et ouest. Aucun crime commis par les rebelles sur les populations du Nord. Ce qui semble bien évidemment normal, « union sacrée du grand Nord » oblige.

Suite à cette situation, une autre union sacrée digne d’un sacrilège retentissant sera la coalition polico-militaire pilotée par le couple Rebelle-RDR et le PDCI au sein du G7 qui se mua ensuite en RHDP. La rébellion n’ayant pas atteint son objectif à savoir faire un coup d’Etat militaire, depuis 2002 la Côte d’Ivoire est coupée en deux, avec d’un côté les zones Centre Nord Ouest (Zones CNO) sous contrôle de la rébellion armée et la zone Sud sous contrôle du gouvernement de Laurent Gbagbo jusqu'à son enlèvement le 11 Avril 2011.

Toutefois, avant sa chute, Laurent Gbagbo a depuis 2003 suite aux accords de paix successifs qu’il a signés avec le binôme «opposition réuni au sein RHDP - forces rebelles du MPCI», accédé à toutes les doléances visant à déposer les armes, réunifier le pays au moins géographiquement puis aller aux élections dans la transparence. Laurent Gbagbo aura tous donné pendant plus de 8 ans : - Une amnistie quasi générale pour les crimes commis par la rébellion armée - l’usage de l’article 48 pour permettre à Alassane Ouattara de briguer la magistrature Suprême de manière exceptionnel

- le poste de Premier ministre et chef du gouvernement octroyé à l’opposition
- un gouvernement composé majoritairement par l’opposition
- une commission électorale dirigée et composée majoritairement par l’opposition
- l’insertion de certains chefs de guerre au sein de l’armée régulière doublée d’octroi de grades supérieurs
- le financement par des fonds publics des partis politiques d’opposition
- mise en place d’un programme de réconciliation nationale
- l’organisation des élections présidentielles par l’opposition
- la rébellion armée avait mis sur pied une administration parallèle et se livrait au pillage des ressources agricoles et minières des zones occupées
- la rébellion armée n’a jamais accepté la mise en oeuvre effective du processus
de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) prévu avant les élections selon le dernier accord de paix.
- la rébellion armée n’a pas quitté les zones sous occupation d’où la non acquisition
de l’intégrité du territoire national
- la rébellion armée n’a pas permis le redéploiement de l’administration et l’unicité des caisses de l’état.


L’erreur du FPI et de Laurent Gbagbo aura été d’accepter d’aller aux élections présidentielles dans ces conditions, foulant au pied la constitution ivoirienne en croyant au respect du code de bonne conduite (signé par la classe politique) et en la bonne foi d’Alassane Ouattara et sa suite composée de politicien affairiste et de rebelles tribalistes.

Cela était à prévoir comme je le précisais le 1er Avril 2010 dans un billet intitulé Allons aux élections. «En effet dans l’entendement du RHDP et de sa branche armée, «aller aux élections» rimait avec «enlever Gbagbo du pouvoir d'Etat par tous les moyens». Et leur lugubre intention avait été déjà annoncée par leur sonne-cloche Venance Konan Amédégnato. Alors tant qu’il serait question d’«enlever Gbagbo du pouvoir d'Etat par tous les moyens», ont pouvait aller aux élections sans désarmer.  Et si malgré cela Laurent Gbagbo gagnait ces élections, on maintiendra la rébellion jusqu’à ce qu’il démissionne par la force des armes : Retour au 18-19 Septembre 2002. Voilà, somme toute, le plan macabre du RHDP et ce que referment les termes ‘’Allons aux élections’’ »
.
Effectivement, on assiste aujourd’hui à un retour au 18-19 Septembre 2002 et cette prétendue crise post-électorale survenue après le refus de Alassane Ouattara de respecter le résultat des élections présidentielles tels que proclamés par le Conseil constitutionnel n’est qu’un subterfuge pour finir «le boulot» non achevé.

Alassane Ouattara avait toujours nié être le «père» de celle rébellion qui a et continue d’endeuiller et de fragiliser notre Etat. Nous le lui concédons. Mais il est aujourd’hui clairement établi que Alassane Dramane Ouattara a été depuis le début et reste le «chef» de cette rébellion armée. Car comme le disait Dosso Charles Rodel alors Président du collectif des victimes de la guerre «les enfants n’obéissent pas toujours à leur père, mais ils ne désobéissent jamais à leur chef».

Ceux qui ont désobéi en ont payé de leur vie. Kass, Adam’s et tout récemment le Sergent chef Ibrahim Coulibaly dit IB. Car comme le précisait en 2002 le Commandant de Zone rebelle Koné Zakaria lors d'un meeting dans le Nord du pays: «Si vous supportez le MPCI (la rébellion armée), ne le faites ni pour Zakaria, ni pour IB, ni pour quelqu'un d'autres sinon pour celui qui a acheté nos armes, c'est à dire Alassane Dramane Ouattara. Lorsque nous étions en exil, c'est Alassane qui  s'occupait de nous. Il nous apportait régulièrement du riz et la somme de 25.000.000 F.CFA chaque mois».

Enfin...avec les fusils et la poudre, le nouveau pouvoir s’est installé en balayant «les Blakoros et les Boussoumanis appelés Ivoiritaires, dans une Côte d'Ivoire maladroitement rénovée, inéquitable, et totalement incohérente qui aura du mal à devenir une vraie Nation si on n’y prend garde.

Le mal est fait, trop de sang a coulé sur les petites ivoires de l’éléphant d’Afrique, trop d’Ivoiriens sont morts inutilement ou marqué à vie. Nous voilà face à un défi majeur : vivre ensemble et reconstruire la Nation ivoirienne. La réconciliation nationale s’impose à Tous, une réconciliation vraie et juste pour une unité nationale à toute épreuve s’impose. Nous avons en main les clefs du destin de la Côte d’Ivoire, à nous de savoir nous en servir.

Que décidons-nous de faire de la Côte d’Ivoire ? Du fond du gouffre dans lequel nous nous sommes tous embourbés pendant cette décennie de crises à répétitions, cette question essentielle pourrait être posée par le quidam le plus négligeable de la Côte d’Ivoire à Alassane Ouattara assis très haut sur sa fragile tour d’Ivoire.

Car loin des beaux discours démagogiques qu’on nous «vend» par ces temps tumultueux, que nous propose le gouvernement en place pour aller dans le sens de cette réconciliation tant prônée ? Des arrestations et emprisonnements abusifs ne respectant pas la dignité humaine et les libertés individuelles car violant tous les termes juridiques, des mandats d’arrêt internationaux lancés à tire-larigot contre les anciens tenants du pouvoir, des crimes crapuleux sous fond de règlements de comptes à caractères tribaux orchestrés par les FRCI, la nouvelle armée essentiellement composés par les anciens rebelles du Nord, une épuration ethnique dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, des exécutions sommaires de personnes jugées Pro-Gbagbo, une chasse à l’homme sans fin orchestrée contre les possibles opposants au pouvoir Ouattara, des milliers d’Ivoiriens contraints à l’exil.

Ce climat délétère sournoisement entretenu par le pouvoir en place est il possible à la réconciliation au sens réel du terme dans l’optique d’arriver à former une seule communauté vivant dans la totale cohésion sociale ? On n’arrivera à rien de positif en continuant à nous saoûler à la coupe de la haine sans bornes. (A suivre...)

Claudus Kouadio

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