18/07/2011 03:48:25
Présidentielles 2011: Maintien ou report du scrutin ?
A seulement un peu plus d’un trimestre de l’élection présidentielle supposée se dérouler en Octobre 2011, un doute nuageux et dangereux plane encore sur la probabilité que l’échéance soit respectée.
Le Messager
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A seulement un peu plus d’un trimestre de l’élection présidentielle supposée se dérouler en Octobre 2011, un doute nuageux et dangereux plane encore sur la probabilité que l’échéance soit respectée. Et en réalité, le calendrier électoral étant ici géré par le seul président de la République , situer cette échéance au mois d’octobre n’est qu’une déduction spéculative qui part d’un fait à la possibilité d’un autre fait. L’automaticité que l’élection présidentielle camerounaise se déroule au mois d’octobre de l’année électorale ne relève pas d’une coutume républicaine écrite. Elle peut donc dépendre de l’humeur calculatrice du tout-puissant président.

Vu la nécessité du temps qui ne s’arrête point,  et au regard du calendrier actuel du Chef de l’Etat, voire de la logique et probable confection des listes électorales de la Diaspora , on peut  imaginer que le Président envisage de reporter le scrutin d’octobre à une date ultérieure, prenant ainsi la meilleure des deux hypothèses qui s’offrent actuellement à lui pour gérer le temps qu’il fait. A savoir : maintenir ou reporter ce scrutin. Ce serait d’autant plus judicieux d’ailleurs,  démocratiquement parlant, que sur le territoire national (partis politiques, Organisations de la Société civile, dignitaires  confessionnelles, observateurs indépendants), dans la diaspora camerounaise, comme dans les sphères diplomatiques, s’amplifie l’exigence d’une transition refondatrice des institutions préalable à toute élection.

Deux choses seulement, à notre avis, peuvent aujourd’hui conforter M. Biya dans une fuite en avant par rapport à cette exigence de l’élite politique et citoyenne du pays :

1°) Si le droit de vote à tête chercheuse accordé à une partie de la diaspora se trouve frappé de la non rétroactivité, puisque les inscriptions sur les listes électorales  sont légalement closes à fin juillet 2011 par la dernière loi sur Elecam, le candidat Biya n’aura pas de vote à attendre de l’Etranger.

2°) Fort de son statut de candidat naturel du Rdpc, et des fameux « appels du peuple », il peut, au retour de Chine, convoquer le corps électoral, et annoncer sa candidature dans la foulée, en remettant à plus tard le temps et les... insomnies qu’il faut pour organiser un vrai « congrès ordinaire » (dixit Fame Ndongo) de son parti à l’heure des dissensions internes.


Et s’il était habité par une telle tentation, pourquoi ferait-il dire par le Communicateur attitré du parti qu’  « un Congrès ordinaire du Rdpc aura lieu avant l’élection présidentielle » ? « Avant l’élection présidentielle » ! Voilà une précision dont l’aveuglante clarté n’a d’égal que le mépris réservé à un peuple voué à l’ignorance et à l’obscurantisme politique par ses dirigeants les plus malins.

«Avant l’élection présidentielle » c’était hier. C’est aujourd’hui. C’est demain, dans deux semaines, un mois ou plus... Pourquoi la date précise d’un Congrès ordinaire du parti au pouvoir - comme d’ailleurs de tout autre parti politique -  serait-elle un secret d’Etat pour les citoyens ? Pour être une association de droit privé, le Rdpc n’en est pas moins d’utilité publique, à fortiori lorsque le gouvernement en place en est l’émanation. Qu’est-ce qui ferait tant peur à son Comité central dans la publication d’une date de congrès ? N’est-ce pas en fait l’imprévisibilité de son tout-puissant président qui fait tout marcher dans le pays à son rythme sénatorial ?

Quoi qu’il en soit, notre préoccupation porte davantage sur ce qu’il adviendrait du pays au cas où M. Biya succomberait à cette tentation de fuite en avant plutôt que d’accorder sa conscience démocratique avec  les souhaits des citoyens. Faut-il, comme le redoutent les dirigeants d’un parti d’opposition, qu’un second tour de l’élection se fasse dans la rue après une victoire hypothéquée du Rdpc dans les urnes, ou bien est-il de meilleure politique de reporter le scrutin d’octobre et d’organiser une transition institutionnelle avant d’appeler le peuple aux urnes ? C’est la bonne réponse à cette question, que M. Biya est pour le moment seul à connaître, qui déterminera si « l’après Biya », dans quelques semaines ou dans sept ans, s’écrira en vert-espoir ou en rouge-sang.

Et la tenue, la semaine dernière, du Conseil national de la Sécurité , n’est pas sans rapport inavoué avec une stratégie prévisionnelle postélectorale. Certes, nous sommes tous conscients  de la capacité du  B.I.R. à rétablir et maintenir l’ordre établi sur les morts. Mais, quel serait le verdict de l’Histoire à l’endroit d’un homme de culture qui, après avoir contribué à bâtir ce pays pendant 40 ans, et l’avoir gouverné sans partage pendant 30 ans, n’aurait pas compris qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour épargner à ses pays et peuple la situation tragique que vient de connaître la Côte-d ’Ivoire. C’est-à-dire, en vérité, pour éviter de s’auto-anéantir par la destruction de 70 ans de labeur.

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