21/07/2011 04:53:04
Vih/Sida: Les prostituées au top de la prévalence à Bamenda
Sur 100 «commerçantes du sexe» testées, 36 ont été déclarées séropositives.
Le Messager
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« Il est regrettable que notre région continue d’occuper le premier rang de  prévalence de cette maladie dangereuse et non encore curative qu’est le sida. Sur un échantillon de 100 personnes testées, six ont été déclarées séropositives. Sur cent femmes enceintes huit ont été déclarées séropositives », constate Dr Gladys Tayong, coordinatrice du comité régional de lutte contre la pandémie du siècle. Chez les filles de la rue, le taux est de plus en plus inquiétant « en 2009, sur 100 commerçantes du sexe testées, 36 (trente six) ont été déclarées séropositives ; ce qui est un problème sérieux qui doit interpeller tous les secteurs », poursuit Dr Tayong. C’était en juin dernier à Bamenda. A l’occasion d’un séminaire de deux jours (21 et 22 juin) organisé à l’attention des journalistes. Une initiative de l’unité de prise en charge et de prévention du vih sida du département de la santé de la Convention baptiste du Cameroun (Cbc). Le clignotant est au rouge et l’alerte maximale. Si rien n’est fait, on court inexorablement vers la fin d’une génération.

A en croire Dr Tayong, une multitude de facteurs justifient ce taux de prévalence élevé dans la région.  Elle cite entre autre le phénomène de partenaires sexuels multiples, qui a la peau dure dans le Nord-Ouest. Des femmes de la région se livrent dans le commerce du sexe parce qu’elles se sous-estiment. Peu de personnes utilisent le préservatif. Aussi relève-t-elle pour le déplorer, la stigmatisation, la pauvreté et l’absence d’industrie. « Etant donné que la région ne regorge pas d’industries, plusieurs filles du Nord-Ouest migrent vers les régions côtières et en reviennent infectées.Frêles et par peur de stigmatisation, elles évoquent qu’elles sont victimes du poison lent et n’acceptent pas se rendre dans des centres de santé pour traitement dès que la maladie se déclare », remarque la coordinatrice du comité régional de lutte contre le vih/sida.

Par conséquent le patient développe la maladie. Le malade consent enfin à se rendre dans un centre de santé quand la maladie est à un stade critique. Certains, conscients ou ignorants leur séropositivité se versent dans la débauche et distribuent à la pelle le virus. D’où le taux de prévalence élevé de la maladie chez les prostituées et les femmes enceintes.

Le Pr Pius Tih, directeur du département santé de la Cbc , au nom des organisateurs, justifie la tenue de cet atelier par le souci de donner aux hommes et femmes de média des éléments et techniques adéquats qui leur permettront de bien éduquer et informer les Camerounais sur la pandémie du siècle. « Pour bien éduquer, il faut être bien informé » a-t-il précisé à la gouverne des journalistes « sans quoi, on continuera à produire en série des informations dangereuses sur le vih/sida sans connaissance de base. Pour quelques francs, des radios, télévisions et journaux présentent des spots et annonces publicitaires faisant état des marabouts qui traitent le vih/sida ; pourtant aucun traitement curatif n’a jusqu’ici été découvert. En faisant ces annonces, vous encouragez les patients infectés à abandonner le traitement moderne pour les charlatans ».

Changement de comportement

Reproche le Pr Pius Tih pour qui si le président de la République conseillait, il y a quelques années aux Camerounais d’écouter la radio, regarder la télévision et lire les journaux, c’est parce qu’il était convaincu que la presse informe et non désinforme.

«C’est pourquoi l’unité de prise en charge et de prévention du vih/sida de la Cbc a décidé de renforcer les capacités des journalistes afin qu’ils diffusent de la bonne information glanée au cours de cet atelier et éduquent au mieux la population ignorante » a laissé entendre Pr Pius Tih.

Et la coordinatrice du comité régional de lutte, de saluer cette initiative tout en promettant la collaboration de la structure qu’elle dirige à l’unité de prise en charge et de prévention de la Cbc. Les journalistes se sont familiarisés aux notions de base en vih/sida, le genre et la vulnérabilité à la maladie, la prise en charge des malades, les mesures préventives universelles, l’importance du test de sa sérologie, le changement de comportement dans la communauté, la stigmatisation et la discrimination, la violence domestique et le vih/sida.

Donat SUFFO  

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