20/07/2011 15:30:53
Douala: Un «esclavagiste» séquestre deux reporters
Une équipe de reportage de la chaîne de télévision Ltm a été séquestrée mardi 19 juillet 2011 par le chef du personnel de Ken Atlantic, une entreprise de  couture basée à Douala.
Le Messager
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Une équipe de reportage de la chaîne de télévision Ltm a été séquestrée mardi 19 juillet 2011 par le chef du personnel de Ken Atlantic, une entreprise de  couture basée à Douala.

Ouf ! Amy Banda Ngwangunu (journaliste) et Jean Jacques Ondoua (caméraman) peuvent souffler. Ils reviennent de loin. Pendant plus de deux heures d’horloge, ils ont dû subir des menaces de la part d’Isaac Tébock, chef du personnel de la société  Ken Atlantic. « Il nous a enfermés dans son bureau, et a ordonné par la suite qu’on ferme toutes les entrées», confie Amy Banda, le visage dégoulinant de sueur. Son collègue Jean Jacques Ondoua quant à lui, tremblait encore comme une feuille, quand son directeur de l’information, Théodore Kayessè, a débarqué sur les lieux, accompagné des éléments de la brigade de Ndogbong.

La présence de la police ne fait ni chaud ni froid au «preneur d’otage». Il a fallu que le commandant de brigade menace de «casser» ses installations pour qu’il consente à ouvrir la barrière et toutes les autres issues qu’il avait soigneusement verrouillées. Après moult explications, les forces du maintien de l’ordre ont pu extraire des serres du sieur Tébock l’équipe de reporters.

La scène se déroule en présence des employés de l’entreprise. Ceux-ci ont initié depuis mardi 12 juillet 2011, un mouvement d’humeur. Dans l’édition n° 3388 du 15 juillet 2011, Le Messager a rendu compte des revendications du personnel de cette structure, en débrayage. Celui-ci  réclamait ainsi entre autres des arriérés de salaire, dénonçait les différentes formes de torture qu’ils subissent de la part de leurs employeurs.

Dès lors, on n’est pas sorti de l’auberge. «On travaille parfois 3 mois, mais on ne perçoit que le salaire de deux mois. Lesdits salaires sont payés très souvent au lance-pierre. Quand on parle même de salaire, c’est combien ? 10. 000 Fcfa, 30. 000 Fcfa ou 45. 000 Fcfa par mois » explique Mani, une employée déçue. Ici, on travaille tous les jours de 7 heures à 18 heures avec un petit repos le dimanche. A côté de ces réclamations, cette entreprise depuis 5 années exercerait dans la clandestinité. « C’est la première remarque que le commandant a faite à son arrivée. L’entreprise n’est pas enregistrée comme exerçant dans son territoire de commandement ! Et c’est depuis des mois que nous travaillons sur ce dossier», confie le directeur de l’information de Ltm tv, Théodore Kayessè.

De l’extérieur, les locaux de Ken Atlantic ont l’air d’une maison abandonnée voire d’une prison. Aucune plaque d’identification. Or, la patronne Caroline Ken «exploite» plus de 200 citoyens pour confectionner des commandes  qu’elle  ramène, apprend-on très souvent, de l’étranger. C’est dans le souci d’éclairer la lanterne sur les accusations qui pèsent sur cette entreprise que nos confrères de Ltm  se sont dirigés vers les responsables pour avoir leur version des faits.

C’est de la torture qui les a accueillis en lieu et place des informations. Un menu qu’ils ont très mal apprécié. La maison qui les emploie aussi. Sur le terrain, Le Messager n’a pas pu rencontrer le présumé «kidnappeur». Au téléphone, il a éconduit le reporter au prétexte qu’elle «n’a pas le droit de l’interroger». Sur une relance du rédacteur en chef de Le Messager, Isaac Tebock a promis de dire sa part de vérité demain (ce jour ndlr) si, les circonstances le lui permettent. Just wait and...

Adeline Tchouakak

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