18/07/2011 18:32:54
Côte d'ivoire: Les dozos sèment la terreur à l'ouest
Enlèvements, bastonnades, tueries à l’Ouest. Les dozos font régner la terreur à Bangolo.
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Enlèvements, bastonnades, tueries à l’Ouest. Les dozos font régner la terreur à Bangolo

Depuis la chute du président Laurent Gbagbo, les villes de l’Ouest, jugées favorables à l’ancien régime, sont devenues des laboratoires d’expérimentation d’une barbarie indescriptible des hommes du général Soumaïla Bakayoko. C’est le cas de Bangolo.

Le commandant Malick des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et ses éléments font régner la terreur depuis plusieurs mois au sein des populations de Bangolo, notamment les jeunes. L’argument avancé : prévenir le syndrome de «coupeurs de route» et éradiquer l’insécurité dans la zone. Pour atteindre cet objectif, une traque tous azimuts est organisée contre les jeunes guéré du département considérés comme des miliciens pro-Gbagbo. A cet effet, chaque jour voit son corollaire d’enlèvements, de torture, de rançon et de tueries.

Des jeunes sont arrêtés arbitrairement  et  détenus dans la prison de la brigade des Frci  à Bangolo. Une détention qui s’étend sur plusieurs semaines lorsque les infortunés, une fois aux mains des Frci, n’ont aucun sou pour payer leur liberté. C’est dans ce cas que se trouverait un jeune du nom de Guéi Anicet détenu depuis bientôt deux mois au violon des Frci. Le commandant Malick, approché par des représentants de l’Onuci dans la zone pour obtenir sa libération ou à défaut son transfert à la prison de Daloa (dans le cas où il est reconnu coupable d’un délit), est resté sourd aux supplications des parents de l’infortuné.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, et qui a débouché sur une vive protestation de la population, c’est l’arrestation, hier, d’un jeune du nom de Bloa Gervais par des éléments des Frci. A la victime des hommes du Commandant Malick, il est reproché d’avoir porté des habits de valeur le jour du marché (le dimanche). Pour les Frci, seul un braqueur peut se permettre de se faire autant «plaisir» dans une zone où elles seules bénéficient de certains «privilèges» parmi lesquels l’ont dénombre le racket et les enlèvements en vue du rançonnage des populations. Pour la population, c’en est de trop.

Une marche, constituée majoritairement par les femmes, est alors organisée par la population sur la brigade du Commandant Malick pour réclamer la libération du jeune Gervais. Les Frci qui n’ont voulu percevoir le caractère pacifique de la mobilisation des résidents de la commune en cette période de «réconciliation» prônées par les nouvelles autorités, se sont souvenu des premières heures de leur entrée à Bangolo. Elles ont décidé d’aller à l’assaut des marcheurs pour tuer dans l’oeuf toute velléité de protestation. Ainsi ont-elles maté à l’aide de matraques et de crosses de kalachnikovs leurs «adversaires» d’un jour. Faisant plusieurs blessés dont 3 cas jugés graves. La violence employée par ses éléments est telle que le Commandant Malick a lui-même décidé d’évacuer les blessés sérieux à Duékoué pour un suivi médical approprié.

Après le meurtre de trois jeunes: Les Dozos font une nouvelle descente à Guitrozon

Après l'expédition meurtrière des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire du 8 juillet dernier dans la bourgade de Guitrozon, qui a entraîné la mort de trois jeunes guérés, les Dozos, affiliés aux FRCI sont revenus à l’assaut dans la nuit du 14 au 15 juillet dernier, semant la terreur. Avant d’être chassés manu militari par les troupes de l’ONUCI qui se sont sans doute souvenues que leur indifférence coupable ou leur manque de célérité lorsque, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2005, des personnes identifiées par les victimes comme des Dozos ont tué, dans les villages de Petit-Duékoué et de Guitrozon, 140 autochtones dans leur sommeil.

C'est un jeune du village qui a donné l'alerte à l'ONUCI, stationnée à quelques 300 mètres de l'entrée du village. Pour les Dozos, cette expédition avait pour objectif de punir les villageois de Guitrozon qui ont osé dénoncer les exactions et alerter l’opinion publique sur l'expédition punitive et meurtrière des FRCI.

Tout cela se déroule dans un contexte délétère. En effet, devant les accusations de plus en plus vives des organisations de défense de droits de l’Homme sur les carnages qui se sont déroulés dans le département de Duékoué, certains marionnettistes tentent d’accréditer la thèse des « massacres à caractère préventif » liés à un projet  d’extermination de certaines populations. Elles sont à la fois tentées de « vider » un certain nombre de villages où se trouvent des témoins gênants ou dont l’importance « géostratégique » inquiète en utilisant ce qu’on peut appeler « la méthode de Anonkoua Kouté », c’est-à-dire la terreur exterminatrice ; et de fabriquer de toutes pièces des prétendues « caches » d’armes et de prétendus « complots » pour parachever une opération qui tient à la fois de l’intimidation au long cours, de l’épuration politico-ethnique et de la justification a posteriori.

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