19/07/2011 04:19:23
Répression: Yaoundé sous l'emprise des forces de l'ordre
Elles ont été mobilisées pour réprimer les marches de revendication sociale annoncées dans la ville dès lundi 18 juillet 2011.
Le Messager
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Au boulevard du 20 mai, hier lundi 18 juillet 2011, l’usager remarque tout de suite la présence de ce camion de la gendarmerie nationale stationnée à quelques pas de l’arrêt bus. A son bord, des éléments du corps devisent tranquillement. Leur accoutrement les rend à la limite inquiétants. Assis ou debout sur les gradins d’une des tribunes, d’autres gendarmes armés de matraque ont l’air de s’ennuyer. A un pas se trouvent des boucliers, faisant certainement partie de leur arsenal anti-émeute. Quelques mètres plus loin, devant la « tribune H », après la tribune présidentielle en venant de Camtel, des policiers veillent à bord d’un car bleu marine communément appelé « sans payer ».

Il n’y a pas que sur cet axe que des éléments de la police et de la gendarmerie sont présents. Au « carrefour Régie » par exemple, ils sont plus discrets à l’ombre des arbres. Ils ont également été aperçus à Etoudi, Mimboman, pour ne citer que ces quartiers. Pour qui est au parfum de l’actualité, ce déploiement de nos forces de l’ordre dans certains points de la ville s’explique. En fin de semaine dernière, les médias dont Le Messager dans son édition n° 3388 du vendredi 15 juillet 2011, dans un article titré « Yaoundé couve une émeute du genre « février 2008 », ont annoncé un début de manifestation dès ce lundi 18 juillet 2011.

En effet, sous le couvert de l’association nationale des opérateurs du secteur informel pour la lutte contre la pauvreté au Cameroun (Anosilp), des vendeurs à la sauvette déguerpis des marchés Mokolo et central, victimes du Pneaad/Pid... entendent investir la rue pour revendiquer leurs droits bafoués ; manifester contre les désagréments causés par les coupures d’eau et d’électricité. Le boulevard du 20 mai constitue le point de rassemblement de ces Camerounais qui disent ne plus compter que sur le président de la République pour apporter des solutions à leurs problèmes.

Conseil de cabinet ce mercredi

Dès lors, l’intention des bidasses est claire. Comme d’habitude en pareille circonstance, il s’agit de réprimer les manifestants. Si jamais ces derniers tentaient de mettre à exécution leur menace de marcher sur Etoudi, en dépit de l’accord passé la veille avec certaines autorités. A ce sujet, Yimga Moussa, président de l’Anosilp, annonce dans un communiqué, que le mot d’ordre de marche annoncé pour ce jour en direction du palais de l’Unité a été suspendu.

Au courant du week-end, « un dialogue social aux fins de rétablir les infortunés dans leurs droits a été engagé avec le gouvernement ». Au terme des échanges, il a été convenu que l’Anosilp produise le listing complet de ses victimes dans le cadre du Pid (avec comme preuve les copies de reçus représentant leur apport initial) pour être remboursés. Ils ont jusqu’à lundi prochain. De même, une commission a été constituée pour étudier les propositions de l’Anosilp portant sur le recasement des vendeurs à la sauvette déguerpis. Pour ce qui est de la résolution des problèmes liés à l’accès à l’eau et l’électricité, un conseil de cabinet prévu ce mercredi 20 juillet 2011 à l’immeuble étoile. Autant d’éléments qui ont motivé la suspension du mot d’ordre de marche. Toutefois, « si nous nous rendons compte qu’il s’agit là de mesures pour flouer, nous descendrons dans la rue sans plus les prévenir. Sur ce point, nous avons été clair au cours de la négociation », prévient Yimga Moussa.

Nadège Christelle BOWA

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