15/07/2011 05:56:12
Abdoulaye Wade : «Je suis prêt à organiser une présidentielle anticipée»
Le président Abdoulaye Wade a déclaré jeudi à Dakar qu’il est disposé à partager le pouvoir avec l’opposition et à tenir une élection présidentielle anticipée, au cas où ses adversaires politiques le désirent.
APS
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"Je suis même prêt [...] à associer l’opposition à l’exercice du pouvoir. Mais, c’est une facilité, un gage de bonne volonté et d’ouverture, et non une obligation. Si cela doit [nous] acheminer sereinement vers des élections apaisées, démocratiques, transparentes et irréprochables, pourquoi pas ?", a affirmé M. Wade devant des élus locaux, des députés et des sénateurs de la mouvance présidentielle.

M. Wade s’adressait "à la nation" sénégalaise pour la première fois depuis qu’il a été obligé par l’opposition et la société civile de retirer, le 23 juin, un projet de loi constitutionnelle censé modifier le scrutin présidentiel de février prochain et qualifié de "monarchique".

"Mieux, maintenant, si l’opposition est pressée et si elle est certaine de détenir la majorité, je peux envisager une élection présidentielle anticipée, si cela est nécessaire pour la cohésion sociale et la concorde nationale", a-t-il ajouté.

"Comme vous le savez, a poursuivi Abdoulaye Wade, la Constitution me donne le pouvoir d’organiser une élection présidentielle par anticipation, dans un délai [compris] entre 60 jours au maximum et 40 jours au minimum. [...] Si l’opposition le veut, dans 40 jours, nous pouvons faire des élections présidentielles. Ceux qui veulent le pouvoir ici et tout de suite devraient y trouver leur compte."

"En ce qui me concerne, je suis à l’écoute. En ce qui me concerne, je reste, en principe, attaché au respect du calendrier électoral, qui fixe au 26 février 2012 le premier tour du scrutin présidentiel", a dit Abdoulaye Wade.

"Si à l’issue d’une élection anticipée ou [tenue] à la date normale, le peuple décide de confier le pouvoir à un autre que moi, je féliciterai le vainqueur", a-t-il commenté, avant d’ajouter : "Je crains que le vainqueur, dans les deux cas, ne soit finalement pas comme moi. Ce n’est pas un excès d’optimisme, mais une lecture correcte des rapports de forces."

Le président Wade a ainsi laissé entendre qu’il briguera un troisième mandat présidentiel, à l’occasion de l’élection de 2012 pour laquelle il est disqualifié selon l’interprétation donnée de la Constitution par de nombreux constitutionnalistes.

"Je n’ai jamais dit que je ne me présenterai pas en 2012. Même si je l’avais dit, j’ai le droit de me dédire", a-t-il soutenu.

"Nous avons intérêt à trouver un consensus jusqu’au 26 février [2012], pour que la volonté triomphe" à l’issue de l’élection présidentielle prévue à cette date, a-t-il encore dit.

"Aux leaders de l’opposition, je voudrais dire que, sous réserve du respect des prérogatives du chef de l’Etat, je suis prêt comme toujours à entamer un dialogue qui n’exclut aucun sujet", a-t-il assuré, en réaction aux démarches entamées entre lui et l’opposition, pour renouer le dialogue politique rompu depuis sa victoire à la présidentielle de février 2007.

"Etant moi-même arrivé au pouvoir par la vertu des urnes, je ne saurais envisager un autre mode de dévolution du pouvoir autrement que la volonté librement exprimée des citoyens y compris le legs à mon fils comme le disent certains", a-t-il déclaré en réponse à ceux qui l’accusent de préparer à sa succession son fils Karim Wade, ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie.

"Je l’exclus totalement de mes préoccupations, ce que certains appellent la dévolution monarchique du pouvoir. C’est tout simplement de la médisance, parce que ce n’est pas dans la ligne d’évolution de ma vie, qui est caractérisée par une option constante pour la démocratie...", a argué M. Wade.

"Je mets en garde ceux qui seraient tentés encore de vouloir continuer à troubler [l’ordre public]. Le 23 juin, nous avons été surpris par notre bonne foi. A présent, nous sommes avertis pour faire face aux velléités de déstabilisation de notre pays. Je vais donner des instructions fermes aux forces de sécurité dans ce sens, pour que force reste à la loi", a-t-il averti.

Il a aussi annoncé qu’il demandera au ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom de "rencontrer les ambassadeurs [des pays] de l’Union européenne et des Etats-Unis qui", selon lui, ont saisi le gouvernement à propos du redécoupage administratif, objet de malentendus entre lui et l’opposition.

Cette rencontre permettra, a-t-il dit, d’"examiner cette question du découpage administratif et leur (les ambassadeurs) montrer que cela ne peut avoir aucune incidence sur le processus électoral".

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