21/07/2011 05:12:56
Libye : les chefs rebelles de Misrata demandent l'aide de la France
Des représentants militaires de l'insurrection libyenne à Misrata sont venus demander de l'aide de Nicolas Sarkozy ce mercredi à Paris. Ils souhaitent notamment que le président français fasse pression sur les « alliés arabes » pour qu'ils fournissent des armes, selon le philosophe Bernard-Henri Lévy, proche de l'opposition libyenne, qui a assisté à l'entretien.
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Président Nicolas Sarkozy (G), le philosophe Bernard-Henri Lévy (D)

Des représentants militaires de l'insurrection libyenne à Misrata sont venus demander de l'aide de Nicolas Sarkozy ce mercredi à Paris. Ils souhaitent notamment que le président français fasse pression sur les « alliés arabes » pour qu'ils fournissent des armes, selon le philosophe Bernard-Henri Lévy, proche de l'opposition libyenne, qui a assisté à l'entretien.

La délégation était composée du général Ramadan Zarmuh, le colonel Ahmed Hashem et de Suleiman Fortia, représentant du Conseil national de transition (CNT) à Misrata, troisième ville du pays avec 300.000 habitants et dernière cité de l'ouest libyen encore tenue par l'insurrection malgré le siège des forces de Moammar Kadhafi. « Leur message était: les portes de Tripoli, si nous sommes aidés, nous en avons les clés », a déclaré Bernard-Henri Lévy aux journalistes à l'Elysée. Ils souhaitent aussi « une meilleure coopération avec l'OTAN » et « une aide de toute nature », y compris en armes, a-t-il ajouté.

La France est engagée militairement en Libye avec l'OTAN depuis le 19 mars dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant le recours à des bombardements aériens pour protéger la population civile. Paris a admis avoir parachuté des armes fournies par d'autres pays non précisés début juin dans les montagnes du Djebel Nefoussa (nord-ouest), où des civils étaient encerclés par les forces fidèles au régime de Tripoli. « La France a de l'influence sur certains pays arabes, sur certains pays alliés », et c'est pourquoi les rebelles de Misrata sont venus demander au président français « ses bons offices pour convaincre tel ou tel allié de la région de leur livrer ces armes », selon BHL. « Si on écoute les trois hommes qui étaient là, pour peu qu'ils en aient les moyens, il leur suffit de quelques jours pour arriver aux portes de Tripoli », a insisté le philosophe. « La libération de Tripoli ne pourra se faire que dans la tenaille des combattants de Djebel Nefoussa et des combattants de Misrata », a-t-il expliqué. « Or le Djebel Nefoussa a reçu des quantités d'armes du Qatar, c'est la raison pour laquelle il ont enregistré de tels succès dans les derniers jours. Misrata n'a pas reçu l'équivalent de cet équipement et de cette aide ». « Avec un peu d'aide de quelques amis, nous pourrons prendre Tripoli très bientôt », a affirmé de son côté Suleiman Fortia, parlant d'une question de « jours » un peu plus tard lors d'une conférence de presse en anglais et en arabe traduit en français. « Misrata est la clef » pour prendre Tripoli, a-t-il estimé, c'est essentiel « pour resserrer le noeud autour de ce dictateur (Kadhafi, ndlr) et de ses sbires ». M. Forita s'est par ailleurs montré réticent à l'idée que le colonel Kadhafi puisse rester en Libye s'il lâchait le pouvoir. « Je ne pense pas qu'il y ait une place pour lui. C'est un criminel maintenant », a-t-il souligné. Une réunion de travail entre militaires libyens et militaires français s'est tenue à l'issue de l'entretien, toujours selon le philosophe. L'Elysée n'a pas communiqué sur l'entrevue. 

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